Troisième partie

La cocathédrale Saint-Antoine et ses témoins de l'art sacré

 

                           Quelques propos sur la sculpture...

 

... par ordre chronologique                   

Un bloc de marbre était si beau             
Qu'un statuaire en fit l'emplette              
« Qu'en fera, dit-il, mon ciseau?              
Sera-t-il dieu, table ou cuvette? »            

Jean de La Fontaine, c. 1660    

La statuaire est de la spiritualité               
devenue cristal.                                         

Amos Bronson Alcott, 1868        

Le moins que l'on puisse demander à       
une sculpture, c'est qu'elle ne bouge pas.

Salvator Dali, 1956          
          

 


Les témoins de l’art religieux de la cocathédrale Saint-Antoine


Note:

Une partie des informations contenues dans les sections d’hagiographie de cette troisième partie provient d’une recherche menée en 1995 par André Poirier et France Le Govic, alors recherchistes à la Société historique du Marigot. Un sommaire aperçu des résultats de cette recherche a été publié dans un numéro du Semainier paroissial de la paroisse de Saint-Antoine.

 

 

« Les peintures et les statues de nos églises ne sont pas de simples décorations, mais de salutaires enseignements. Saint Grégoire dit que les peintures et les statues sont, pour les ignorants, ce qu’est l’écriture pour les savants : un livre ouvert et qui nous instruit. »

L’affirmation de saint Grégoire date évidemment de plus de neuf siècles, du Moyen Âge, où la capacité de lire et d’écrire était l’apanage d’une très petite minorité de nobles et de clercs. Mais rappelons-nous qu’à Longueuil même, en 1812, lors d’une requête présentée par les paroissiens de Saint-Antoine à Monseigneur Joseph-Octave Plessis, évêque de Québec, 166 des 173 signataires ont signé le document d’une croix, incapables d’écrire leur nom.

De nos jours, évidemment, peintures et statues ne jouent plus le même rôle. On les considère le plus souvent comme de simples éléments décoratifs.

Mais un mouvement, timidement amorcé au Québec dès la fin des années 1920 par Marius Barbeau, entre autres, et qui s’est imposé à compter des années 1970, considère individuellement ces éléments décoratifs de nos églises et les présente, ainsi isolés, comme des témoins de l’art sacré ancien et plus récent. Doit-on alors considérer chaque peinture et chaque pièce de la statuaire peinte comme des œuvres d’art? C’est une question que nous laissons ouverte, renvoyant le lecteur aux écrits des spécialistes.

Notre objet est de présenter une à une les pièces qui ornent la cocathédrale et, si possible, leur auteur; beaucoup d’entre elles sont toutefois anonymes.

Pour ce faire, nous allons circuler dans l’église de l’arrière à l’avant, et, selon l’expression populaire, tourner dans le sens des aiguilles d’une montre.

 

La façade de la cocathédrale


Statue patronymique de saint Antoine de Padoue

Statue colossale du saint patron de la paroisse réalisée en 1886 par Louis-Philippe Hébert; elle est dressée sur le pignon de la façade. Le terme « colossale » est ici employé dans son sens technique; il s’applique à toute statue ou sculpture de plus de 1,8 m.

Cette statue est une sculpture sur bois, recouverte de feuilles de métal, probablement du plomb. Il s’agissait d’une procédure courante, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, pour les sculptures destinées à l’extérieur. L’enveloppe protectrice de métal pouvait être de cuivre, de plomb ou de tôle. La tête est ornée d’une auréole de métal, aujourd’hui illuminée de 12 ampoules.

Cette statue était un don des paroissiens Alcime et Arthur Hurteau.


Saint Antoine de Padoue

Fernando de Bouillon est né à Lisbonne, au Portugal, en 1195. Il est ordonné prêtre vers 1220 chez les Augustins, mais quitte rapidement cette communauté pour se joindre aux Franciscains où il devient le frère Antoine. Quelques années humble chapelain d’un petit ermitage, sa carrière publique de prédicateur est par la suite brève, mais fulgurante. Il prêche surtout en Italie et en France et attire des foules nombreuses. Sa réputation de thaumaturge se répand rapidement. Il fonde à Padoue, en Italie, Padova en italien, un couvent franciscain, d’où le nom qui lui restera. Il décède en 1231, âgé de 36 ans seulement. Il est canonisé dès l’année suivante, en 1232, par le pape Grégoire IX.

On ignore pourquoi la première chapelle de bois de la seigneurie, construite vers 1683, fut dédiée à saint Antoine de Pades. Certains prétendent que c’est en l’honneur du beau-père de Charles Le Moyne, Antoine Primot. Au cours des siècles, on écrira, indifféremment, Padoue, Pades ou Pade.


Louis-Philippe Hébert, sculpteur

Louis-Philippe Hébert est l’un des plus importants sculpteurs de son époque, et même de toute l’histoire du Québec. Son talent sera apprécié en Europe, aussi bien qu’au Canada.

Il naît à Sainte-Sophie de Mégantic en 1850, et apprend son métier de sculpteur à l’atelier de l’architecte et sculpteur Napoléon Bourassa durant six ans. Par la suite, jusqu’en 1890 surtout, il réalise de très nombreuses sculptures sur bois pour plusieurs églises, comme il le fait en 1886 pour la nouvelle église de Saint-Antoine de Longueuil. Il est d’ailleurs l’un des sculpteurs attitrés des architectes Maurice Perrault et Albert Mesnard.

Il produit aussi de nombreuses statues colossales de bronze pour divers monuments : à la reine Victoria à Ottawa, à Maisonneuve, à Jeanne Mance, à Monseigneur Ignace Bourget et à Édouard VII à Montréal, à Salaberry, à Chambly, à Monseigneur François de Laval de Montmorency à Québec, et plusieurs autres. On lui doit aussi plusieurs des sculptures qui ornent l’Assemblée nationale, à Québec.

Largement honoré de son vivant, il reçoit la Médaille de la Confédération en 1894, est fait Chevalier de la Légion d’honneur de France en 1901 et Compagnon de l’Ordre de Saint-Michel et Saint-Georges de Grande-Bretagne en 1903.

Il décède à Montréal en 1917. Son fils Henri Hébert suivra ses traces et son talent sera également reconnu.

Honneur posthume et peut-être le plus significatif de tous, en 1971, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal crée le prix Louis-Philippe-Hébert pour souligner la contribution d’un citoyen aux arts plastiques.

La paroisse de Saint-Antoine de Longueuil peut, à juste titre, s’enorgueillir de voir la façade de sa cocathédrale ornée d’œuvres de l’un des plus grands sculpteurs de l’histoire du Québec.


Statue de saint Pierre, apôtre

Statue de saint Pierre réalisée en 1886 par Louis-Philippe Hébert. Elle est installée dans une corniche, à gauche de la rosace de la façade.

Cette statue est une sculpture sur bois en ronde-bosse, recouverte de feuilles de métal, vraisemblablement du cuivre, dans ce cas-ci.

Parlant des statues représentant les saints, John R. Porter écrit : « (…) chacun (…) est clairement identifié par ses attributs distinctifs, et ce, conformément aux conventions universelles de l’art chrétien ». Ici, saint Pierre est représenté avec la traditionnelle clé qu’il tient dans sa main droite.

Cette statue était un don de Pierre Hurteau, maire de la Ville de Longueuil au moment de l’inauguration de l’église, en 1887.


Saint Pierre

Simon, tel est le nom véritable de saint Pierre, est un Hébreu natif de Bethsaïde, dans la Haute-Galilée. Il est le fils d’un pêcheur, Jean ou Jonas. Adolescent, il quitte Bethsaïde pour Capharnaüm, en Galilée, et y épouse Perpétue. Il est pêcheur, comme son frère André.

C’est son frère André qui devient d’abord un apôtre de Jésus, après avoir été le disciple de Jean-Baptiste, le précurseur. Simon devient à son tour un apôtre de Jésus qui lui donne, selon l’Évangile de saint Mathieu, le nom de Pierre, symbole des assises de l’Église chrétienne dont il est considéré comme le premier pape.

La tradition chrétienne insiste sur le fait que Pierre ait trois fois renié son maître Jésus, peu avant la crucifixion de celui-ci.

Après la mort du Christ, il prêche surtout en Palestine, à Antioche, capitale de l’empire romain d’Orient, et à Rome. C’est dans cette dernière ville que la tradition le fait mourir, entre les années 64 et 67, durant la persécution des chrétiens à laquelle se livre l’empereur Néron. Il est dit qu’il demanda à être crucifié la tête en bas, se disant indigne de mourir comme son maître Jésus-Christ.


Louis-Philippe Hébert

Notice biographique


Statue de saint Paul

Statue de saint Paul réalisée en 1886, comme les deux autres qui ornent la façade. Elle est également de Louis-Philippe Hébert. Elle est installée dans une corniche, à droite de la rosace de la façade.

Comme les deux autres aussi, la statue de Saint-Paul est une sculpture sur bois, probablement recouverte de feuilles de cuivre, comme celle de saint Pierre.

Louis-Philippe Hébert a représenté saint Paul avec, dans la main droite, le glaive de la parole, et un livre dans la main gauche.

Cette statue était un don de madame Isidore Hurteau, soit la veuve de celui qui fut le premier maire du Village de Longueuil, en 1848, et aussi maire de la Ville de Longueuil.


Saint Paul

Saint Paul est né de parents juifs à Tarse, en Cilicie, entre les années 2 et 15 après Jésus-Christ. Son nom hébraïque était Saul. Il appartenait à la secte des Pharisiens et était citoyen romain.

Vers l’an 36, alors qu’il persécutait les disciples de Jésus, il eut une vision de Jésus-Christ sur le chemin de Damas, ville de l’actuelle Syrie, et devint par la suite un tout important propagateur de la foi chrétienne. On le surnomme l’Apôtre des Gentils; pour les premiers chrétiens, le terme « gentil » désignait les non-chrétiens. C’est que saint Paul fit d’importants voyages à Chypre, en Asie mineure, en Macédoine et en Grèce pour exercer son activité missionnaire.

Saint Paul établissait des Églises dans les villes importantes. Par la suite il écrivait des lettres aux communautés qu’il avait fondées; ces lettres sont devenues des Épîtres aux Corinthiens, aux Romains, etc. Quatorze d’entre elles font partie du Nouveau Testament.

Saint Paul mourut à Rome entre 62 et 67.


Louis-Philippe Hébert

Notice biographique

 

Le vestibule de la cocathédrale


Bénitiers en pierre taillée

De part et d’autre des portes centrales, deux bénitiers de ciment et de pierre taillée. Ils ont été taillés par Pierre Gagnon, à qui la fabrique de Saint-Antoine versa 1056 livres, cours ancien, en 1820. Ils proviennent donc de la deuxième église, celle de 1811.

Andrée-Anne de Sève, conservatrice du Musée de la cocathédrale et auteure du beau catalogue, Trésors de la cathédrale, y présente ainsi ces bénitiers : « (…) la base est montée à partir d’empiècements de pierres sculptées et cimentées entre elles et d’une coupe en pierre taillée. Le nœud est sculpté en chapelet, motif que l’on retrouve dans l’orfèvrerie de l’époque ».

 


La nef de la cocathédrale, côté est


Comme il a été précisé antérieurement, l’ordre de présentation des pièces décoratives est fonction de la situation de chacune dans l’église. La première pièce présentée, la toile L’Adoration des Mages, est donc à l’arrière de la cocathédrale, du côté gauche de la nef.


L’Adoration des Mages

L’Adoration des Mages est une huile sur toile grand format de Jean-Baptiste Roy dit Audy, peinte en 1831, et formant une paire avec L’Adoration des Bergers dont nous parlerons plus loin.

Initialement, dans l’église de 1811, cette toile avait une forme régulière et était dans un cadre; c’est sous cette forme originale qu’elle fut d’abord déménagée dans l’église de 1887. Mais lors de la grande rénovation de 1930, la toile fut sortie de son cadre, coupée dans sa partie supérieure en forme d’ogive, et collée directement sur le mur. C’est sa présentation actuelle.

Dans le Cahier des délibérations de la Fabrique de Longueuil, on peut lire que le 13 février 1831, il fut résolu « (…) d’autoriser monsieur le curé, à faire savoir à Maître Jean-Baptiste Roy, dit Audy, que les marguilliers acceptent ses propositions pour faire deux tableaux pour le chœur, à raison de vingt-cinq louis chacun et qu’il s’oblige de livrer dans le mois de mai prochain ».

La composition comprend, à gauche, saint Joseph, coupé en deux soit par le peintre, soit par le responsable de la restauration (?) de 1930, ainsi que Marie, un curieux Jésus nouveau-né, les trois Rois mages, et deux personnages anonymes.


La visite des Rois mages à Jésus naissant

Selon la tradition chrétienne, une étoile conduisit les trois Rois mages, Melchior, Gaspard et Balthazar, d’Orient jusqu’à Bethléem, près de Jérusalem, quelques jours après la naissance de Jésus. Ils lui apportèrent des cadeaux précieux, soit de l’or, de l’encens et de la myrrhe; dans le tableau, ces cadeaux prennent la forme d’un coffret et de deux amphores.


Jean-Baptiste Roy dit Audy

Jean-Baptiste Roy est né à Québec vers 1785. Il étudie avec le sculpteur François Baillargé. Il est d’abord menuisier-ébéniste et peintre d’enseignes; John P. Porter rapporte qu’il « dora des calèches » avant de devenir peintre.

