Chapitre 4

 

La vie municipale 1845-1999

 

Galerie de photos

 

Les débuts de la Municipalité de la paroisse de Saint-Antoine

L’histoire politique du territoire de LeMoyne commence en 1845 alors que le Parlement adopte la loi 8 Victoria, chapitre 40. Le territoire de la municipalité de la paroisse de Saint-Antoine de Longueuil est alors très vaste, couvrant la superficie de la paroisse canonique telle qu’érigée civilement en 1722. Le but premier de la création de cette institution paroissiale est de délimiter un territoire pour y assurer des services religieux et y percevoir certains droits comme la dîme. Grossièrement, la municipalité comprendrait aujourd’hui les villes de Longueuil, de Saint-Hubert, de Saint-Lambert, de Greenfield Park et, évidemment, de LeMoyne. Le premier maire, choisi par les échevins, est Hipolite Brosseau; il ne siège pas longtemps puisque les municipalités de paroisse sont abolies dès le mois de septembre 1847. Le territoire est alors incorporé à la Municipalité du comté de Chambly. La Municipalité de la paroisse de Saint-Antoine de Longueuil refait surface en 1855, amputée du Village de Longueuil qui s’est constitué en municipalité
en 1848.¸


Le morcellement du territoire

Au cours de son histoire, la municipalité de la paroisse a perdu de nombreuses parties de son territoire. Des groupes de citoyens ont en effet obtenu de créer de nouvelles municipalités, balkanisant ainsi de façon substantielle le territoire original. Le 1er juillet 1857 (20 Vict., c. 132), elle perd le territoire de Saint-Lambert qui devint ainsi la Municipalité de Saint-Lambert.

Le 31 décembre 1860 (23 Vict., c. 79), elle perd cette fois le secteur de Saint-Hubert. Cette dernière devient Ville de Saint-Hubert en 1958.

De 1877 à 1916, on élit, pour un mandat de trois ans, deux conseillers chaque année, et trois conseillers la troisième année. Le maire est toujours nommé par résolution, parmi les conseillers.

Le 13 janvier 1906, le secteur de Montréal-Sud se détache de la Municipalité de la paroisse de Saint-Antoine de Longueuil. La municipalité de village devient Ville de Montréal-Sud en 1911 (1 Geo. V, 2e Session, c. 70, a).

Le 24 mars 1911 (1 Geo. V, 2e Session, c. 68), c’est au tour de la Ville de Greenfield Park.


Le fonctionnement de la Municipalité de la paroisse de Saint-Antoine

De 1917 à 1947, on élit trois conseillers chaque année pour un mandat de deux ans. Le mandat du maire est aussi de deux ans. La population des quartiers de Saint-Maxime et de Saint-Josaphat est représentée par des échevins aux sièges no 2 et no 3. En 1926, le vote secret est introduit et on numérote le siège de chacun des conseillers.

Les élections se tenaient jusque-là au second étage du bureau d’enregistrement, soit dans les locaux actuels de la Société historique du Marigot, au
440, chemin de Chambly.

En 1923, les premières bornes-fontaines apparaissent sur la rue Charron et, deux ans plus tard, sur les rues de l’Église et Saint-Pierre. Les boyaux à incendie sont alors entreposés chez des citoyens, comme ce sera le cas, en 1929, chez Alfred Fournier ou encore, en 1932, chez Maurice Dumoulin. En 1932, on construit un hangar qui sert d’entrepôt pour le matériel des pompiers.

En 1928, le président de la commission des services publics à Québec, Adrien Beaudry, dépose un jugement dans lequel il ordonne que la Cité de Saint-Lambert approvisionne en eau le territoire de Saint-Josaphat. Les citoyens de Saint-Josaphat paieront 0,25 $ le mille gallons d’eau, et 4 $ par logement pour les égouts. En 1934, un service de pompiers volontaires est créé à Saint-Maxime, sous la direction du capitaine Henri Ménard. Ce sont les citoyens de Saint-Maxime qui ontacheté, en 1932, leur premier camion à incendie, un Chevrolet 1927, à la suite de deux incendies importants. Élie Charron donne la cloche d’alarme pour le camion. Ce camion sera acheté, en 1944, par les pompiers de la paroisse de Saint-Josaphat.

