Témoins de Ville Jacques-Cartier

La Société historique et culturelle du Marigot entend faire (re)connaître l’histoire fascinante et la culture de Ville Jacques-Cartier, une vaste municipalité créée en 1947 et fusionnée à Longueuil en 1969, quintuplant le territoire de cette dernière.

Une ville de pionniers

Outre les livres de Michel Pratt et de Claude Gauthier sur cette ancienne banlieue ouvrière, la Société historique et culturelle du Marigot mène depuis 2017 le projet Ville Jacques-Cartier, haute en couleur, une vaste démarche en histoire orale afin de transmettre les voix des habitants de Ville Jacques-Cartier.

Ainsi, plus de quarante témoignages d’anciens résidents ont été recueillis, d’abord sous la forme de capsules vidéo et d’un court métrage puis de récits de vie et entretiens spatiaux d’une durée moyenne de deux heures, avec l’appui du ministère de l’Enseignement supérieur par le biais du cégep Édouard-Montpetit. La plupart des témoignages ont été recueillis par la directrice de la Société historique et culturelle du Marigot, Louise Levac et par une consultante en histoire orale, Nathalie Boucher.

La Société historique et culturelle du Marigot mettra en valeur ces récits sous diverses formes. Elle le fera notamment avec un film coréalisé par Jean-Marc E. Roy et André Forcier et par des visites animées.

Découvrez ici certains des premiers témoignages et un court métrage sur l’enfance à Ville Jacques-Cartier, réalisés en collaboration avec des étudiants en Techniques d’intégration multimédia du cégep Édouard-Montpetit.

Capsule 1 / Vu de Longueuil (2m27s) Pierre Casgrain

Pierre Casgrain, un amoureux de l’histoire, met en évidence la façon dont les Longueuillois percevaient les habitants de Ville Jacques-Cartier.

Il évoque l’évolution de la ville, souligne qu’il y avait souvent misère et pauvreté mais qu’en général, on ne retrouvait que de bonnes gens cherchant à améliorer leur sort et celui de leurs enfants.

Capsule 2 / La vie de quartier (2m48s) France Pellerin

Ce témoignage de Madame Pellerin évoque la décision de ses parents de quitter Montréal pour s’installer à Ville Jacques-Cartier. Elle rappelle que sa jeunesse fut heureuse et décrit sa vie dans la maison du marché Pellerin, que possédait sa famille dans Coteau Rouge.

Capsule 3 / Le secteur Fatima (2m54s) Pierre Monette

Ce témoignage de Pierre Monette évoque les débuts du secteur de Fatima, son isolement mais aussi toute la solidarité qui s’est installée entre les habitants. Il évoque aussi la rivalité avec Coteau Rouge.

Capsule 4 / Les beaux souvenirs (2m51s) Françoise Guay et Pierrette Levac-Côté

Mesdames Guay et Levac-Côté évoquent dans leur témoignage le fait que Ville Jacques-Cartier symbolisait aussi les grands espaces, des lieux où on jouait dehors, où la créativité était vitale et prenait souvent la forme, avant l’arrivée de la télévision, de pièces de théâtre mises en scène de façon spontanée.

Capsule 5 / Le « petit Ville Jacques-Cartier » (2m50s) Rachel Tellier

Ce témoignage traite de ce qui fut appelé autrefois le « petit Jacques-Cartier », soit un secteur tout près de Saint-Lambert. Mme Tellier évoque la vie de quartier, son école, son église et le souvenir qu’elle était heureuse dans cet univers.

Capsule 6 / Les débuts de Ville Jacques-Cartier (3m05s) Mario Falardeau

Mario Falardeau traite des débuts de Ville Jacques-Cartier, de l’attrait pour les gens de Montréal des terrains à prix modiques, de l’installation des siens près de Coteau Rouge, et de l’amélioration graduelle des services offerts à la population de la ville.

Film / Enfants de Ville Jacques-Cartier (13m36s)

Ce court métrage, prenant appui sur les récits des sept témoins rencontrés en 2017, permet de découvrir des lieux emblématiques de Ville Jacques-Cartier et de comprendre comment se vivait l’enfance dans cet espace de liberté.

Ainsi, on apprend que durant les hivers, une immense glissade était construite dans les années 1950 près de la rue Front pour les enfants. Certains témoignent aussi du fait que faute d’écoles, des classes étaient tenues au cours des années 1950 dans … une salle de billard et qu’à la même époque, le marchand de glace se déplaçait avec un cheval pour livrer sa précieuse marchandise aux différentes familles.

Le territoire de Ville Jacques-Cartier comprenait notamment

  • le secteur Coteau-Rouge, autour du chemin du même nom devenu le boulevard Ste-Foy, à l’histoire très mouvementée et dont la vitalité est illustrée dans le film éponyme d’André Forcier
  • le « centre d’achats » Jacques-Cartier, le premier sur la Rive-Sud, remplaçant en 1956 une piste de course de chevaux dans Longueuil-Annexe
  • l’Externat classique dit « de Longueuil », pourtant à Ville Jacques-Cartier, devenu le Cégep Édouard-Montpetit en 1967
  • le secteur Bellerive, construit à partir de 1957 par le promoteur Harmony Homes
  • le secteur Fatima, développé à l’est près du fleuve, à l’identité bien campée
  • l’usine de la Canadian Pratt & Whitney Aircraft Company Limited puis la boulangerie Weston
  • de nombreuses paroisses qui, avec l’aide de l’Œuvre des Terrains de jeux (OTJ), ont structuré la vie des familles avant que de dynamiques organismes communautaires ne prennent le relais
  • des secteurs agricoles avec des bâtiments de ferme tels la maison Millette et la grange ronde, à l’emplacement de la Place Désormeaux, mais surtout au sud-est où de vastes espaces ont été consacrés plus tard à des développements domiciliaires tels Collectivité nouvelle et le Parcours du Cerf
Découpages de l’ancienne Municipalité de paroisse de St-Antoine-de-Longueuil, entre 1949 et 1961 / Source : Ville de Longueuil