Par la suite, il s’adonne à la peinture, essentiellement des portraits et des sujets religieux. Au début du XIXe siècle, ses toiles se retrouvent dans de nombreuses églises; un grand nombre d’entre elles sont disparues. Michel Veyron note que « ses toiles (…) ont gardé quelques traces de la raideur naïve de ses débuts d’artisan ».

Il meurt vers 1845.

Ses toiles figurent dans les collections des musées de Québec et de Montréal. Michel Cauchon en a fait l’objet d’une monographie publiée par le gouvernement du Québec.

La cocathédrale Saint-Antoine contient cinq de ses œuvres, dont quatre, malheureusement, ont été abîmées lors de la restauration.


Statue de saint Isidore

Statue de plâtre polychrome, de grandeur nature, d’un modeleur inconnu, acquise par la fabrique en 1886.

Cette statue de saint Isidore, comme la plupart de celles qui étaient déjà dans l’église en 1930, lors de la grande rénovation, a été repeinte, à cette occasion, dans les ateliers de Louis-J. Jobin, à Montréal, d’où, dit un écrit de l’époque, « (…) elles reviennent par séries ». La statue de saint Isidore était un don des cultivateurs de la paroisse.


Saint Isidore

Saint Isidore est né vers l’an 560. Il fut archevêque et est considéré comme le dernier Père de l’Église. Il meurt en 636.

Saint Isidore est depuis longtemps considéré comme le saint patron des agriculteurs. Localement, dans le diocèse de Saint-Jean-de-Québec, c’est le 1er juillet 1943 qu’il est officiellement proclamé Patron des cultivateurs du diocèse; on décide en même temps que sa fête prendra place le 15 mai.


Statue de saint André, apôtre

Statue de plâtre polychrome, de grandeur nature, d’un modeleur anonyme, acquise par la fabrique en 1886. On sait que la statue fut repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin, à Montréal.


Saint André

André naît à Bethsaïde, en Galilée. Il est le frère de Simon, ou saint Pierre. D’abord disciple de Jean-Baptiste, André est le premier des douze apôtres à se joindre à Jésus.

Après la mort de Jésus-Christ, il se rend prêcher en Achaïe, une contrée de la Grèce ancienne dont la capitale était Patras.

C’est là que la tradition chrétienne le fait mourir, crucifié sur une croix en forme de X. Son nom est demeuré lié à la croix de cette forme que l’on appelle couramment croix de saint André.

Le sculpteur a choisi de le représenter avec cette croix qui lui est maintenant étroitement associée.


Statue dite du Sacré-Cœur de Marie

Cette statue dite du Sacré-Cœur de Marie est une sculpture sur bois polychrome, œuvre du relativement célèbre Louis Jobin, réalisée entre 1885 et 1925. La statue fut peut-être repeinte en 1930 ou 1931, comme les statues de plâtre, dans les ateliers de Louis J. Jobin, de Montréal, peintre et entrepreneur, spécialiste de la décoration des églises.

La cocathédrale contient trois statues de Louis Jobin, dont celle qui est traitée ici; elles furent toutes trois sculptées après la construction de l’église actuelle.

Par ailleurs, on y trouve quelques peintures d’un autre monsieur Jobin, Louis J. Jobin, ou des peintres à son emploi. C’est à lui que la fabrique octroya le contrat de redécoration de l’église, en 1930. Les œuvres picturales réalisées par ou sous la direction de cet autre monsieur Jobin furent donc produites en ces années 1930 et 1931.


Le cœur de Marie

La dévotion au Sacré-Cœur est habituellement liée à Jésus que la statuaire religieuse représentait avec un cœur peint ou sculpté par-dessus ses vêtements. Cette dévotion remonte au Moyen Âge.

Le même procédé, appliqué à Marie, est moins fréquent sans être rare. Il témoigne à la fois de l’humanité de Marie, et de son amour infini pour le genre humain.

 

Le plâtre polychrome

La plupart des statues que contient la cocathédrale Saint-Antoine de Longueuil sont faites de plâtre, ou, de son nom savant, de semi-hydrate de sulfate de calcium.

Au lieu de sculpter quelques statues de bois, il suffisait au sculpteur « (...) d’en faire une parfaite qui (était) par la suite utilisée comme matrice pour la fabrication du moule », comme l’explique John R. Porter.

Ce procédé, plutôt exceptionnel au Québec de 1650 à 1850, se répand à compter du milieu du XIXe siècle, aux dépens des sculpteurs sur bois dont le nombre ne cessera de décroître; Jean Simard note que « de 75 qu’ils sont à Montréal en 1885, les sculpteurs sur bois ne sont plus que 45 au tournant du siècle, pour se retrouver une dizaine vers 1940 ».

Ce sont surtout des statuaires et modeleurs italiens qui s’établissent au pays; ils auront une grande vogue et occuperont presque tout le marché de la statuaire religieuse.


Les œuvres anonymes de plâtre polychrome

Une grande partie des éléments de la décoration intérieure de la cocathédrale Saint-Antoine est anonyme. Ainsi, pour la statue de plâtre polychrome de saint Isidore, si l’on sait dans quel atelier elle fut repeinte en 1930, on ignore le nom du sculpteur qui réalisa l’œuvre qui servit de matrice pour la fabrication du moule. On ignore même le nom de l’atelier d’où elle provient. Il en est de même pour la plupart des statues de plâtre qui ornent les murs ou les colonnes de la cocathédrale.

Souvent, on méprise ces statues de plâtre au point de les ignorer complètement; ce fut le cas lors de l’inventaire de l’église Saint-Antoine, extrêmement instructif par ailleurs, auquel on procéda en 1971, à la demande du curé Alcide Gareau.

On peut ne pas apprécier ces statues que l’on a « plaisamment barriolé de couleurs vives », disait Gérard Morrisset; on peut aussi les respecter comme des témoins d’un passé pas trop lointain qui eut ses modes, comme la fin du XXe siècle a les siennes.

 

Louis Jobin

Louis Jobin est sûrement le plus connu, et probablement le plus prolifique des sculpteurs et statuaires de la fin du XIXe siècle et du début du XXe.

Il est né à Saint-Raymond de Portneuf en 1845. À vingt ans, il apprend son métier dans l’atelier du sculpteur François-Xavier Berlinguet (1830-1916) où il passe trois ans à se familiariser avec l’exécution d’enseignes commerciales et de motifs religieux. Il poursuit son apprentissage à New York, chez le sculpteur Boulton.

Il ouvre un premier atelier à Montréal en 1870 et y exécute ses premières sculptures religieuses. En 1876, il déménage à Québec où il tient atelier durant 20 ans. En 1896, il déménage à Sainte-Anne-de-Beaupré, à l’ombre de la basilique que fréquentent déjà un grand nombre de pèlerins. Il y restera jusqu’à sa mort, en 1928.

On estime que Louis Jobin sculpta plus de 1 000 statues de bois au cours de sa vie. En 1986, le spécialiste Mario Béland en avait déjà recensé plus de 600.

Pour les profanes, son nom est surtout lié à l’immense statue de bois, recouverte de plomb, haute de 8 mètres, qu’il sculpta en 1880-1881. D’abord baptisée Immaculée Conception, elle prit le nom de Notre-Dame-du-Saguenay lorsqu’elle fut installée sur le cap Trinité, à une altitude de 650 mètres. La statue fut rénovée en 1949 et elle provoque, encore aujourd’hui, l’admiration des visiteurs.

Comme nous l’avons dit, la cocathédrale contient trois sculptures sur bois polychrome de Louis Jobin.


Statue dite Le Christ aux outrages

Statue de bois polychrome attribuée à Louis Jobin par Alfred Laliberté lors de ses recherches sur ceux qu’il appelle Les artistes de mon temps. Aujourd’hui, on considère cette attribution comme certaine.

Louis Jobin a vraisemblablement sculpté cette statue de bois après la construction de l’église de 1887. Elle a peut-être été repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de son presque homonyme Louis J. Jobin, à Montréal.


La statue du Christ

Cette statue représente le Christ aux premières heures de sa passion. En signe de dérision, on a posé une couronne d’épines sur la tête du « roi des Juifs », et on lui a mis dans les mains un roseau, en guise de sceptre.

La figure allongée reflète une douloureuse tristesse.


Louis Jobin

Notice biographique

 

Le bois et le plâtre

Les statues de plâtre connaissent une telle vogue, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, que les sculpteurs sur bois peignaient leurs œuvres de couleurs vives qui leur donnaient l’allure de statues de plâtre.

Il n’en demeure pas moins que les statues de bois, comme ce Sacré-Cœur de Marie, sont des pièces uniques qui commandent un respect particulier.

 

Saint Charles Borromée communiant les pestiférés de Milan

Toile de grand format, non signée, mais attribuée avec certitude à Jean-Baptiste Roy dit Audy, par le spécialiste Michel Cauchon.

La composition est classique : au centre, l’archevêque de Milan et cardinal, avec ses vêtements rouges, tenant d’une main le ciboire, de l’autre une hostie; à gauche, un groupe de six chrétiens atteints de la peste; à droite, un groupe de six assistants. Par la fenêtre, un autre tableau représente l’extérieur; de petits personnages semblent y transporter une civière. Yves Guillet souligne le caractère très romain des édifices.

Cette grande toile, achetée par la fabrique de Saint-Antoine en 1822, fut d’abord installée dans l’église de 1811, puis déménagée dans celle de 1887. Elle avait alors une forme régulière et était encadrée. Lors de la grande rénovation de 1930, sa partie supérieure fut taillée en forme d’ogive, et la toile fut collée directement sur le mur.


Saint Charles Borromée

Charles Borromée naît à Arona, en Italie, en 1538. Docteur en droit canonique et civil de l’université de Pavie, il est aussitôt nommé cardinal et archevêque de Milan. Il est responsable de la conclusion du concile de Trente, en 1563, sous le pape Pie IV. Il participe très activement à la Réforme catholique en ravivant les visites pastorales, en créant des séminaires pour la formation des prêtres, en fondant des communautés de religieux et de savants, et en créant les conciles provinciaux et les synodes diocésains.

En 1576, une épidémie de peste ravage Milan; on le presse de quitter la ville pour sauver sa vie. Il n’en fait rien; au contraire, il va lui-même confesser et communier les pestiférés, et leur administrer l’extrême-onction. La toile s’inspire de ces événements.

Il meurt dans son diocèse en 1584, et est canonisé par le pape Paul V en 1610.


Jean-Baptiste Roy dit Audy

Notice biographique


Autel et retable de la chapelle dédiée à sainte Anne

Le sculpteur Félix Mesnard fut engagé, à titre de sous-contractant, par le contracteur principal de l’église construite entre 1885 et 1887, Eugène Fournier dit Préfontaine.

Félix Mesnard réalisa de nombreux travaux de sculpture dans la nouvelle église, toujours selon le devis très précis préparé par les architectes Maurice Perrault et Albert Mesnard. Félix Mesnard était le frère de l’architecte Albert Mesnard.

L’autel et le retable sculptés sont recouverts de marbrure, c'est-à-dire, dit John R. Porter, d’une « application sur le bois de touches de peinture imitant un matériau précieux, le marbre veiné ». La marbrure originale fut reprise lors de la grande rénovation de 1930.

« L’autel de sainte Anne et ses ornementations ont été payés par la Congrégation des Dames de Ste-Anne », dit le rapport des délibérations de la fabrique; ils ont coûté 400 $.


Félix Mesnard

Sculpteur, frère de l’architecte Albert Mesnard. Il aurait été le condisciple de Louis-Philippe Hébert dans l’atelier de Napoléon Bourassa.

En 1876, l’atelier Félix Ménard & Cie, à Montréal, offre en inventaire ou fait sur commande « toutes sortes d’Ornements en Sculpture, Baquettes, Fleurs (…) Toutes sculptures pour églises tels qu’Autels complets, chaires (…) ». Il a peut-être travaillé à l’église du Gésu, et sûrement à l’église Saint-Pierre, toutes deux à Montréal.


Statue de sainte Anne avec sa fille Marie

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur anonyme, achetée en 1886 de la maison Fréchon, Lefebvre et cie, de Montréal. Cette statue était un don de monsieur et madame Ovide Dufresne.

Cette statue fut sûrement repeinte en 1930 dans les ateliers de Louis J. Jobin.


Sainte Anne

Anne, de la tribu de Juda, en Israël, a vécu au premier siècle avant Jésus-Christ. À l’âge de vingt ans, elle épouse Joachim, également de la tribu de Juda, mais le couple est incapable d’avoir d’enfants durant les vingt premières années de leur vie commune. La tradition chrétienne lui attribue cette célèbre complainte.