Pendant la crise économique des années 1930, un système de secours direct fut instauré pour aider les plus démunis. Chez les familles subventionnées, le père et la mère recevaient 1 $ chacun par semaine, alors que chaque enfant recevait 0,75 $ par semaine. Pour le chauffage, on attribuait aux familles pauvres une demi-tonne de bois et une demi-tonne de charbon.

En 1936, le conseil municipal demande à son constable, Amédée Cyr, qui a quitté son emploi, de remettre son revolver, son bâton, sa casquette et ses épaulettes; il conserve toutefois son costume, mais les boutons doivent cependant être rendus!

Durant les années 1930, la Municipalité de la paroisse ne compte, pour toute la gestion de son administration, qu’un seul employé rémunéré, le secrétaire. Ce dernier doit cependant payer le loyer, les timbres, les appels téléphoniques et la papeterie, sans compter qu’il est considéré comme le responsable de l’information et doit donc être disponible six jours par semaine, de 9 h à 18 h. Pire, le secrétaire-trésorier, Émilien Brais, a dû attendre cinq ans avant d’obtenir, rétroactivement, en 1932, son salaire, soit 7 580 $!

Le 10 mai 1947, par la loi 12 Geo. VI, chapitre 80, la Municipalité de la paroisse de Saint-Antoine s’éteint pour devenir la Ville de Jacques-Cartier, mais amputée du territoire de la nouvelle municipalité de Mackayville, nommée plus tard Laflèche.

Lieux de votation

1931

L’élection de 1931, dans Saint-Maxime, se tint chez Charles Sicotte, charretier, au 131, rue Saint-Louis. Léonidas Mailloux, employé du CNR, qui résidait au 85, rue Saint-Louis, agit comme vice-président et Raoul Grenier, marchand, demeurant au 5, rue saint-Louis, fut le greffier. Olivier Brassard, boucher, fut le constable.

1932 et 1934

Les élections de 1932 et de 1934, dans Saint-Josaphat, se tinrent chez Émile Mercille, au 37, rue Saint-Pierrre. Le greffier fut Roger Mercille et le constable, Elzéar Descôtes.

1935

L’élection de 1935, dans Saint-Maxime, se tint chez Édouard Beauchamp, au 177, rue Saint-Louis. Tout comme en 1931, Léonidas Mailloux agit comme vice-président et Raoul Grenier fut le greffier.

1942 et 1944

Les élections de 1942 et de 1944, dans Saint-Josaphat, se tinrent chez Alexandre Dumoulin, au 51, rue Saint-Alexandre. Le vice-président fut Origène Mercille et le greffier, Josaphat Lamarre.

1946

L’élection de 1946, dans Saint-Josaphat, se tint chez Émile Mercille, au 77, rue Saint-Pierre. Roger Lamarre fut le greffier et Émile Mercille, le vice-président.

 

La création de LeMoyne

Dès le 18 décembre 1948, Henri Sicotte, rentier, Hermégilde Fournier, entrepreneur, et Wilfrid Martin, forgeron, s’adressent à la Couronne pour former la Ville de LeMoyne. La vogue est manifestement au morcellement du territoire de la municipalité de la paroisse de Saint-Antoine de Longueuil: Mackayville, en 1947, puis Préville, en 1948, avaient donné le ton. Du territoire de la municipalité de la paroisse, le secteur de LeMoyne était celui qui avait été le mieux servi au plan des infrastructures municipales. Or, le reste de la nouvelle ville de Jacques-Cartier connaît un fort développement démographique, engendrant même un phénomène de ville champignon. Les infrastructures municipales sont quasi inexistantes : ni système d’aqueduc, ni égouts, à peu près aucune rue pavée, service d’électricité insuffisant, etc. C’est donc pour éviter de se retrouver prisonniers de cette situation que les citoyens de Saint-Josaphat et de Saint-Maxime s’unissent pour fonder la Ville de LeMoyne, le 10 mars 1949. De plus, depuis la création de la deuxième Municipalité de la paroisse de Saint-Antoine, en 1855, seul Louis Bétournay, du secteur de Saint-Maxime, occupa le poste de maire, de 1903 à 1905.