« Hélas! à qui me comparer? De qui suis-je donc née pour être ainsi la malédiction d’Israël? On me repousse, on me méprise, on merejette du temple.
« À qui me comparer? Je ne puis me comparer aux oiseaux du ciel, car les oiseaux du ciel peuvent paraître devant vous, ô mon Dieu!
« À qui me comparer? Je ne puis me comparer aux animaux de la terre, car les animaux de la terre sont féconds devant vous, Seigneur!
« À qui me comparer? Je ne puis me comparer aux fleuves et à la mer, car les fleuves et la mer ne sont point frappés de stérilité : ou calmes ou émues, leurs eaux, remplies de poissons, chantent votre louange.
« À qui me comparer? Je ne puis me comparer aux plaines, car les plaines portent leurs fruits en leur temps, et leur fertilité vous bénit, ô mon Dieu! »

Ses vœux furent finalement exaucés et elle mit au monde une fille qu’elle nomma Marie, représentée ici en compagnie de sa mère. Celle-ci allait être la mère de Jésus. Sainte Anne est donc la grand-mère maternelle de Jésus-Christ.

Au Québec, sainte Anne est particulièrement honorée à Beaupré, petite ville riveraine à l’est de Québec, où est situé le grand canyon des chutes Sainte-Anne. Les pères Rédemptoristes y ont érigé la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré qui est, encore aujourd’hui, un important lieu de pèlerinage. Le sanctuaire est visité chaque année par plus d’un million de personnes.


Fréchon …

Fréchon, dont le Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord, de David Karel, ne donne pas le prénom, est un statuaire et un marchand importateur. Il s’établit à Montréal en 1881. Seul, ou associé à d’autres marchands, il y tiendra atelier jusqu’en 1895.


La Mort de saint Antoine

Toile de grand format collée directement sur le mur, et dont la partie supérieure est en forme d’ogive. Elle est attribuée à Louis J. Jobin, peintre et entrepreneur, et a été réalisée en 1930 ou 1931, lors de la grande rénovation de l’église, dont Louis J. Jobin était le responsable.

Yves Guillet dit avec un mépris certain, parlant de deux toiles de l’église Saint-Antoine, dont celle-ci : « (...) sont-ce des toiles ou des dessins effectués sur les murs? (...) nous ne les avons pas étudiées ici, étant de moindre intérêt (...) Les historiens de l’art ne les citent pas. »

De fait, cette toile s’apparente aux peintures, couramment dites fresques, qui ornent la coupole et les autres surfaces peintes en 1930 et 1931 par les artisans employés par Louis J. Jobin.


Saint Antoine

Notice biographique


Louis J. Jobin

Nos recherches nous ont appris peu de choses sur ce Louis J. Jobin de Montréal, peintre, spécialiste de la décoration d’église et entrepreneur. Hélène Charlebois-Dumais dit de lui qu’il avait déjà effectué de semblables travaux à Halifax, en Nouvelle-Écosse, à Belle-Rivière et à Pointe-aux-Roches, en Ontario, et à Verdun. Elle précise que « non seulement se chargeait-il du nettoyage et de la peinture du bâtiment, mais il devait aussi exécuter les travaux d’ornementation et les fresques dont on avait décidé de garnir l’église ».

Extrait du devis présenté par Louis J. Jobin à la fabrique de Saint-Antoine en 1930 : « Au-dessus des autels latéraux (…) sera exécuté sur toile au mur un grand tableau (…) au choix de M. le Curé. » La Mort de saint Antoine est l’une d’entre elles; le sujet en aurait donc été choisi par le curé Georges Payette.


Statue de saint Joachim

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur anonyme, achetée en 1886 de la maison Fréchon, Lefebvre et cie, de Montréal. La statue fut repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin, à Montréal.

Saint Joachim, qui était éleveur de brebis, est représenté avec le traditionnel bâton du berger, même s’il était davantage un grand propriétaire d’un important cheptel ovin qu’un simple berger.


Saint Joachim

Joachim, de la tribu de Juda, vivait en Israël au premier siècle avant Jésus-Christ; il y élevait des brebis et, semble-t-il, « son troupeau (…) n’avait point son pareil en Israël ». Le tiers de ses revenus était consacré à ses serviteurs et à l’entretien de sa maison. Aujourd’hui, on parlerait d’un florissant producteur agricole.

Il épousa Anne, aussi de la tribu de Juda. Le couple ne put avoir d’enfants durant les vingt premières années de leur union; à ce moment, Anne accoucha d’une enfant, qui fut nommée Marie, et qui allait être la mère de Jésus.

Saint Joachim est donc le grand-père maternel de Jésus.


Fréchon …

Notice biographique


Statue de saint Jean-Baptiste de La Salle

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur inconnu. On peut facilement croire que cette statue était déjà dans l’église de 1811 peu avant sa démolition, car depuis 1876, les frères des Écoles chrétiennes, communauté fondée par saint Jean-Baptiste de La Salle, dirigeaient le collège pour garçons, sis dans le bâtiment aujourd’hui dit maison Chaboillez, voisin de l’église.

La statuaire a décidé de représenter saint Jean-Baptiste de La Salle seul, ce qui est relativement rare; la plupart du temps, il est présenté en compagnie d’un ou de plusieurs enfants. Dans sa main droite, les règles de la communauté qu’il a fondée.

La statue fut rénovée dans les ateliers de Louis J. Jobin en 1930 ou 1931.


Saint Jean-Baptiste de La Salle

Jean-Baptiste de La Salle naît en 1651 à Reims, en France. Les La Salle sont nobles et riches. Il étudie au collège des Bons-Enfants, institution patronnée par l’archevêque de Reims. En 1667, à l’âge de seize ans, il devient chanoine de la cathédrale (!). En 1678, il est ordonné prêtre.

En 1679, il obtient l’ouverture d’une école, puis de plusieurs, destinées à l’éducation et à l’instruction des enfants pauvres de Reims.

En 1682, les maîtres de ces écoles deviennent les frères des Écoles chrétiennes; la communauté est donc fondée par Jean-Baptiste de La Salle. Le fondateur élabore des règlements pour les maîtres d’école; ce sera la Règle.

Ses écrits pédagogiques en font l’un des précurseurs de la pédagogie moderne.

Il meurt à Rouen en 1719.

Les frères des Écoles chrétiennes arrivent au Canada en 1837; ils s’établissent à Longueuil en 1876 et y dirigent le collège pour garçons pendant plus d’un siècle.

Un monument à saint Jean-Baptiste de La Salle s’élevait dans le jardin du curé, en face du collège, aujourd’hui un stationnement municipal. En 1913, la statue ornant le monument est déménagée devant le nouveau collège de Longueuil sur le chemin de Chambly. Elle est aujourd’hui disparue; certains la disent enterrée dans le jardin d’une résidence de la rue Grant.


Statue de saint Paul

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur inconnu achetée par la fabrique en 1886.

Le statuaire a choisi de représenter un saint Paul âgé, même si l’on estime généralement qu’il est mort avant sa soixantième année. Il s’appuie sur le glaive de la parole, attribut qui ne fut donné à saint Paul « que dans les temps postérieurs aux premiers siècles de l’Église », écrit le très savant Monseigneur Paul Guérin en 1886.

La statue a été rénovée en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin.


Saint Paul

Notice biographique


Portrait de Monseigneur Bernard Hubert

Toile du peintre Gabriel Contant exécutée en 1996 à la demande de la fabrique de Saint-Antoine.


Monseigneur Bernard Hubert

Bernard Hubert naît à Belœil le 1er juin 1929. Il est ordonné prêtre le 30 mai 1953. Il est professeur de chimie au séminaire de Valleyfield de 1953 à 1967, puis responsable du secteur des Services aux étudiants au CADRE (Centre d’animation, de développement et de recherche en éducation) à Montréal, de 1967 à 1970. Il est vicaire apostolique du diocèse de Valleyfield en 1970 et 1971, et évêque du diocèse de Saint-Jérôme de 1971 à 1977. Il est nommé évêque du diocèse de Saint-Jean-de-Québec en 1977, lequel prend le nom de Saint-Jean–Longueuil en 1982. Il décède en 1996.

Michel Pratt retient de ses activités les éléments suivants. « Il s’impliqua dans les problèmes reliés à l’expropriation des cultivateurs de Mirabel, à l’expérience d’autogestion de la manufacture Tricofil, mais aussi au règlement du conflit de la United Aircraft, à Longueuil, en 1974 et 1975. Il fut président de la Conférence des évêques catholiques du Canada de 1985 à 1987 et président de l’Assemblée des évêques du Québec de 1991 à 1993. »

Non loin du portrait de Monseigneur Hubert, une plaque rappelle que c’est lui qui reçut, en 1982, le bref qui faisait de l’église Saint-Antoine la cocathédrale du diocèse, dès ce moment dit de Saint-Jean–Longueuil.


Gabriel Contant, artiste peintre

Gabriel Contant est né le 4 janvier 1931. Il étudie à l’École des Beaux-Arts de Montréal de 1947 à 1953, et avec le célèbre Stanley Cosgrove de 1950 à 1953. Il fait plusieurs voyages pour fins de recherche, soit au Japon en 1976, en Provence en 1978 et en Italie en 1982.

De 1956 à 1988, il signe de nombreux décors pour la télévision, le cinéma et le théâtre : par exemple, à Radio Canada, les décors de la série Septième Nord et des téléthéâtres Le Gardien, Des souris et des hommes, Mademoiselle Julie, ceux du film Kamouraska, des décors pour Le Rideau Vert, la Compagnie Jean-Duceppe, le Théâtre du Nouveau-Monde et le Théâtre d’aujourd’hui. En 1979, il remporte le prix ANIK pour le meilleur décor d’une dramatique, Britannicus, à Radio-Canada.

En tant que peintre, il remporte de nombreux prix. Dès la fin de ses études à l’École des Beaux-Arts, il obtient le prix du Ministre, le prix de l’ambassade de France et le prix des professeurs de l’École. En 1961, il est lauréat du Salon de la jeune peinture. Il est boursier du Conseil des Arts du Canada en 1973 et 1976. En 1994, la Ville de Saint-Lambert, où il réside, lui rend un hommage particulier.

« Depuis 1980, dit-il lui-même, il s’impose la discipline de l’objet à travers ses natures mortes et ses intérieurs. Obsédé par la beauté, il tend à susciter chez le spectateur un sentiment de joie de vivre. »


Les curés de Saint-Antoine-de-Pades

Plaque de marbre identifiant les vingt-deux curés de la paroisse de Saint-Antoine de Longueuil, à partir de 1698, année de l’arrivée du premier curé à résidence et de l’ouverture des registres, jusqu’à ce jour. À côté du nom de chacun, les années au cours desquelles il a occupé la cure.

On remarque un certain flottement autour de la graphie des noms : Ysambart ou Isambart, Demeules ou Demeulle.


Statue de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur inconnu. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus n’ayant été canonisée qu’en 1925, on peut croire qu’il s’agit de son revêtement peint original.


Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

Thérèse Martin naît à Alençon, en France, en 1873. Dès 1888, âgée de 15 ans seulement, elle entre au carmel de Lisieux et prend le nom de Thérèse de l’Enfant-Jésus. Religieuse contemplative, sa courte vie est sans histoires. Elle décède en 1897; elle n’a que 24 ans.

L’année même de sa mort, on diffuse son autobiographie, L’Histoire d’une âme, « (…) qui témoigne d’une haute spiritualité fondée sur l’abandon à Dieu ».

Elle est canonisée dès 1925. Elle est invoquée indifféremment sous les noms de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, ou de sainte Thérèse de Lisieux, du nom du monastère où elle vécut.

 

Statue de saint Pierre, apôtre

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur anonyme. Comme celles des autres apôtres du Christ, elle fut achetée par la fabrique en 1885 ou 1886. Cette statue fut sûrement repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin, à Montréal.

Cette statue est assez semblable à la sculpture de bois recouverte de métal, de Louis-Philippe Hébert, que l’on trouve sur la façade de la cocathédrale : même coiffure, même clef dans la main droite, même livre dans la main gauche…

 

Saint Pierre

Notice biographique


Autel et retable de la chapelle dédiée à Marie

L’autel et le retable ont été réalisés par le manufacturier français Raymond Beullac, établi à Montréal. Ils furent exécutés selon les plans de Maurice Perrault et d’Albert Mesnard. Les deux pièces datent de 1885-1886.

La marbrure du bois fut refaite en 1930 ou 1931 par un artisan des ateliers de Louis J. Jobin.


Raymond Beullac, statuaire, manufacturier et
importateur

Raymond Beullac naît en 1844 à Brissac, dans le Hérault, en France. Il arrive au Canada en 1874 et fonde, à Montréal, un magasin d’ornements d’église. Il importe des statues religieuses, des décorations d’église et des vitraux. En 1877, il importe la rosace de l’église Notre-Dame de Montréal.

En plus d’importer, la maison Beullac tient atelier et emploie plusieurs artisans et ouvriers.

À compter de 1884, Raymond Beullac est très actif, à Montréal, où il équipe et costume les participants aux cavalcades et aux processions. Il est chargé des décorations de nombreux festivals et cérémonies, et devient même le décorateur attitré de l’hôtel de ville, de l’hôtel Windsor, de l’Opéra français, etc.

En 1892, il inaugure un musée historique baptisé Musée La Salle qui fait faillite en 1894.

On semble perdre sa trace après 1899.


Statue de l’Assomption de Marie enlevée par les anges

Ensemble de trois statues de plâtre polychrome achetées de la maison Raymond Beullac en 1886. Ces statues étaient un don du docteur Alexis Rollin. Elles furent repeintes dans les ateliers de Louis J. Jobin, à Montréal, en 1930 ou 1931.

Dans sa monographie sur l’église Saint-Antoine, Hélène Charlebois-Dumais précise, au sujet des deux anges « (…) portant, l’un une gerbe de lys, l’autre la couronne de gloire ». Aujourd’hui, les deux anges ont les mains vides.


L’Assomption de Marie

L’Assomption de Marie est un dogme de l’Église catholique romaine qui veut qu’après sa mort, Marie, mère de Jésus, soit montée au ciel avec son corps terrestre, suite à un enlèvement miraculeux par les anges.

Les anges, « êtres spirituels entre Dieu et les hommes », accompagnent ici Marie lors de son assomption.

L’église fête l’Assomption le 15 août.


Statue de la bienheureuse Eulalie Durocher

Sculpture en pin de Colombie verni d’Eulalie Durocher, mère Marie-Rose, œuvre d’Yvette Fillion réalisée en 1985. Il s’agit d’un don de l’Église diocésaine de Saint-Jean–Longueuil à la cocathédrale. En 1993, on y ajoute une plaque commémorative soulignant le 150e anniversaire de fondation de la communauté des sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, en 1843, par Eulalie Durocher et ses compagnes.

Il s’agit d’une remarquable œuvre d’art, subjectivement considérée par l’auteur de ce livre comme la plus belle chose que contienne la cocathédrale. Des goûts et des couleurs…


La bienheureuse Eulalie Durocher

Eulalie Durocher naît à Saint-Antoine-sur-Richelieu, le 6 octobre 1811. Elle est l’hôtesse et l’intendante du presbytère de Belœil, où son frère Théophile est curé, de 1830 à 1843. À Belœil, de 1841 à 1843, elle est la présidente fondatrice de la toute première Congrégation paroissiale des Filles de Marie-Immaculée, un organisme séculier.

En 1843, elle se joint à Henriette Céré, qui enseigne à l’école publique, logée dans la maison Marie-Rose-Durocher, à Longueuil, depuis quelques années déjà. C’est là qu’à la demande de Monseigneur Ignace Bourget, évêque du diocèse de Montréal, Eulalie Durocher fonde, avec Henriette Céré, Émélie et Mélodie Dufresne, la congrégation des sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. Eulalie y deviendra d’abord sœur Marie-Rose, puis mère Marie-Rose lorsqu’elle sera nommée première supérieure de la communauté.

La première œuvre de la communauté naissante sera le couvent pour jeunes filles de Longueuil, logé dans un édifice plusieurs fois agrandi, sur la rue Saint-Charles Est; aujourd’hui, l’administration générale de la communauté occupe la bâtiment.

Eulalie Durocher meurt en 1849, à 38 ans.

Le pape Jean-Paul II la déclare vénérable en 1979, et bienheureuse en 1982.


Yvette Fillion, sculpteure

Yvette Fillion est née à Montréal en 1928. Elle étudie à l’École des Beaux-Arts de Montréal, de 1945 à 1951, le modelage avec Alfred Laliberté et Julien Hébert, le dessin avec Stanley Cosgrove, la sculpture sur pierre avec Armand Filion, et la sculpture sur bois avec Sylvia Daoust. Elle y remporte de nombreux premiers prix, dont deux fois le prix du Ministre, en 1950 et 1951.

Elle poursuit sa formation lors de voyages en France, en Italie, en Suisse, aux Pays-Bas et aux États-Unis.

À compter de 1954, Yvette Fillion travaille surtout le bois. On retrouve ses œuvres au Québec et en Ontario : dans la cocathédrale Saint-Antoine, à Longueuil, à l’école Kateri-Tekakwita, à Orléans, en Ontario, dans la chapelle des Clarisses, à Rivière-du-Loup, à l’évêché de Joliette, au presbytère Saint-Paul, à Montréal, à London en Ontario, etc.

Yvette Fillion habite aujourd’hui à Montréal.


Statues d’anges portant des candélabres

Statues de plâtre polychrome, d’un modeleur anonyme, achetées des ateliers Carli-Petrucci de Montréal en 1938. Comme l’indique le socle, il s’agit d’un don des Chevaliers de Colomb de Longueuil.


Thomas Carli

Autour du milieu du XIXe siècle, plusieurs immigrés italiens s’installent à Montréal et y fondent des ateliers de statues de plâtre. Thomas Carli (1838-1906) est de ceux-là.

En 1867, il s’associe avec Carlo Catelli (1817-1906) et crée un de ces ateliers; leur association dure dix ans. À compter de 1877, Thomas Carli gère sa propre entreprise. Son fils Alexandre (1861-1937) étudie à l’École des arts et métiers de Montréal et devient le sculpteur attitré de la maison.

La maison Thomas Carli de Montréal emploiera jusqu’à 60 statuaires. Au cours des dernières décennies, l’entreprise s’associe à celle de la famille Petrucci. La maison Petrucci et Carli ferme ses portes en 1972. Le concile Vatican II aura donné un coup mortel à la statuaire de plâtre, même si l’on s’entend pour situer l’âge d’or du plâtre entre 1850 et 1940.


Les fonts baptismaux

Les fonts baptismaux sont une sculpture de bois polychrome d’André Achim, réalisée à la suite d’une commande de la fabrique, en 1819; ils ont donc été utilisés dans l’église de 1811 jusqu’à sa démolition, en 1885, puis réinstallés dans la nouvelle église en 1886.

Peut-être ces fonts baptismaux ont-ils été repeints, sous les soins de Louis J. Jobin, en 1930 ou 1931. Odette Lebrun-Lapierre signale que la croix les surmontant n’est pas d’origine. Aurait-elle été ajoutée par ce Louis J. Jobin, celui qui fut capable de tailler plusieurs peintures pour leur donner une forme jugée par lui plus séante?


André Achim, sculpteur

André Achim naît à Longueuil en 1793. Comme pour tous les métiers à l’époque, il développe ses compétences d’abord comme apprenti, puis comme compagnon auprès de maîtres sculpteurs. C’est ainsi qu’en 1817, on le retrouve engagé à l’ornementation de l’église de Verchères; son nom y figure parmi les premiers compagnons, c’est-à-dire que son apprentissage achève. Les maîtres y sont des noms relativement célèbres : Louis Quévillon, premier maître, Joseph Pépin, deuxième maître et architecte, et René Saint-James dit Beauvais, troisième maître.

En 1819, comme on l’a vu ci-haut, il sculpte les fonts baptismaux de l’église de Longueuil. La même année, il y sculptera aussi le buffet d’orgue, que nous verrons plus loin.

Les spécialistes l’assimilent à « l’école des Écorres » que dirigeait le maître Louis Quévillon à Saint-Vincent-de-Paul, sur l’île Jésus. Cette école était de loin la plus importante du genre de la région de Montréal.

André Achim passera toute sa vie à Longueuil, occupant la maison aujourd’hui dite maison Achim, à l’angle nord-ouest des rues Saint-Charles et Grant.

En 1834, Augustin Chaboillez, curé de Saint-Antoine, écrivait à son sujet, rapporte John R. Porter : « Je (…) certifie que Mr André Achim, Maître sculpteur, peintre et doreur (…) a toujours rempli ses marchés à notre satisfaction. »

Il décède à Longueuil en 1843.


Le chandelier pascal

Le chandelier pascal est une sculpture sur bois doré, œuvre réalisée par Louis-Amable Quévillon en 1815, à la suite d’une commande de la fabrique. Ce chandelier est la plus vieille pièce que contienne l’église actuelle, du moins pour ce qui est des éléments décoratifs accessibles à la vue des fidèles ou des visiteurs.

Ce chandelier est tout à fait caractéristique de la manière de Louis-Amable Quévillon et que certains ont appelé, avec un certain mépris, le « quévillonnage », que Jean Simard décrit comme « … cette profession à multiplier et à fleurir à l’excès les motifs d’ornementation afin de ne laisser subsister aucun vide sur les surfaces ».

Qu’on aime ou pas, ce chandelier demeure l’œuvre du plus important sculpteur et ornemaniste du début du XIXe siècle dans l’ouest du Bas-Canada. À ce seul titre, il mérite attention et respect.


Louis-Amable Quévillon

Louis-Amable Quévillon naît à Saint-Vincent-de-Paul en 1749. Maître menuisier, maître sculpteur, doreur et architecte, il travaille seul à la décoration de plus de quarante églises.

Louis-Amable Quévillon est très influencé par le sculpteur français Philippe Liébert, arrivé à Montréal dans les années 1750, et qui décora de nombreuses églises, de la région de Montréal surtout. L’œuvre de Liébert influencera d’ailleurs toute la sculpture au Bas-Canada durant la première moitié du XIXe siècle.

En 1815, Louis-Amable Quévillon s’associe devant notaire à trois autres maîtres sculpteurs : Joseph Pépin, René Saint-James dit Beauvais et Paul Rollin. Louis-Amable Quévillon et ses associés formeront plus de 80 sculpteurs, dit Jean Simard, dont André Achim de Longueuil, comme nous l’avons vu. Son atelier de Saint-Vincent-de-Paul était une véritable école où les élèves pensionnaient et où on enseignait, dit encore Jean Simard « (…) non seulement la menuiserie, la sculpture, la dorure et le dessin, mais aussi la lecture, l’arithmétique et les sciences usuelles ».

Une grande partie des sculptures de Louis-Amable Quévillon ont été détruites dans les incendies qui ont dévasté un grand nombre d’églises au Québec, mais on retrouve de ses œuvres dans tous les grands musées du Québec.

Louis-Amable Quévillon décède à Saint-Vincent-de-Paul en 1823.

Un lac, une rivière et une commission scolaire portent le nom de Quévillon en son honneur; étonnamment, les trois sont situés en Abitibi.

 

Le chœur de la cocathédrale


Le maître-autel et le retable

Les plans du maître-autel et du retable ont été dessinés par les architectes de l’église, Maurice Perrault et Albert Mesnard. En 1886, l’entrepreneur général Eugène Fournier dit Préfontaine engage comme sous-contractant le sculpteur Félix Mesnard, frère de l’un des architectes, pour réaliser l’ouvrage.

Hélène Charlebois-Dumais s’exprime ainsi au sujet du maître-autel : « Le maître-autel est en lui-même une cathédrale en réduction, avec ses motifs tirés du gothique flamboyant. On ne peut qu’apprécier les talents des architectes qui l’ont conçu et du sculpteur qui a su traduire dans le bois les dentelles de pierre qui ont fait le renom des artisans de l’époque médiévale. »

Dans les devis de rénovation de l’église soumis par Louis J. Jobin en 1930, on apprend que le maître-autel et d’autres pièces « seront finis imitation de marbre blanc veiné, colonnes et panneaux onyx avec ornement imitant mosaïque de verre sur fond d’or ».


Félix Mesnard

Notice biographique


Statue de saint François Xavier

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur inconnu acquise par la fabrique en 1886. Elle fut repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin, à Montréal.

Saint François Xavier est ici représenté avec la croix du missionnaire évangélisateur.

Cette statue est un don de l’abbé François-Xavier Fournier dit Préfontaine.


Saint François Xavier

Francisco de Jasso naît le 7 avril 1506 au château de Xavier, dans la Navarre, en Espagne. Xavier est le nom de sa mère, Marie Azpilcueta de Xavier, héritière unique de la plus puissante famille du royaume. Il étudie les humanités dans son pays et la philosophie à Paris.

C’est à Paris qu’il rencontre Ignace de Loyola, en 1534, qui rassemble un groupe de huit personnes dévouées au service du pape Paul III; François Xavier est de ceux-là. En 1540, le groupe devient la Compagnie de Jésus; François Xavier est donc un Jésuite de la toute première heure.

Il passera toute sa vie à prêcher pour convertir au catholicisme, principalement en Inde et au Japon, d’où son fréquent surnom d’apôtre des Indes. On a longtemps appelé ce pays « les Indes », au pluriel, car à l’époque coloniale, existaient l’Inde portugaise, l’Inde française et l’Inde britannique.

François Xavier décède en Chine en 1552.


Statue de saint Jean-Baptiste

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur anonyme, achetée par la fabrique en 1886, et repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin.

Le statuaire a représenté saint Jean-Baptiste légèrement vêtu de peaux de bêtes, car la tradition chrétienne le fait vivre en ermite dans le désert. Quant à la longue croix, il s’agit d’un anachronisme répandu; la tradition de l’Église fait en effet mourir saint Jean-Baptiste plusieurs années avant la crucifixion de Jésus-Christ.

Saint Jean-Baptiste

Jean était un contemporain de Jésus; il a donc vécu au début du premier siècle de notre ère. Fils d’Élizabeth et de Zacharie, il aurait été le cousin de Jésus. Il était le chef d’une secte juive.

On le considère comme le précurseur du Messie : celui qui a annoncé la venue du Royaume de Dieu. Très jeune, il gagne le désert et prêche sur les bords du Jourdain, fleuve du Proche-Orient. Il prêche la pénitence, et pratique aussi un baptême de purification, d’où son surnom de Baptiste. Les quatre évangélistes rapportent qu’il a baptisé Jésus.

Vers l’an 28 de notre ère, il est décapité sur l’ordre d’Hérode Antipas, tétrarque de la Galilée.

Saint Jean-Baptiste est le patron des Canadiens-français; dans ce rôle, il était habituellement représenté enfant, en compagnie d’un mouton.


Statue de saint Antoine portant l’Enfant Jésus

Statue de plâtre polychrome attribuée au modeleur Thomas Carli, acquise par la fabrique en 1886 et repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin.