Henri Sicotte a l’honneur, le 12 avril 1949, de devenir, par décret, le premier maire de la nouvelle ville. Les conseillers sont Jacques Comtois, Henri Drouin, Herménégilde Fournier, Raoul Grenier, Wilfrid Martin et Joseph Sénéchal. Les premiers bureaux municipaux sont alors logés dans le vestibule de l’école Saint- Maximilien, qui, dirigée par les Clercs de Saint-Viateur, devient l’école du Sacré-Coeur, à l’été de 1949. Ils sont ensuite déménagés, au début de l’année 1951, dans la partie neuve de l’atelier de Gérard Sicotte, rue Laurier. On y loge alors la nouvelle voiture de police, ainsi que le camion à incendie.

La Ville entreprend sa vie municipale avec une dette de 118 000 $ envers la Ville de Jacques-Cartier; les édiles municipaux tenteront par tous les moyens de la rembourser rapidement.

En 1949, le principal problème de la Ville est celui des mauvaises odeurs dégagées par la Longueuil Meat Exporting.

Les moeurs sont sévères : un couvre-feu sonne à 21 heures, et aucun enfant ne peut alors se promener dans les rues sans ses parents.

Au mois de juin 1949, l’échevin Jacques Comtois démissionne pour occuper le poste de secrétaire de la Ville, en remplacement de Gaétan Viger. Il est remplacé comme échevin par Gérard A. Tittley.

 

Les premières élections et le premier mandat des élus

Le premier appel au peuple en vue d’élire un nouveau conseil municipal a lieu le mercredi 1er février 1950. Plus de 80 % des électeurs se prévalent de leur droit de vote.

C’est Me Cecil McNaughten qui assermente le maire Henri Sicotte; celui-ci fait ensuite prêter serment aux conseillers, par ordre de numéro de siège.
Le premier budget de la Ville s’élève à 19 573 $; il est établi en fonction d’une évaluation municipale de 2 134 200 $. Le taux de taxation est alors de 0,80 $ par 100 $ d’évaluation.

À l’époque, il y a trois constables bénévoles : Hormidas Guay, Georges-Étienne Mouton et Germain Poissant. Le chef de police, Émile Fecteau, reçoit un salaire d’environ 100 $ par année. Il est remplacé, le 19 juin 1950, par Weston Prindle, auparavant du service de la police de Montréal-Sud. Émile Fecteau demeure dans le service de la police à titre de capitaine. Quelques semaines après son entrée en fonction, le nouveau chef de police voit son service doté d’une Dodge neuve, bénie par le curé de Saint-Maxime. Il ne s’entend cependant pas avec les pompiers volontaires, qui exigent son départ.

Au printemps de 1950, la ville subit des inondations. Au mois de mai, le conseiller Albert Castonguay démissionne. À la fin du mois de décembre, le conseil procède à l’achat d’un camion à incendie muni d’une pompe.

Aux élections de 1951, le maire Henri Sicotte est réélu. Le conseil se compose alors des échevins Paul Asselin, Albert Bélanger, Roger Leblanc, Henri Ménard, Gérard A. Tittley et Édouard Sylvestre.

Le maire Henri Sicotte est gravement malade et la contestation des citoyens, quant au changement du nom de la rue Laurier pour celui de Sicotte, ne l’aide certes pas à recouvrer la santé.

Au mois d’avril, l’échevin Alphonse Savoie, toujours absent à cause de son travail, doit se résoudre à remettre sa démission. Une élection complémentaire se tient donc le lundi 23 avril 1951. M. Albert Bélanger, marchand de la rue Saint-Louis, est alors élu par acclamation au siège no 1.

Les premiers feux de circulation sont installés à l’angle des rues Saint-Louis et Victoria.

En 1952, le budget est de 34 722,60 $. Le taux de taxation est de 1,20 $ par 100 $ d’évaluation.

Le maire Henri Sicotte se retire alors de la vie politique. Environ 200 citoyens le fêtent et lui remettent un chèque de 200 $. Le premier ministre Maurice Duplessis lui fait parvenir, par l’entremise du député Redmond Roche, une boîte de cigares.

 


Les années 50

Albert Bélanger devient le nouveau maire. Les échevins sont Paul Asselin, Jean Bariteau, Albert Brière, Henri Ménard, Louis Sicotte et Édouard Sylvestre.

Toujours en 1952, LeMoyne modifie pour la deuxième fois le numérotage des
maisons.

En 1953, Isidore Giroux remplace Louis Sicotte comme échevin. Le 11 décembre, l’Assemblée législative du Québec adopte une loi modifiant la charte de la Ville de LeMoyne. La ville est dorénavant divisée en six quartiers électoraux.

En 1954, le maire de la Ville se voit octroyer un salaire de 500 $ par année, et les échevins, de 200 $.

À la fin du mois de janvier, le conseiller Henri Ménard démissionne, en désaccord sur le mode de gestion de la Ville.

Le budget de l’année 1954 passe à 46 604,75 $. Aux élections, tous les sièges sont alors en jeu.

Les citoyens votent dans les deux écoles de la ville. Jean Bariteau est élu maire avec 249 voix de majorité sur le maire sortant, Albert Bélanger. Antoine Sicotte, dans le district no 1, l’emporte par une majorité de huit voix sur Isidore Giroux. Dans le district no 2, le vote est égal entre Émile Bélanger et Marcel Beauvais : le secrétaire Jacques Comtois vote pour Émile Bélanger qui est déclaré élu. Paul Asselin bat J. P. St-Pierre par neuf voix, dans le district no 3. Édouard Sylvestre, dans le district no 5, défait M. Ducharme par 10 voix. Charlemagne Lamarre, dans le district no 4, et Albert Brière, dans le district no 6, sont élus par acclamation.

À la suite de nombreuses plaintes contre le chef de police Weston Prindle, le conseil municipal nomme Maurice Dumoulin à cette fonction névralgique.

Le mardi 23 août 1955, le magasin d’alimentation Thrift, situé sur le boulevard Taschereau, à l’angle de la rue Saint-Thomas, ouvre ses portes. Après des années de divergences, on s’entend finalement pour changer le nom de la rue Elm en celui d’Henri-Sicotte. Les ruelles commencent alors à disparaître à la suite d’un règlement municipal à cet effet.

La Société Saint-Jean-Baptiste est particulièrement active par ses causeries et ses concours.

LeMoyne compte 2 663 personnes comparativement à 2 605 l’année précédente.

L’année 1957 est celle du tricentenaire de la fondation de la seigneurie de Longueuil, dans laquelle se situait le territoire de l’actuelle ville de LeMoyne. La Ville souligne sa participation en plaçant une annonce publicitaire dans l’album-souvenir des célébrations du tricentenaire, surtout organisées par la Cité de Longueuil. On y souligne que LeMoyne compte alors 6 200 âmes, et que l’évaluation se chiffre à 8 900 000 $.

Les membres du nouveau conseil sont assermentés le 7 mai 1957. Jean Bariteau demeure le maire de la Ville en l’emportant par 688 votes contre 465 pour son adversaire, l’échevin sortant Antoine Sicotte. Le conseil municipal est formé de Clément Beauvais, dans le district no 1, qui a battu Isidore Giroux par 155 votes contre 130; d’Émile Bélanger, dans le district no 2, qui a récolté 84 votes contre 79 pour Lauréat Huard; de Roger Faille, dans le district no 3, qui a battu l’échevin sortant Paul Asselin par 113 votes contre 107; de Charlemagne Lamarre, dans le district no 4, réélu en l’emportant facilement par 116 votes contre 22 pour Roger Leblanc; d’Édouard Sylvestre, dans le district no 5, vainqueur après un recomptage,
contre Maximin Ducharme, les deux ayant d’abord récolté 71 votes; d’Albert Brière, dans le district no 6, avec 131 votes contre 55 pour Aurèle Barrière. Ce conseil demeurera inchangé jusqu’au mois de mai 1963. Il est à noter que c’était une tradition de faire brûler des bonhommes de paille devant les résidences de ceux qui avaient perdu leurs élections.

Les policiers de la ville, sous la direction de Maurice Dumoulin, sont alors payés 50 $ par semaine. Le chef des pompiers est René Monchamp.