Cette statue était un don de madame Alfred Williams.


L’apparition de l’Enfant Jésus à saint Antoine

A. de Condé, auteur d’une biographie de saint Antoine de Padoue parue en 1896, raconte que vers l’an 1220, le frère Antoine demanda l’hospitalité au seigneur de Châteauneuf. Ce dernier raconta, après la mort de saint Antoine, ce qu’il avait vu en entrant dans la chambre du frère Antoine : « Le saint religieux, à genoux au milieu de la pièce, la figure ravie, tenait dans ses bras l’Enfant Jésus qui lui souriait tendrement. »

C’est cet épisode qu’a illustré le statuaire. Saint Antoine porte le costume des Franciscains.


Saint Antoine

Notice biographique


Thomas Carli

Notice biographique


Statue de saint Thomas d’Aquin

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur anonyme acquise par la fabrique en 1886 et repeinte dans les ateliers de Louis J. Jobin en 1930 ou 1931.

Le statuaire a représenté saint Thomas d’Aquin tonsuré, revêtu du costume des Dominicains, tenant à la main un livre, l’autre bras levé, dans une attitude qui se veut celle d’un professeur.


Saint Thomas d’Aquin

Thomas naît en 1225, à Roccasecca, en Italie. À l’âge de cinq ans, il amorce ses études au célèbre abbaye du Mont-Cassin, mais dès sa dixième année, il les poursuit à l’université de Naples. À dix-neuf ans, malgré l’opposition de sa famille, il entre chez les Dominicains. À Paris, il reçoit surtout l’enseignement d’Albert le Grand, et devient maître en théologie en 1256, et docteur en 1257.

Il passera toute sa vie à enseigner et à écrire. Son œuvre la plus importante est la Somme théologique qu’il rédige durant les dernières années de sa vie, de 1266 à 1273.

Il décède en 1274, dans l’abbaye de Fossanova. Il est considéré comme l’un des docteurs de l’Église, et on le surnomme souvent le Docteur angélique.

Ses œuvres complètes sont publiées pour la première fois à Rome, en 1571, en 18 volumes.

Les écrits de saint Thomas d’Aquin, docteur de l’Église, ont très profondément influencé l’enseignement de la théologie et de la philosophie dans l’Occident chrétien. Au Québec, le thomisme inspira l’enseignement de la philosophie et de la théologie jusqu’à la fin des années 1950.


Statue de saint Louis de Gonzague

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur anonyme acquise par la fabrique en 1886, et repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin, à Montréal.


Saint Louis de Gonzague

Louis de Gonzague naît le 9 mars 1568 à Castiglione delle Siviere, en Italie. La maison de Gonzague est très puissante; Ferdinand de Gonzague, marquis de Castiglione, est prince du Saint-Empire. De huit à douze ans, il est élevé à Florence, à la cour de François de Médicis, puis à Mantoue, à la cour du duc de Montferrat.

À seize ans, en 1584, il entre comme novice dans la Compagnie de Jésus. Il ne sera jamais Jésuite car il décède à Rome, en 1592, en soignant les pestiférés lors d’une sévère épidémie.

Louis de Gonzague est canonisé en 1726 et nommé saint patron de la jeunesse en 1729.

Statues de l’ange gardien, flanqué de l’archange
saint Michel et de l’ange à la trompette du Jugement dernier

Ensemble de statues en plâtre polychrome d’un mouleur anonyme, acquises par la fabrique en 1886, et repeintes en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin, à Montréal.

Le statuaire a choisi, pour l’archange saint Michel, à gauche, sa représentation la plus courante dans l’imagerie religieuse. Elle est tirée de l’Apocalypse de saint Jean qui dit : « (…) saint Michel et ses anges combattaient contre le dragon (…) », c’est-à-dire Lucifer, ou le démon, ou le mal.

Au centre, un enfant et son ange gardien. La tradition chrétienne veut qu’un ange gardien soit assigné à la protection de chaque individu.

À droite, l’ange embouchant la trompette du Jugement dernier est une représentation courante tirée, elle aussi, de l’Apocalypse.


Les anges

Voici comment Monseigneur Paul Guérin décrit les anges dans le Tome XI de la septième édition de son ouvrage en quinze tomes, Les Petits Bollandistes, parue en 1886, soit l’année même de l’achat, par la fabrique de Saint-Antoine, de ce groupe d’anges.

« (…) ils sont immatériels (…) ils sont indivisibles et n’ont point de membres ni de parties (…) les anges sont doués d’intelligence (…) la manière de connaître des anges est beaucoup plus noble et plus excellente que celle des hommes (…) ils ont une volonté libre et indifférente pour se porter aux objets par amour ou par aversion (…) ils ne sont nullement sujets aux passions et aux accidents des corps (…) ils sont, en beaucoup de manières, plus nobles et plus parfaits que les hommes (…) »

Les anges n’apparaissent dans l’imagerie chrétienne qu’au IVe siècle.

Trois anges seulement ont un nom, que l’on accompagne de l’épithète saint : saint Michel, saint Gabriel et saint Raphaël.


Le nouveau mobilier : l’autel, l’ambon, les fauteuils
de service et le paravent

Autel et ambon de bois de style contemporain recouverts de marbrure, c’est-à-dire de peinture imitant le marbre veiné. Ce revêtement a été choisi pour tenter d’harmoniser le nouveau mobilier à l’ensemble de la décoration de la cocathédrale.


Le réaménagement de 1983

À la suite des travaux et des recommandations du concile Vatican II, le chœur de l’église Saint-Antoine avait été adapté à la nouvelle liturgie vers la fin des années 1960. On avait alors utilisé l’autel tombeau, la Galerie nationale du Canada dit « tombeau d’autel », de l’église de 1811 pour célébrer la messe face aux fidèles.

En 1982, le diocèse de Saint-Jean-de-Québec devient le diocèse de Saint-Jean–Longueuil, et l’église Saint-Antoine devient cocathédrale. Le conseil de la fabrique décide alors de procéder à un second réaménagement du chœur auquel doit être intégrée la cathèdre. L’opération est confiée à la firme d’architectes Dumas et Brassard. On procède aux changements à l’été 1983.

En février 1984, un comité représentant les personnes mécontentes de ces nouveaux changements présente au conseil de la fabrique une pétition signée par 500 paroissiennes et paroissiens qui débute ainsi :

« Nous soussigné(es) paroissiens et paroissiennes de Saint-Antoine portons à la connaissance des marguilliers de ladite paroisse et aux membres du Comité d’art sacré du diocèse notre désapprobation du nouvel aménagement du chœur de notre église. Spécifiquement, nous dénonçons la disparition de l’autel tombeau (partie de notre patrimoine) et son remplacement par un autre ne convenant pas au style de ladite église (...) »

La pétition dénonçait aussi le choix de la cathèdre et l’installation du paravent.

Ce n’est qu’en 1997-1998 que l’on donnera suite à ces dernières doléances.

« Le curé Raymond Poisson, avec l’accord du Comité diocésain d’art sacré, prend l’initiative de faire peindre en faux fini – marbre de Carare – le mobilier installé dans le sanctuaire lors des aménagements de 1983. L’autel de célébration, le paravent derrière la cathèdre de même que l’ambon se retrouvent donc intégrés au reste du mobilier originel, effaçant ainsi les différences de style et d’époque qui pouvaient être surprenantes au premier coup d’œil…

« Quant au siège du curé, il s’agit aussi d’un fauteuil de la fin du XIXe siècle, en chêne sculpté, que l’on décrit communément comme étant une chaise curule. Hérité des premiers magistrats de l’empire romain, le style de ce fauteuil offre en sculpture les motifs gothiques de la tête de lion, de la figure illustrant le vent qui souffle par sa bouche, des pattes de lion.

« Pour terminer l’ensemble, on intègre à l’autel de la célébration les six grands chandeliers en argent, de même que la croix d’autel, que l’on prend soin de refaire plaquer argent à l’occasion du tricentenaire de la paroisse. »

Au même moment, on acquiert une nouvelle cathèdre dont il est question un peu plus bas.

C’est aussi à cette occasion que l’on repeint de marbrure les socles de toutes les colonnes de la cocathédrale et l’escalier de la chaire.


Le buffet de l’orgue derrière le maître-autel

Le buffet de l’orgue situé derrière le maître-autel de la cocathédrale fut sculpté et doré par André Achim, maître sculpteur de Longueuil, en 1821, selon les plans du curé Augustin Chaboillez

Ce buffet a été retenu par le spécialiste John R. Porter parmi les cent œuvres à découvrir qui constituent la deuxième partie de son incontournable ouvrage La sculpture ancienne au Québec, Trois siècles d’art religieux et profane, rédigé avec la collaboration de Jean Belisle, pour l’art profane.


Les orgues

En 1821, le curé Augustin Chaboillez dote l’église de 1811 du premier orgue à être installé dans l’église paroissiale. La réalisation du buffet d’orgue et de la claire-voie entourant l’orgue est confiée à André Achim, par décision du conseil de la fabrique, le 21 février 1821.

Lors de la construction de la nouvelle église, on achète, en 1886, un nouvel instrument à deux claviers du facteur d’orgues Louis Mitchell, de Montréal. C’est alors que l’orgue acheté en 1821 et le buffet sculpté d’André Achim se retrouvent derrière le maître-autel.

Hélène Charlebois-Dumas avance que le buffet d’André Achim fut repeint en 1931, ce qui est possible, et qu’il fut en même temps agrandi. John R. Porter ne fait pas mention de ces altérations.


André Achim

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La lampe du sanctuaire et les lustres de cristal

La lampe du sanctuaire et les lustres de cristal furent achetés en 1886 de la maison Fréchon, Lefebvre & Cie, à Montréal

La lampe du sanctuaire est un don de Maurice Perrault, l’architecte principal de l’église. Les lustres sont des dons de Bruno Normandin, ancien maire de Longueuil, et de l’abbé Jean Ducharme, vicaire de la paroisse au moment de la construction de l’église.


Fréchon …

Notice biographique

SHM 7503.


La cathèdre ou le siège de l’évêque

Fauteuil de style gothique de la fin du XIXe siècle, acheté par la fabrique en 1997.

Le mot « cathédrale » vient du mot « cathèdre » qui désigne le siège épiscopal de l’évêque que l’on ne retrouve que dans la cathédrale ou les cocathédrales d’un diocèse.

Les pétitionnaires de l’hiver 1984 avaient surtout dénoncé la disparition de l’autel tombeau de l’église de 1811, mais ils estimaient également que ne convenait pas au style de l’église « (…) la nouvelle section réservée au trône de Monseigneur l’Évêque ».

En 1997, la fabrique installe une nouvelle cathèdre ainsi décrite par le curé Raymond Poisson :

« La cathèdre est un fauteuil fin XIXe siècle, donc de l’époque de la construction de l’église. En noyer sculpté, la cathèdre s’harmonise avec les différents éléments de décoration de l’ancien maître-autel : pommes de pin, motifs gothiques, proportions et angles similaires. »

La nef de la cocathédrale, côté ouest


Autel et retable de la chapelle dédiée à saint Joseph

Autel et retable de bois recouverts de marbrures et de dorures, réalisés dans les ateliers de Raymond Beullac, en 1886, selon les plans des architectes Maurice Perrault et Albert Mesnard.

Le tout fut redécoré sous les soins de Louis J. Jobin en 1930 ou 1931.


Raymond Beullac

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Ensemble statuaire dit Saint Joseph dans la gloire

Statues de plâtre polychrome achetées de la maison Raymond Beullac en 1886. Elle furent repeintes en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin.

Le statuaire représente ici saint Joseph tenant dans ses bras son fils adoptif Jésus, et tenant dans sa main droite un lys, symbole de virginité. Il est encadré de deux anges portant la couronne de gloire. L’ensemble est dit « saint Joseph dans la gloire » dans le rapport des délibérations de la fabrique du 17 mars 1886.


Saint Joseph

Joseph, descendant de David, vivait en Galilée. Il y pratiquait le métier de charpentier. Il épousa Marie, qui allait être la mère de Jésus.

Selon l’Église catholique romaine, saint Joseph n’est pas le père biologique de Jésus, en vertu de l’Immaculée Conception, qui est un dogme précisant que Marie resta vierge. Saint Joseph est donc le père nourricier ou adoptif de Jésus. Il partagea la vie de Marie et de Jésus à Nazareth, jusqu’au moment de la vie publique de Jésus, c’est-à-dire durant une trentaine d’années.

C’est vers cette époque que la tradition chrétienne situe la mort de saint Joseph dont il n’est pas fait mention dans les récits de la vie publique de Jésus.


Raymond Beullac

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Statue de sainte Marguerite d’Youville

Statue monochrome de bois sculpté, commandée en 1985 par la fabrique à l’artiste sculpteure Yvette Fillion. Le bois est du pin de Colombie; il est simplement recouvert de vernis.


Sainte Marguerite d’Youville

Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais naît à Varennes en 1701. Elle est la petite-fille de René Gaultier, seigneur de Varennes et du fief Du Tremblay, ce dernier territoire faisant aujourd’hui partie de la ville de Longueuil. En 1721, elle épouse François d’Youville de qui elle a deux garçons. Veuve à 28 ans, elle confie ses deux fils au Séminaire de Québec. L’un de ses fils sera vicaire à Longueuil.