Le nom du boulevard Curé-Roy est modifié en celui de rue Roy.

Le 15 novembre 1958, la pharmacie Drouin ouvre ses portes au 157, rue Saint-Louis; puis c’est l’ouverture, sur la même rue, du magasin de meubles Talbot.

De 1955 à 1960, un important projet voit le jour : la construction des Terrasses Roywood, par Immeuble Construction Richelieu, une compagnie appartenant à l’ancien député fédéral Auguste Vincent.


Les années 1960

Les élections de 1963 réservent des surprises. Le maire Jean Bariteau reste en place pour un quatrième mandat, mais le reste du conseil est radicalement changé.

Des changements majeurs sont apportés au service de police qui passe maintenant sous la juridiction de Saint-Lambert. En conséquence, en 1964, la cour municipale de LeMoyne est abolie.

En 1965, le conseil municipal adopte un règlement interdisant les salles de danse.

En 1966, le conseil est composé du maire Jean Bariteau et des échevins Lucien Bourdages, André Charpentier, Lauréat Huard, Roger Fortier, Charlemagne Lamarre et Odilon Laforest.

En 1967, année de l’Exposition universelle, les citoyens ont à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Les citoyens ont en effet un nouvel hôtel de ville, mais ils apprennent avec stupéfaction le décès du maire Jean Bariteau. Il est remplacé, au mois de juin, par André Charpentier. Le conseil est alors composé ainsi : Lucien Bourdages, Stanislas Dodier, Gaston Fournier, Odilon Laforest, Charlemagne Lamarre et Paul Raymond.


Les années 1970

En 1971, la partie comprise entre les rues Victoria et Laurier, désignée sous le nom de rue Roy, devient la Place Richelieu. Les conseillers sont les mêmes qu’en 1967 et ce conseil demeure inchangé jusqu’en 1973.

En 1972, les employés municipaux font la grève à partir du 17 mars, à la suite de mésententes sur la sécurité d’emploi et la durée de la semaine de travail.

En 1973, le maire André Charpentier l’emporte par une majorité écrasante de 1 448 votes sur Joseph Beausoleil qui n’obtient que 200 votes. Le conseiller Lucien Bourdages est battu par Paul Fisette, par 291 votes contre 145. Lionel Paquette bat également le conseiller sortant Odilon Laforest, par 240 votes contre 140. Les autres candidats sont élus par acclamation. En 1973 et 1975, le conseil municipal est donc formé des échevins suivants : quartier no 1, Gaston Fournier; quartier no 2, Jean-Paul Grenier; quartier no 3, Jacques Méthot; quartier no 4, Roger Martin; quartier no 5, Lionel Paquette; quartier no 6, Paul Fisette.

En 1975, on inaugure la maison Jean-Bariteau, située au 1800, rue Saint-Thomas, près de la rue Saint-Georges. L’édifice compte alors 43 logements. Le bâtiment a été financé à 90 % par l’Office d’habitation du Québec; le coût total en est de 670 000 $. Il est géré par l’Office d’habitation de LeMoyne.

En 1975, le maire André Charpentier démissionne de son poste de président de l’Office municipal d’habitation de LeMoyne, où il est remplacé par Guy Lacoste. Le conseil crée, le 4 novembre 1975, le poste de gérant de la Ville, au salaire de 20 500 $ par année, poste octroyé à Gilles Séguin. Le 16 mars 1976, Claude Chainey est nommé directeur des loisirs de LeMoyne.

La Ville de LeMoyne conclut une entente avec la Ville de Saint-Lambert pour la distribution de l’eau potable. Cette entente lie les parties jusqu’en 1999. En 1976, la Ville de LeMoyne et celle de Saint-Hubert concluent un accord cédant à cette dernière la responsabilité des services de police sur le territoire de LeMoyne. Cet accord sera renouvelé en 1992 et en 1997.

Le 22 janvier 1977, l’école Sacré-Coeur, située sur la rue Cartier, est détruite par un incendie.

Toujours en 1977, le secrétaire-trésorier Jacques Comtois, en poste depuis juin 1949, prend sa retraite. Il est remplacé par André Bellefeuille. Le maire André Charpentier prend l’initiative de relancer le projet de fusion avec Saint-Lambert, suscitant le mécontentement de certains conseillers.

Le maire André Charpentier se retire de la vie politique au mois de mai 1977, cinq mois avant la fin de son mandat. Un désaccord sur les modalités du remboursement de ses dépenses est à l’origine de son départ.

Lors des élections du 6 novembre 1977, Michel Sicotte est élu maire de LeMoyne par 1 722 votes contre 300 pour Gaston Fournier, et 269 pour Jean-Paul Beaulieu.

Le maire reçoit alors un salaire de 5 000 $ par année, et les conseillers, de 2 000 $. Les résultats aux postes de conseillers sont les suivants : quartier no 1, Paul Archambault l’emporte en récoltant 395 votes contre 107 pour Wilfrid Meunier et 70 pour Claude Thibault; quartier no 2, Jacques Vachon défait le conseiller sortant Jean-Paul Grenier en obtenant 238 votes contre 83 pour Jean-Paul Grenier et 61 pour Richard Kirby; quartier no 3, Eddie McCaughey récolte 255 votes contre 228 pour Guy Larocque et 80 pour René Longpré; quartier no 4, Roger Martin est élu par acclamation; quartier no 5, Lionel Paquette remporte l’élection par 155 votes contre 110 pour Ernest Graveline; quartier no 6, André Bergeron, avec ses 235 votes, défait le conseiller sortant Paul Fisette qui n’obtint que 143 votes.

À la suite de la démission, pour cause de santé, au mois de décembre, du chef des pompiers volontaires, Théodore Ravary, le conseil municipal nomme, au mois de février 1978, Claude Beauvais au poste de directeur à temps partiel du Service des incendies de LeMoyne. Par ailleurs, le Service des loisirs est intégré aux services de la Ville et déménage à l’hôtel de ville. Finalement, le conseiller Jacques Vachon démissionne au mois de décembre 1979, et est remplacé, au mois de mars 1980, par Louise Gravel qui l’emporte par huit voix sur Mario Lebrun.


Les années 1980

En 1980, la Ville de LeMoyne conclut un accord avec la Ville de Saint-Lambert pour que les citoyens de LeMoyne aient accès à la bibliothèque municipale de Saint-Lambert, située au 490, avenue Mercille, à la piscine intérieure du 325, rue L’Espérance, et à la patinoire intérieure du 616, avenue Oak.

Au début de l’année 1981, la Ville acquiert un camion à incendie. La caserne des pompiers est totalement rénovée, grâce à plus de 4 000 heures de bénévolat.

Le recensement de 1981 nous indique que la ville de LeMoyne a perdu une partie importante de population dans les années 1970. Les chiffres de son évolution démographique, selon les données des recensements, sont concluants :

1951 4 078 personnes
1961 8 057 "
1971 8 184 "
1981 6 137 "

On constate donc que la population de LeMoyne a doublé entre 1951 et 1961, puis a arrêté sa croissance dans les années 1960 et a subi une baisse dramatique au cours des années 1970. Une explication plausible de cette baisse pourrait être que les enfants des familles nombreuses de LeMoyne ont quitté le territoire puisqu’ils n’ont pu trouver à se loger dans une ville saturée au plan domiciliaire; par ailleurs, la diminution significative du nombre d’enfants par famille a certes été aussi un facteur déterminant.

Au mois de novembre 1981, Louise Gravel devient la première femme à occuper le poste de maire. Elle récolte 1 241 votes contre 274 pour Jean-Claude Filion, et 146 pour C. Émard.

Les conseillers élus sont : quartier no 1, Jean-Marie Champagne, par acclamation; quartier no 2, Mario Lebrun, avocat de 22 ans; quartier no 3, Guy Larocque; quartier no 4, Estelle Mouton, par acclamation; quartier no 5, Lionel Paquette, et quartier no 6, Roger Martin.

Une alliance est cependant formée entre Estelle Mouton, Guy Larocque, Roger Martin et Lionel Paquette. Mario Lebrun et Jean-Marie Champagne étaient identifiés à la mairesse Louise Gravel.