En 1738, elle ouvre, à Montréal, une maison d’accueil pour les pauvres, qui est détruite par un incendie quelques années plus tard. En 1747, on lui confie la direction de l’Hôpital général de Montréal; elle y fonde la Congrégation des sœurs de la Charité de l’Hôpital général de Montréal, plus souvent et plus commodément appelées Sœurs grises. L’institution est d’abord un hospice qui accueille les pauvres, les vieillards, les enfants abandonnés et les filles « perdues ». À compter de 1756, l’hospice reçoit les blessés de la Guerre de Sept Ans (1756-1763) et devient dès lors un véritable hôpital.

En 1765, la communauté compte 18 religieuses et l’hôpital, quelque 100 pensionnaires lorsque le bâtiment est détruit lors du grand incendie de Montréal; il est reconstruit en quelques mois. Marguerite d’Youville décède en 1771, dans l’hôpital qu’elle dirige.

Béatifiée en 1959, elle est la première femme d’origine canadienne à se voir élevée à cette dignité. Elle est canonisée par le pape Jean-Paul II en 1990.


Yvette Fillion

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Statue de saint Simon, apôtre

Statue de plâtre polychrome d’un mouleur inconnu, acquise par la fabrique en 1886, et repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin, à Montréal.


Saint Simon, apôtre

Simon dit le Zélote ou le Cananéen vivait en Galilée; on ne sait rien de lui avant qu’il devienne disciple de Jésus et l’un de ses apôtres.

À la mort de Jésus, Simon le Zélote prêcha, avec les autres apôtres, en Judée, en Samarie et en Syrie. Puis, seul, il parcourut l’Égypte et d’autres régions de l’Afrique.

Finalement, il se joignit à saint Jude pour répandre le message de Jésus-Christ en Perse. Ils y furent mis à mort.

Le statuaire a choisi de le représenter avec une énorme scie qui pourrait avoir été l’instrument de son martyre.


Ensemble statuaire des saints Martyrs canadiens

Groupe de huit statuettes de plâtre polychrome acquis par la fabrique en 1930, à l’occasion de la canonisation collective des huit martyrs canadiens. L’ensemble fut produit par un mouleur anonyme de la maison Bernardi & Nieri, de Montréal.


La maison Bernardi

Les Bernardi sont l’une des nombreuses familles d’immigrants italiens qui ouvrirent des ateliers à Montréal, dans la seconde moitié du XIXe siècle, pour y manufacturer des statues des saints. Les Bernardi concurrençaient les Carli, les Petrucci, les Catelli, les Baccerini, les Cerusi …


Les saints Martyrs canadiens

Nous allons ici présenter les huit personnages dans l’ordre retenu par le statuaire qui moula cet ensemble, de gauche à droite.


Saint Jean de La Lande ou Lalande

Jean de La Lande naît en France en 1640 et arrive au Canada vers 1642. Il se met alors au service des Jésuites comme « donné », c’est-à-dire comme laïque se mettant « corps et biens à la disposition des religieux ».

En 1646, il accompagne le père Isaac Jogues en mission au pays des Agniers ou Mohawks, l’une des Cinq-Nations iroquoises. Il est tué d’un coup de hache sur la tête le 19 octobre 1646.

Il est déclaré bienheureux en 1925, et canonisé en 1930 par le pape Pie XI, en même temps que les autres saints Martyrs canadiens. Il est l’un des deux laïques du groupe, l’autre étant saint René Goupil.


Saint Charles Garnier

Charles Garnier naît en France en 1606, et arrive en Nouvelle-France en 1636, comme missionnaire Jésuite.

Il est envoyé chez les Hurons où il crée une mission sur les bords de la baie Georgienne. Il y est massacré par les Iroquois en 1649, lors de l’une des nombreuses attaques qui aboutirent à la destruction de la Huronie.

Il est béatifié en 1925, et canonisé en 1930.


Saint Noël Chabanel

Noël Chabanel naît en France en 1613 et arrive en Nouvelle-France, comme missionnaire Jésuite, en 1643.

Il vit avec les Algonquins et les Pétuns. On lui confie ensuite la mission Sainte-Marie, chez les Hurons. C’est là qu’il est assassiné par un Huron apostat en 1649.

Il est béatifié en 1925 et canonisé en 1930.


Saint Gabriel Lalement ou Lalemant

Gabriel Lalement ou Lalemant naît en France en 1610, et débarque en Nouvelle-France en 1641, comme missionnaire Jésuite. Il fait d’abord du ministère à Sillery, près de Québec, et à Trois-Rivières.

En août 1648, il rejoint le père Jean de Brébeuf à la mission de Sainte-Marie-du-Sault, en Huronie. Il est tué en même temps que Jean de Brébeuf en 1649, à la mission Saint-Ignace, dans l’actuel comté de Simcoe, en Ontario. Sa dépouille est ramenée à Québec en 1650.

Il est béatifié en 1925, et canonisé en 1930.


Saint Jean de Brébeuf

Jean de Brébeuf naît à Condé-sur-Vire, en France, en 1593. Il arrive en Nouvelle-France en 1625, avec les premiers Jésuites, mais il est rapatrié en France en 1629 après la prise de Québec par les Anglais.

Il revient en Nouvelle-France en 1633, et fonde la mission de Saint-Marie-du-Sault chez les Hurons, dont il parlait la langue.

Il y était encore au moment des sanglants raids iroquois, en 1648 et 1649, qui devaient conduire à l’anéantissement de la Huronie. En 1649, il est fait prisonnier par les Iroquois avec le père Gabriel Lalement; il est martyrisé, puis tué. Sa dépouille est ramenée à Québec en 1650.

Il est béatifié en 1925, et canonisé en 1930. En 1940, il est proclamé saint patron du Canada.


Saint Isaac Jogues

Isaac Jogues naît à Orléans, en France, en 1607. Il arrive en Nouvelle-France en 1636 et part immédiatement en mission chez les Hurons. En 1642, il y fut fait prisonnier par les Iroquois, lors d’un raid; ils le gardent un an; il est alors martyrisé, mais non tué. En 1643, il est libéré grâce à l’intervention du commandant au fort d’Orange, un Hollandais allié des Iroquois.

En 1643, affreusement mutilé, il retourne en France, mais simplement pour plaider en faveur de la Nouvelle-France auprès de Mazarin.

Revenu à Québec en 1644, il est envoyé à plusieurs reprises comme ambassadeur de paix auprès des Agniers ou Mohawks. C’est au cours d’une de ces mission, en 1646, qu’il est tué, en compagnie de Jean de Lalande.

Il est béatifié en 1925 et canonisé en 1930.

Saint Antoine Daniel

Antoine Daniel naît à Dieppe, en France, en 1601. Durant son noviciat chez les Jésuites, il enseigne dans quelques collèges de France. Il arrive en Nouvelle-France en 1632, comme missionnaire Jésuite, et est envoyé chez les Hurons. Il y est massacré par les Iroquois en 1648.

Il est béatifié en 1925 et canonisé en 1930.


Saint René Goupil

René Goupil naît en France en 1608. Il doit interrompre son noviciat chez les Jésuites pour raison de santé.

Il débarque en Nouvelle-France en 1640 et se met au service des Jésuites comme laïque « donné », tout comme Jean de Lalande. C’est donc à tort que le statuaire le présente avec des vêtements sacerdotaux.

En 1642, alors qu’il accompagne le père Isaac Jogues en Huronie, les deux sont faits prisonniers par les Iroquois et martyrisés. Le père Jogues sera libéré un an plus tard, mais René Goupil est achevé d’un coup de hache.

Il est béatifié en 1925 et canonisé en 1930.


Portrait de la bienheureuse Marie-Léonie Paradis

Reproduction photographique laminée d’une peinture anonyme.


La bienheureuse Marie-Léonie Paradis

Marie-Léonie Paradis a fondé la communauté des Petites sœurs de la Sainte-Famille (p.s.s.f.) en 1880, à Memramcook, au Nouveau-Brunswick. Au Québec, on retrouve la communauté à Sherbrooke.


Plaque à la mémoire des anciens curés …

Plaque de marbre où sont gravés les noms des huit curés qui furent inhumés dans la crypte de l’église.

Dans le cas de Monseigneur Pierre Denaut, on sait que ses restes ne sont plus dans la crypte de la cocathédrale puisqu’ils furent transférés à la cathédrale Notre-Dame de Québec, en 1969, avec ceux des autres évêques du diocèse de Québec.

La plaque précise les années au cours desquelles chacun a occupé la cure de la paroisse de Saint-Antoine.


Statue de saint Thaddée ou Jude, apôtre

Statue de plâtre polychrome d’un mouleur inconnu, acquise par la fabrique en 1886, et repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin, à Montréal.

Le statuaire a décidé de représenter saint Thaddée ou Jude s’appuyant sur une massue, qui pourrait être l’instrument de son martyre.


Saint Thaddée ou Jude

On ne sait rien de Jude avant qu’il devienne disciple, puis apôtre de Jésus. Il était le frère de Jacques dit le Mineur. On les dit souvent cousins de Jésus.

Son nom était Jude; on lui ajouta le surnom de Thaddée ou Thadée pour le distinguer de l’autre apôtre, Judas dit Iscariote, qui allait trahir Jésus. Thaddée signifie, en syriaque, bon, doux, miséricordieux.

Après la mort du Christ, Jude prêcha surtout en Idumée et en Arabie.

Il se joignit ensuite à Simon le Zélote pour évangéliser la Perse où l’un et l’autre périrent martyrs.


Statue de sainte Marguerite Bourgeoys

Statuette de plâtre polychrome d’un mouleur inconnu. Cette statue ne figurait pas dans l’inventaire réalisé par André Poirier en 1994.


Sainte Marguerite Bourgeoys

Marguerite Bourgeoys naît à Troyes, en France, en 1620. Refusée chez les Carmélites et chez les Clarisses, elle devient institutrice.

Elle arrive en Nouvelle-France en 1653, accompagnant Paul Chomedey de Maisonneuve à Ville-Marie ou Montréal. Elle y travaille d’abord à l’hôpital Saint-Joseph.

En 1658, elle entreprend son œuvre d’éducation en ouvrant la première école de Ville-Marie. Elle recrute quelques compagnes qui forment une congrégation, même si elle n’a aucune reconnaissance officielle de l’Église.

Elle fonde alors plusieurs institutions d’enseignement : une école ménagère à Pointe-Saint-Charles, en 1666, un pensionnat à Ville-Marie en 1676, des écoles à Pointe-aux-Trembles en 1678, au Sault-Saint-Louis en 1683, à l’île d’Orléans en 1685, à Château-Richer en 1689, dans la basse-ville de Québec en 1686.

En 1696, Marguerite Bourgeoys obtient que sa congrégation soit reconnue comme une communauté de religieuses séculières.

Elle décède en 1700; sa communauté compte alors 40 religieuses.

Par la suite, la Congrégation de Notre-Dame deviendra l’une des plus importantes communautés religieuses au Canada.

Marguerite Bourgeoys est canonisée en 1982 et est considérée comme la première sainte canadienne, même si elle est née en France.


Le grand crucifix

Ensemble de plâtre polychrome d’un mouleur inconnu, acquis par la fabrique en 1887.


Les grandes missions de 1886 et de 1887

En 1884, Monseigneur Édouard-Charles Fabre, troisième évêque de Montréal et qui en deviendra le premier archevêque en 1886, fait appel aux Rédemptoristes ou membres de la congrégation du Très-Saint-Rédempteur, déjà implantés dans l’archidiocèse de Québec depuis 1872, pour prendre en charge la paroisse irlandaise de St. Ann. Ce sont des Rédemptoristes belges qui prennent charge de cette riche paroisse « au grand dam du clergé irlandais », lit-on dans L’Église de Montréal, 1836-1986. L’arrivée des Rédemptoristes dans le diocèse crée un climat de grogne.

La situation sera toute différente à Longueuil. Au printemps 1886, le curé de Saint-Antoine, Maximilien Tassé, fait appel aux Rédemptoristes belges nouvellement arrivés pour prêcher une longue retraite de quatre semaines qui remporte un très vif succès. Rappelons qu’en 1886, c’est une chapelle temporaire de bois, érigée sur le terrain où l’on voit aujourd’hui la Maison de l’éducation des adultes, qui tient lieu d’église paroissiale.

L’année suivante, le curé Tassé invite de nouveau les Rédemptoristes à prêcher une retraite longue, que ces derniers appelaient « grande mission ». L’exercice connaît de nouveau un éclatant succès.

Le 3 juillet 1887, journée de la clôture de cette « grande mission », on procède à l’installation du grand crucifix dans la nouvelle église, inaugurée en janvier de la même année. Comme le rapporte le vicaire Jean Ducharme, il s’agit d’un grand événement populaire. Le crucifix est promené dans les rues de la ville lors d’une procession solennelle identique à celle de la Fête-Dieu. Les membres des conseils municipaux de la Ville et de la paroisse y participent presque tous; les congrégations de femmes et d’hommes y défilent avec leur bannière. La procession fait une halte au carré Isidore-Hurteau pour écouter un dernier sermon. Enfin, le grand crucifix est installé dans l’église en grande pompe.


Statuette de saint Expédit

Statuette de plâtre polychrome d’un mouleur inconnu.


Saint Expédit

Ce saint, que l’on invoquait pour faire aboutir rapidement les affaires en cours, ne figure pas dans les répertoires hagiographique que nous avons consultés.

Certains rejettent son existence, ne voyant dans son nom qu’un simple jeu de mot : c’est la troisième personne du singulier du présent de l’indicatif du verbe latin expedire, expedit, c'est-à-dire il fait vite.

Dans le Fonds Villeneuve, au Centre d'études de la littérature et des arts traditionnels (CELAT) de l’Université Laval, on retrouve une image de saint Expédit auréolé, où le personnage apparaît vêtu comme un soldat romain. On peut y lire : « AUJOURD’HUI et non DEMAIN. Soyez prompts et sans hésitation à louer, à aimer, à servir Dieu : soyez diligents dans vos devoirs ».


Autel et retable de la chapelle dédiée à saint François d’Assise

Autel et retable réalisés par le sculpteur Félix Mesnard en 1886, selon les plans des architectes Maurice Perrault et Albert Mesnard. La marbrure et les dorures furent refaites sous les soins de Louis J. Jobin en 1930 ou 1931.


Félix Mesnard

Notice biographique


Statue de saint François d’Assise

Statue de plâtre polychrome moulée dans les ateliers Carli, à Montréal, en 1886, et repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin.

Le statuaire a représenté saint François d’Assise vêtu de la bure, les pieds nus dans ses sandales, la taille cintrée du classique cordon de son ordre.


Saint François d’Assise

Francisco Bernardone naît à Assise, en Italie, en 1182. Son père est un riche marchand.

Après une jeunesse vécue dans l’opulence, François d’Assise renonce à ses richesses, en 1206, et vit la pauvreté évangélique. S’étant entouré de disciples, il fonde l’ordre des Frères mineurs (o.f.m.) en 1209, et l’ordre des Pauvres Dames ou Clarisses en 1212, avec sainte Claire d’Assise.

Par la suite, François d’Assise prêche au Maroc et en Égypte pour tenter, sans grand succès, d’y convertir les musulmans.

Il décède à Assise en 1226.

Les religieux de l’ordre des Frères mineurs seront dits Franciscains. Au XVIe siècle, des branches réformées donneront naissance aux Capucins en Italie, et aux Récollets en France. Ce sont ces Récollets qui viendront en Nouvelle-France dans les premiers temps de la colonie.

Saint Antoine pourvoyeur des pauvres

Toile de grand format, collée directement sur le mur et attribuée à Louis J. Jobin. Elle fut réalisée dans le cadre de la grande rénovation de 1930 ou 1931.

Lors de ces grands travaux de rénovation, Louis J. Jobin a fait réaliser de nombreuses illustrations de la vie de saint Antoine dans le dôme, dans les plafonds des côtés, au-dessus des autels latéraux. On sait que la plupart de ces toiles furent « exécutées par les artistes peintres choisis par l’entrepreneur ». On attribue toutefois les deux toiles au-dessus des autels latéraux à Louis J. Jobin lui-même, soit La Mort de saint Antoine, au-dessus de l’autel de la chapelle dédiée à sainte Anne, et celle-ci, Saint Antoine pourvoyeur des pauvres.


Saint Antoine

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Louis J. Jobin

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La Présentation de l’Enfant Jésus au temple

Toile grand format, non signée, mais attribuée avec certitude à Jean-Baptiste Roy dit Audy. Il l’a réalisée en 1822, à la demande de la fabrique.

Deux autres toiles identiques ont été peintes par l’artiste, l’une pour l’église de Varennes en 1821, aujourd’hui au Musée du Québec, l’autre pour les Ursulines de Québec, en 1826.

Comme les autres toiles, réalisées pour l’église de 1811 et transférées dans celle de 1887, celle-ci fut taillée, en 1930 ou 1931, pour donner à sa partie supérieure une forme ogivale. Elle fut alors sortie de son cadre et collée directement sur le mur.

La composition de la toile est simple avec le grand-prêtre tenant l’Enfant Jésus au centre, et des personnages de part et d’autre. À droite, à l’avant, Marie, mère de Jésus, est curieusement dessinée.


La présentation au temple

Cet événement suit de peu la naissance de Jésus.

L’empereur de Rome, César-Auguste, décrète, au tout début de notre ère, le recensement dans toutes les provinces soumises à l’empire. C’est pour répondre à cet édit que Joseph et Marie, alors dans les dernières semaines de sa grossesse, se rendent à Bethléem, ville de la famille de David. C’est là que naît Jésus.

Peu après, avant de regagner Nazareth, Marie et Joseph se rendent à Jérusalem pour présenter le nouveau-né au grand-prêtre, dans le temple. C’est la scène illustrée par le tableau.


Jean-Baptiste Roy dit Audy

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Statue de la Vierge Marie foulant aux pieds le serpent

Statue de plâtre polychrome d’un mouleur inconnu.


La Vierge foulant aux pieds le serpent

La Vierge foulant aux pieds le serpent, c’est-à-dire le démon ou le mal, est une représentation courante, dans l’imagerie religieuse chrétienne, de la puissance de Marie.


Statue du Sacré-Cœur de Jésus

Statue de bois polychrome réalisée par le sculpteur Louis Jobin.

La statue n’est pas signée, mais on se fie aujourd’hui au témoignage d’Edmond-Joseph Massicotte, un contemporain de Jobin, pour l’attribuer avec certitude à Louis Jobin. L’illustrateur Massicotte dit de cette sculpture qu’elle fut donnée à l’église Saint-Antoine; on ne sait ni par qui, ni à quel moment.

Les trois statues sculptées par Louis Jobin, soit le Sacré-Cœur de Marie, le Christ aux outrages et ce Sacré-Cœur de Jésus ont-elles été repeintes par les soins de son presque homonyme Louis J. Jobin en 1930 ou 1931? Tout dépend de la date d’acquisition de ces statues puisque Louis Jobin produisit des statues de bois polychrome entre 1880 environ et son décès, survenu en 1928. Les statues étaient-elles relativement neuves en 1930, ou déjà anciennes? Nous l’ignorons.


Le Sacré-Cœur

Cette représentation du Christ, avec un cœur visible par-dessus ses vêtements, est courante et ancienne dans l’imagerie chrétienne. Il s’agit d’un symbole à la fois de l’humanité du Christ, et de son amour infini pour les hommes.


Louis Jobin

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Statue de saint Thomas, apôtre

Statue de plâtre polychrome acquise par la fabrique en 1886, et repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin, à Montréal.


Saint Thomas

Thomas, surnommé Didyme, vivait en Galilée, et il était pêcheur, comme la plupart des douze apôtres de Jésus.

L’apôtre Thomas est surtout connu pour l’incrédulité dont il fit preuve, raconte l’évangéliste saint Jean, lorsque les autres apôtres lui apprirent que Jésus était ressuscité. Il demanda à voir et à toucher pour croire, ce qui fit dire à Jésus : « Bienheureux ceux qui n’ont point vu et qui ont cru ».

Par la suite, la tradition chrétienne veut que l’apôtre Thomas soit allé prêcher en Judée, en Éthiopie, en Perse, en Chine et en Inde, où il est mort martyr.


Statue de saint Mathias, apôtre

Statue de plâtre polychrome, d’un modeleur anonyme, acquise par la fabrique en 1886, et repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin.

Le statuaire a représenté saint Mathias tenant une hache, instrument de sa décapitation.


Saint Mathias

Mathias, ou plus souvent Matthias, n’est pas tout à fait un apôtre comme les onze autres. Il n’est pas reconnu comme un des douze apôtres choisis par Jésus. Ce n’est qu’après la mort du Christ que les apôtres décidèrent de remplacer l’apôtre Judas Iscariote, qui avait trahi Jésus et s’était pendu, et c’est Matthias qui fut choisi.

Il prêcha en Judée et en Éthiopie. Il fut tué à coup de pierres, puis décapité par les Juifs et les Gentils, vers l’an 63.


L’Adoration des bergers

Toile de grand format réalisée en 1831 par Jean-Baptiste Roy dit Audy, à la suite d’une commande de la fabrique.

Cette toile forme une paire avec l’Adoration des mages et a subi le même sort.

Yves Guillet écrit de cette toile qu’elle « (…) n’est pas sans rappeler De La Tour ou Rembrandt, car sur le sombre fond ne se détachent que le visage et le vêtement des personnages, dans une lumière filtrée. Il n’y a que la Vierge Marie qui soit très éclairée ». C’est un bien grand compliment. L’attitude de la Vierge, du personnage à l’extrême-droite et du mouton témoigne d’une maladresse certaine. La composition demeure intéressante.

Une toile semblable, par le même artiste, se retrouve à Deschambault, dit encore Yves Guillet.


La visite des bergers à Jésus naissant

Selon la tradition chrétienne, d’humbles bergers ont été les premiers à visiter Jésus après sa naissance : les bergers avant les rois.

Jean-Baptiste Roy dit Audy

Notice biographique


Les confessionnaux

Les confessionnaux actuels, de bois sculpté et verni, datent de 1940. Ils furent produits à Lévis, selon des plans signés Willy Caron, dont nous ne savons rien.

Ils ont remplacé les confessionnaux antérieurs, que l’auteur de l’inventaire de 1974 estimait dater du XVIIIe siècle, donc de la première église construite en 1724. En 1974, on n’a retracé que deux des portes sculptées de ces confessionnaux. Une de ces portes, attribuée par un antiquaire, à tort ou à raison, à l’un des Levasseur, célèbre famille de sculpteurs du XVIIIe siècle, était offerte au prix de 800 $ cette année-là.

Les trois portes des confessionnaux actuels ne sont pas non plus sans intérêt.

 

Le centre de la nef de la cocathédrale


Statue de saint Mathieu, apôtre et évangéliste

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur inconnu. Cette statue a été repeinte dans les ateliers de Louis J. Jobin, à Montréal, en 1930 ou 1931.

Le statuaire a choisi une représentation courante de saint Mathieu.


Saint Mathieu

Levi, car il semble bien que ce soit le nom de Mathieu avant qu’il devienne un des apôtres de Jésus, était probablement Galiléen. Il n’était pas pêcheur, comme la plupart des apôtres, mais percepteur des impôts pour les Romains, une profession très peu appréciée chez les Juifs à qui elle rappelait leur dépendance. Il abandonne cet emploi pour suivre Jésus. L’évangile qu’il a rédigé ne nous apprend rien sur lui-même.

Après le départ de Jésus-Christ, la tradition chrétienne veut qu’il ait d’abord prêché en Judée et rédigé son évangile en syriaque « () qui était la langue vulgaire des Hébreux ». Il parcourt ensuite l’Égypte et l’Éthiopie. C’est là qu’il meurt, victime d’un glaive, croit-on.

La statuette à ses pieds, semble représenter un angelot. En fait il s’agit d’un homme ailé, « symbole de la généalogie du Christ qui sert d’introduction à son évangile ».


Statue de saint Jacques le Mineur, apôtre

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur inconnu, repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin.

Le statuaire a représenté saint Jacques le Mineur avec un attribut courant dans l’imagerie chrétienne, un battoir de foulon.


Saint Jacques le Mineur

Jacques, de la tribu royale de Juda, naît à Cana une dizaine d’années avant la naissance de Jésus, à qui il est apparenté par sa mère Marie, cousine de la Vierge Marie; c’est pourquoi il sera souvent appelé « frère du Seigneur ». Il est le frère de saint Jude, apôtre.

Ce Jacques est dit le Mineur « (…) parce qu’il fut appelé à l’apostolat après saint Jacques le Majeur, ou parce qu’il était de petite taille », écrit Monseigneur Paul Guérin dans son article sur saint Jacques le Mineur. Cependant, parlant de Jacques le Majeur, il écrit qu’il est dit « le Majeur » parce que l’Évangile « le préfère toujours » à l’autre!

Saint Jacques est considéré comme l’évêque de Jérusalem, où il semble être demeuré après la mort du Christ. Il rédigea l’une des Épîtres.

Il fut lapidé en l’an 61 ou 62 de notre ère; la tradition veut qu’il ait été achevé d’un coup de battoir de foulon par un artisan fouleur de laine, d’où le curieux instrument qu’il tient à la main.


Statue de saint Philippe, apôtre

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur inconnu acquise par la fabrique en 1886, et repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin.

Le statuaire le représente avec la croix de l’évangélisation, qui est aussi l’instrument de son martyre.


Saint Philippe

Philippe naît à Bethsaïde, village situé sur les bords du lac de Tibériade, en Galilée. Il y est vraisemblablement pêcheur. La tradition chrétienne veut qu’il ait été marié et père de plusieurs filles.

Après la mort du Christ, il prêche en Scythie, région de l’actuelle Russie, puis en Phrygie, région occidentale de l’Asie Mineure, où il meurt crucifié.


Statue de saint Jean, apôtre et évangéliste

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur inconnu, acquise par la fabrique en 1886, et repeinte dans les ateliers de Louis J. Jobin en 1930 ou 1931.

Étonnamment, saint Jean est le seul des quatre évangélistes, ou auteurs des Évangiles, à ne pas être représenté avec son attribut habituel, un aigle, omniprésent dans l’imagerie chrétienne. Par ailleurs, le statuaire lui a mis à la main un calice qui préfigure l’Eucharistie.