En 1982, l’école Mgr-Payette ferme ses portes et l’édifice abrite l’école Sainte-Agnès. Par ailleurs les employés municipaux font une grève de 19 semaines.

En 1984, le conseil municipal accepte de se joindre aux villes avoisinantes pour contribuer à la construction, à l’entretien et à l’exploitation d’un réseau d’acheminement, de traitement et de disposition des eaux usées des villes de Brossard, de Boucherville, de Greenfield Park, de LeMoyne, de Longueuil, de Saint-Hubert et de Saint-Lambert. Les frais d’exploitation, en 1993, seront ainsi répartis :

Boucherville 12 %
Brossard 18 %
Greenfield Park 5 %
LeMoyne 1 %
Longueuil 38 %
Saint-Hubert 20 %
Saint-Lambert 6 %

Au début du mois de mars 1984, pour la première fois de l’histoire de la ville, on entreprend une étude de faisabilité d’une fusion avec la Ville de Saint-Lambert. La mairesse Louise Gravel, deux conseillers, le directeur général, Gilles Séguin, et le secrétaire-trésorier, André Bellefeuille, forment ce comité. La Ville reçoit, le 21 août, le rapport de la Ville de Saint-Lambert sur les implications financières d’une telle fusion.

Au mois de septembre, une entente intervient entre la Ville et son directeur général, Gilles Séguin, qui quitte ses fonctions moyennant une prime de départ de 50 000 $.

À l’élection générale de 1985, Louise Gravel voit son mandat renouvelé par acclamation. Les postes de conseillers sont également tous comblés par acclamation : quartier no 1, Jean-Marie Champagne; quartier no 2, Guy Carbonneau; quartier no 3, Eddie McCaughey; quartier no 4, Estelle Mouton; quartier no 5, Lionel Paquette; quartier no 6, Georges Cloutier.

La Ville procède à l’aménagement du parc-école Sainte-Agnès, à la réfection du stationnement et au revêtement extérieur du centre Sénéchal.

Au mois d’avril 1986, le conseiller Jean-Marie Champagne, âgé de 54 ans, meurt subitement. Il est remplacé, au mois de juin 1986, par Roger Beauvais.

Le directeur des incendies, Claude Beauvais, en fonction à temps partiel depuis 1978, remet sa démission. Yves Lanthier lui succède jusqu’à son décès en 1990. Noël Vaillancourt prend alors la relève.

À l’élection générale de 1989, Louise Gravel domine encore largement le scrutin en recueillant 1 219 votes contre 525 pour Claude Beauvais, 156 pour Lionel Paquette et 39 pour Jean-Claude Filion.

Dans le quartier no 3, Eddie McCaughey obtient 285 votes contre 180 pour Ghyslaine Bergeron. Dans le quartier no 4, Estelle Mouton recueille 134 votes contre 71 pour Pierre Lapointe et, dans le quartier no 5, Guy Charpentier l’emporte avec 137 votes contre 82 pour Michel Térrault. La rémunération pour le poste de maire est maintenant de 12 000 $, plus un compte de dépenses de 6 000 $, et celle des conseillers, de 4 000 $, plus une allocation de dépenses de 2 000 $.

Toujours en 1989, la Ville entame une campagne d’amélioration de l’environnement en donnant arbres et arbustes à ses citoyens.


Les années 1990

Le recensement de 1991 nous trace un portrait assez précis de la composition sociale de la ville. LeMoyne est essentiellement francophone, comme en témoignent ces données sur la langue parlée à la maison :

Français 4 935
Anglais 295
Italien 60
Espagnol 10
Grec 10
Autres 50

LeMoyne n’est pas une ville qui attire les immigrants. Pire, on enregistre une chute dramatique de la venue de membres de minorités culturelles depuis une vingtaine d’années.

Immigration totale avant 1961 60
Immigration totale 1961-1970 50
Immigration totale 1971-1980 60
Immigration totale 1981-1991 25

Sur le plan économique, le taux de chômage, en 1991, est de 15 %. Le salaire annuel moyen des hommes est de 30 884 $, comparativement à 35 077 $ chez les Longueuillois.