Saint Jean

Jean, fils de Zébédée, naît en Galilée. Il est pêcheur comme son père, et comme son frère aîné Jacques, dit saint Jacques le Majeur.

Il est l’un des premiers disciples de Jésus, et probablement le plus jeune des apôtres puisque la tradition chrétienne le fait mourir vers l’an 100 de notre ère. Cette même tradition chrétienne en fait le seul apôtre qui accompagne Marie, mère de Jésus, au pied de la croix. Quatre fois, dans les Évangiles, Jean est dit « le disciple que Jésus aimait ». Dans les Actes des apôtres, il est toujours nommé immédiatement après Pierre, considéré comme le premier chef de l’Église.

Il est l’auteur de l’un des quatre Évangiles, de quatre des Épîtres et de l’Apocalypse.

Il est le seul apôtre que la tradition fait mourir de mort naturelle, à un âge très avancé, vers l’an 100.


Statue de saint Luc, apôtre et évangéliste

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur inconnu acquise par la fabrique en 1886, et repeinte dans les ateliers de Louis J. Jobin en 1930 ou 1931.

Le statuaire a représenté l’évangéliste saint Luc en compagnie d’un bœuf, emblème des sacrifices et son attribut habituel.


Saint Luc

Luc naît à Antioche, métropole de la Syrie, ville riche et reconnue, à cette époque, pour la qualité de ses écoles dans toutes les disciplines. Luc y étudie la médecine.

La tradition veut qu’il ait été converti par saint Paul, dont il devient le disciple, avant d’être l’un des apôtres de Jésus.

Après la mort de Jésus, il accompagne saint Paul dans ses missions en Macédoine et ailleurs, puis prêche seul en Italie, en Gaule et en Égypte. On croit qu’il est mort martyr en Achaïe.

Il a écrit l’un des quatre Évangiles et les Actes des apôtres.


Statue de saint Jacques le Majeur, apôtre

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur inconnu acquise par la fabrique en 1886 et repeinte dans les ateliers de Louis J. Jobin, à Montréal, en 1930 ou 1931.

Le statuaire l’a représenté tenant une lance parce que, selon la tradition espagnole, saint Jacques prit la tête d’un escadron pour combattre les Maures, comme on appelait les habitants de la Mauritanie du temps de l’Empire de Rome.


Saint Jacques le Majeur

Jacques, fils de Zébédée, naît à Bethsaïde, en Galilée. Il s’adonne à la pêche, comme son père et son frère cadet Jean, qui deviendra saint Jean l’Évangéliste.

Les deux frères sont parmi les premiers disciples de Jésus. Après la mort du Christ, Jacques évangélise l’Espagne, dont il est aujourd’hui le saint patron.

En l’an 44, les apôtres se réunissent en concile à Jérusalem; Jacques est alors arrêté sur l’ordre d’Hérode, le tétrarque de la Galilée, et décapité. Il est le premier des douze apôtres à mourir pour la cause de l’évangélisation.

Les reliques de saint Jacques le Majeur son vénérées à Santiago de Compostela, ou Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne. Il s’agit de l’un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés de la chrétienté occidentale, et cela, depuis le IXe siècle. Le pèlerinage prit son ampleur définitive au XIe siècle, après la Reconquista.

À titre anecdotique, signalons que, dans Le Nouveau Testament, lorsque l’on énumère les apôtres, on nomme d’abord Pierre, le premier chef de l’Église, puis Jean, « le disciple que Jésus aimait », puis Jacques dit le Majeur, le premier apôtre martyr. De là vient l’expression « Pierre, Jean, Jacques » laquelle, irrévérencieuse, signifie « n’importe qui ».


Statue de saint Barthélemy, apôtre

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur inconnu, acquise par la fabrique en 1886, et repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin, à Montréal.

Le statuaire l’a représenté portant un livre symbolisant l’Évangile de saint Mathieu qu’il aurait remis aux convertis de l’Asie centrale.


S
aint Barthélemy

Barthélemy, que l’on appelle aussi, certains disent à tort, Nathanaël, était Galiléen. Il est conduit à Jésus par Philippe, apôtre, et devient, lui aussi, disciple et apôtre.

Après la mort du Christ, il prêche en Éthiopie et en Inde, puis il rejoint Philippe en Phrygie. C’est là qu’il est supplicié pour sa foi : on l’écorche vif, puis on lui coupe la tête.

En souvenir de son martyre, saint Barthélemy est souvent représenté tenant un couteau à la main. L’objet, difficile à identifier, qu’il tient dans sa main droite, est peut-être effectivement le manche d’un couteau dont la lame serait disparue.


Statue de saint Marc, apôtre et évangéliste

Statue de plâtre polychrome d’un modeleur inconnu, acquise par la fabrique en 1886, et repeinte en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin, à Montréal.

Le statuaire a représenté saint Marc en compagnie d’un lion, son attribut habituel d’évangéliste. Le plus souvent, ce lion est ailé, dans l’imagerie traditionnelle.


Saint Marc

Marc est un Hébreu, vraisemblablement natif de la province de Galilée. La tradition chrétienne veut qu’il ait été amené à Jésus par Pierre, et c’est pourquoi il suivra ce dernier dans ses voyages d’évangélisation une bonne partie de sa vie.

Après la mort du Christ, il accompagne d’abord Pierre; celui-ci l’envoie ensuite prêcher à Aquilée, une très importante ville d’Italie qui sera détruite par Attila en l’an 452.

Puis, Pierre l’envoie à Alexandrie, alors capitale de l’Égypte, pour y ériger une église principale pour les territoires du nord de l’Afrique. Vers l’an 68, il est arrêté; on l’exécute en lui passant une corde au cou et en le traînant sur un sol rocailleux.

Il est l’auteur de l’un des Évangiles dont on dit qu’il est un résumé de celui de Matthieu, et qu’il rapporte essentiellement ce que prêchait Pierre.

Son attribut principal est un lion parce que son évangile débute par le récit de la prédication de Jean le Baptiste dans le désert.


Le chemin de la Croix

Les quatorze stations du chemin de la Croix, ensembles statuaires en relief de plâtre polychrome d’un modeleur anonyme, furent commandées de Paris, d’un atelier dont nous ignorons le nom. Elles furent repeintes en 1930 ou 1931 dans les ateliers de Louis J. Jobin.

Chaque station est un don, soit d’une association à caractère religieux, soit d’individus. Il y a quelques années encore, les noms des donateurs apparaissaient au bas de chacune.

En guise d’ornements dans les cadres, les instruments du supplice : la croix, la lance, le tissu imbibé de vinaigre au bout d’un bâton, la couronne d’épines, les clous, l’échelle, le roseau tenant lieu de sceptre, le fouet, le marteau et les pinces.

Hélène Charlebois-Dumais qualifie ce chemin de Croix de « bel exemple de la statuaire de plâtre ».


La chaire

L’ambon, l’abat-voix et l’escalier sont de bois sculpté par Félix Mesnard, selon les plans des architectes Maurice Perrault et Albert Mesnard, en 1886. Le bois fut couvert de marbrure, et doré par endroits.

L’ensemble de la chaire fut rénové en 1930 ou 1931, sous les soins de Louis J. Jobin. L’entrepreneur décrit ainsi la rénovation dans son devis : « (…) seront finis imitation de marbre blanc veiné, colonnes et panneaux onyx avec ornement imitant mosaïque de verre sur fond d’or ».

L’escalier de la chaire fut repeint de couleur uniforme lors des années subséquentes, et de nouveau recouvert de marbrure en 1997-1998, lorsqu’on procèda à d’importants changements de mobilier dans le chœur.


Félix Mesnard

Notice biographique


Le lustre de la coupole

Le lustre de la coupole est de verre taillé; il fut acquis par la fabrique en 1886 grâce à un don des syndics Charles Bourdon, Joseph Duval, Léon et Alexandre Lamarre, et des marguilliers Antoine Achim, Toussaint Dubuc et Narcisse Vincent.

En 1901, on commence l’installation de l’électricité dans les résidences de Longueuil, mais ce n’est qu’en 1905 que l’église Saint-Antoine profitera de ce service. Jusqu’à cette date, le lustre principal était garni de chandelles, jusqu’à 320 dans les grandes occasions, comme lors de la messe de minuit, à Noël.


Les peintures dans le dôme

Peintures réalisées directement sur le plafond de la coupole, en 1930 ou 1931, sous la direction de Louis J. Jobin. Jusqu’aux grands travaux de rénovation de ces années-là, le dôme était peint blanc, comme le démontrent des photos anciennes. On ignore quel fut le rôle exact de Louis J. Jobin lui-même dans la réalisation de ces peintures.

Précisons qu’il ne s’agit pas de fresques, au sens premier du terme. En effet, comme le décrit bien l’origine italienne du terme, (depingere a) fresco, « peindre sur un enduit frais », la fresque est un procédé particulier qui consiste à utiliser des couleurs délayées dans l’eau sur un mortier frais auquel les couleurs s’incorporent. C’est de façon abusive que l’usage courant applique le terme à toute peinture murale d’importance.

Pour décrire les peintures du dôme et des surfaces environnantes, cédons la parole à Hélène Charlebois-Dumais.

« Dans le grand dôme, divisé en quatre parties égales, sont peints les tableaux suivants : saint Antoine enseignant la théologie à ses frères; saint Antoine et le miracle de Bourges où l’âne affamé se détourne de l’avoine présentée par son maître pour se prosterner devant le saint Sacrement présenté par saint Antoine; l’apparition de Notre-Seigneur à saint Antoine retiré pour la nuit chez le seigneur de Châteauneuf; la sainte Vierge apparaissant à saint Antoine pour le consoler et le confirmer dans sa foi à l’Assomption de la Vierge Marie. Les personnages de ces tableaux mesurent 11 pieds de hauteur.

D’autres petits tableaux, dans la cocathédrale, illustrent divers événements de la vie de saint Antoine telle que rapportée par la tradition chrétienne. Il sont décrits à la page suivante.


Les grandes orgues

Les grandes orgues que l’on trouve aujourd’hui dans la cocathédrale y furent installées lors de la grande rénovation de 1930 et 1931. Elles furent conçues, fabriquées et installées par le célèbre facteur d’orgues de Saint-Hyacinthe, Casavant Frères.

À cette occasion, la galerie ou tribune, communément appelée jubé, fut considérablement agrandie. Le nouvel aménagement libéra la grande rosace, auparavant partiellement obstruée.


Famille Casavant

Joseph Casavant naît en 1807 à Saint-Hyacinthe. Forgeron de son métier, il apprend la fabrication d’orgues d’un curé et ouvre son atelier à Saint-Hyacinthe en 1837. Associé à un autre forgeron, Augustin Lavallée, père de Calixa Lavallée, l’auteur du Ô Canada, il fabrique plusieurs orgues pour des paroisses du Bas et du Haut-Canada. Il décède en 1874.

En 1879, ses deux fils, Joseph-Claver et Samuel, créent la compagnie Casavant Frères, qui acquiert une réputation internationale. La maison existe toujours et on compte aujourd’hui plus de 4 000 orgues fabriquées dans ses ateliers et dispersées partout dans le monde.


Les vitraux

Les vitraux de la cocathédrale furent réalisés en 1886 par la maison Castle & Son, de Montréal, selon les plans des architectes Maurice Perrault et Albert Mesnard. Ce sous-contractant, comme tous les autres, fut choisi par l’entrepreneur général Eugène Fournier dit Préfontaine.

Les petits vitraux représentent les quatre évangélistes, saint Matthieu, saint Luc, saint Jean et saint Marc.

On procéda à la réfection de tous les vitraux en 1987, l’année du centenaire de l’église; les supports de plomb s’effritaient.

SHM 7534.

À suivre

   

 

 

 

 

 

Texte  
Robert GAUTHIER  

Photographies  
Régis F. TREMBLAY  

Montage et retouches  
Julie SABOURIN
  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   
   

L'intérieur de l'église Saint-Antoine avant la grande rénovation de 1930. SHM 1369.

 

Note : SHM # est la cote de l'illustration dans les archives iconographiques de la Société historique et culturelle du Marigot.

   

 

 

 

 

 

   
   
SHM 7462.
   

 

 

 

 

 

 

   

   
Louis-PhilippeHébert par lui-même. Photo parue dans l'ouvrage de Bruno Hébert, « Louis-Philippe Hébert, sculpteur ».
   

 

 

 

 

 

 

 

   
   
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Jean-Baptiste Roy, dit Audy. Collection du Musée du Québec.
   

 

 

   
   
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Louis Jobin dans son atelier, à Sainte-Anne-de-Beaupré, à l'âge de 80 ans, signé par le sculpteur.
Dessin d'Arthur Lismer, 1925, Collection Department of Mines and Resources, paru dans « Louis Jobin Statuaire, de Marius Barbeau ».
   

 

 

   
   
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Gabriel Constant, artiste peintre. Collection de l'artiste.

   

 

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Voir aussi la version en couleur sur la page couverture du livre, à la page d'accueil.

   
   
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Yvette Fillion à l'œuvre dans l'atelier de l'École des Beaux-Arts de Montréal, en 1951.
Collection de l'artiste.
   

 

 

   
   
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Dessin tiré de la Vie de St-Antoine de Padoue, d'A. de Condé, parue en 1896.
   

 

 

   
   
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