En 1992, le conseil municipal vote une résolution qui prohibe l’usage du sifflet de locomotive au passage à niveau de la rue Saint-Georges. La Ville de Saint-Lambert adopte un règlement identique. La Ville accepte de s’associer aux villes de Saint- Lambert et de Brossard pour défrayer 50 % des frais d’exploitation de la piste cyclable reliant l’île Notre-Dame à la Rive-Sud. Les autres 50 % sont défrayés par la Ville de Montréal.

Au mois de mai 1993, le CLSC Samuel-de-Champlain dévoile les résultats d’une étude-choc. Selon ce rapport, en 1987, à LeMoyne, une personne sur sept vivait de l’aide sociale, alors qu’une personne sur cinq était en chômage. D’autre part, près d’une famille sur trois disposait d’un revenu de moins de 15 000 $ par année, et près d’une personne sur trois consacrait près de 50 % de ses revenus au loyer. On aura deviné que la réponse immédiate des élus fut de dire que, si la population était monétairement pauvre, elle était riche sur le plan humain. Par ailleurs, 75 % des familles sont des locataires, contre 38 % pour l’ensemble de la Rive-Sud. La seule contestation de l’année porte sur l’acquisition d’une souffleuse à neige qui oblige la Ville à emprunter 325 000 $. Comme il fallait s’y attendre un peu, 294 citoyens signent le registre pour s’opposer à cet emprunt; mais il aurait fallu 316 signatures pour bloquer le projet.

Le dimanche 7 novembre 1993, un nouveau conseil municipal est élu. Le maire Guy Talbot, d’Équipe Action LeMoyne, obtient 986 votes contre 705 pour Alain Lemay, 164 pour Dyan Chevrier Coursol et 33 pour Jean-Claude Filion. C’était la première fois, dans l’histoire de LeMoyne, qu’une formation politique présentait des candidats à chacun des sièges en jeu.

Martine Giguère, 29 ans, représente à elle seule toute l’opposition.

Au mois de juin 1994, on change le système d’éclairage des rues, optant pour les lampes au sodium.

Au mois d’août 1994, la famille Grenier-Ledoux, de la rue Curé-Guay, est nommée la famille de l’année à LeMoyne, dans le cadre de l’Année internationale de la famille. Les parents élèvent sept enfants.

Au mois de septembre, Linda Marcotte annonce qu’elle quitte l’Équipe Action LeMoyne pour siéger comme indépendante.

Le 2 novembre 1994, Michel Barbier devient le directeur des loisirs de LeMoyne.

Au mois de mai 1995, la Ville implante un service de cueillette sélective des rebuts. En avril 1996, la conseillère du quartier no 2, Martine Giguère, décède. Le 5 novembre 1996, Raymond Dodier lui succède. La Ville dévoile son logo, une oeuvre de Nathalie Michaud.

Toujours en 1996, une étude révèle que 91 % des 5 412 citoyens de LeMoyne parlent le français, et 9 % l’anglais. La Ville compte 196 établissements commerciaux. Le taux de chômage est alors de 14,1 % comparativement à 10,4 % dans l’ensemble de la MRC de Champlain, et à 11,8 % à Longueuil. La population de LeMoyne a baissé de 6,7 % depuis le recensement de 1991, passant de 5 412 habitants à 5 052.

En 1997, la Ville conclut un accord avec la Ville de Saint-Hubert pour créer la cour municipale de Saint-Hubert. Le maire Talbot est très actif dans le dossier du renouvellement du contrat du centre d’épuration Rive-Sud, et dénonce le comportement de la Ville de Longueuil dans ce dossier.


Le conseil actuel

Lors des élections générales du 2 novembre 1997, le maire Guy Talbot est réélu avec une majorité de 664 votes. Son opposante, Dyan C. Coursol, se présentait à la mairie pour la seconde fois; elle s’était ouvertement prononcée en faveur d’une fusion avec la Ville de Saint-Lambert, alors que le maire Guy Talbot faisait plutôt preuve d’une certaine réserve dans ce dossier.

L’année 1998 aura manifestement été celle du verglas et de ses conséquences dramatiques, notamment pour les personnes âgées.

L’année 1999, elle, est celle des célébrations du 50e anniversaire de la Ville de LeMoyne.