Chroniques de la Rive-Sud 1947-1997

Michel Pratt


La quasi totalité de cette chronique a été originalement publiée dans le Courrier du Sud dans le cadre du 50e anniversaire de l'hebdomadaire.


1973- Le projet de la base de plein-air se met en branle

Le Courrier du Sud, dont le tirage est maintenant de 85 000 exemplaires, engage Lucien Beauregard au poste de rédacteur en chef.

L'élection provinciale du 29 octobre est éprouvante pour les péquistes. Alors que leur proportion du vote populaire passe de 23 à 30 %, ils ne font élire que six députés, soit un de moins qu'en 1970. À Longueuil, l'élection donne lieu, dans la nouvelle circonscription de Laporte, qui comprend notamment le Vieux-Longueuil, à de nombreux accrochages et la violence est au rendez-vous. Pierre Marois livre une chaude lutte à André Déom. Ce dernier l'emporte toutefois par 17 427 voix contre 17 055 pour Marois, 1 846 pour le candidat créditiste Marcel Théoret et 641 voix pour le candidat de l'Union nationale, Marcel L'Écuyer. Dans la circonscription de Taillon, Guy Leduc l'emporte de justesse sur le péquiste et syndicaliste Guy Bisaillon en obtenant 18 346 voix contre 17 769; le candidat Bernard-E. Laplante récolte 2 546 votes et le candidat de l'Union nationale, Jean-Paul Paré, 550.

Claude Doyon entre officiellement en fonction le 1er janvier comme le premier urbaniste de la Ville de Longueuil.

Membre d'office du Conseil d'administration, en tant que maire, M. Robidas devient commissaire, le 28 mars, à la Commission de transport de la Rive-Sud de Montréal, poste qu'il occupera jusqu'au 19 février 1980.

Le projet de la Base de plein air se met en branle et les ingénieurs Gilles Mercille et Jean Tétreault obtiennent la direction du projet dans le but de soumettre une étude complète des possibilités de développement de ce secteur, à l'est de la rue Adoncour.

La Ville défraye également, au coût de 177 000 $, les coûts de la passerelle reliant le métro à l'édifice Port-de-Mer; cette passerelle sera construite selon les plans de l'architecte Jean Grondin.

La Ville acquiert, d'Alice Gareau Brais, la maison Rollin-Brais, sur le chemin de Chambly, à l'angle de la rue Saint-André. Cette maison sera rénovée selon les plans de l'architecte Jacques Béique.

On construit le poste de police à l'angle des rues Curé-Poirier et Joliette, au coût de 82 000 $.

Dans le secteur immobilier, ce fut la construction, dans une certaine controverse, de l'hôtel Sheraton, sur l'île Charron, selon les plans des architectes Boudrias, Boudreau et St-Jean qui conçoivent également, cette année-là, les plans de l'édifice le Carignan.

La Commission scolaire Jacques-Cartier fait construire l'école primaire de Gentilly au 1280, rue Beauharnois, dans le secteur de la paroisse de Saint-François-de-Sales. L'école Jeanne-Leber cesse, quant à elle, ses activités. L'école Sainte-Louise-de-Marillac, au 902 Gardenville, est détruite par un incendie mais n'est pas reconstruite. L'école protestante Hazel Cross, sur la rue Caroline, est cédée à la Ville, puisdémolie.

Les frères de l'Instruction chrétienne quittent le secteur de la paroisse de Notre-Dame-de-la-Garde dont ils avaient pris en charge une partie de l'éducation, à partir de 1948, en enseignant notamment aux écoles Saint-Ernest et Paul-de-Maricourt.

La Chambre de commerce de la Rive-Sud voit le jour suite au regroupement de diverses Chambres de commerce locales. Henri Lessard devient le premier président du nouvel organisme du milieu des affaires.

À Saint-Hubert, la commission scolaire Taillon ferme les portes de l'école primaire Sacré-Coeur. La Ville de Saint-Hubert acquiert l'édifice qu'elle transfromera en Centre culturel Bienville.

À Brossard, on inaugure la polyvalente Antoine-Brossard, sur la rue Rome.

À Lemoyne, le maire André Charpentier est facilement reporté au pouvoir.

À Saint-Lambert, les conseillers élisent Guy Bouchat au poste de maire, en remplacement de Joseph A. Lalonde. On entame la construction de la première phase du cégep Champlain.

Décès
Jazzar, Georges-A., fondateur de la chaîne de commerces Jazzar.
Lord, Julien, maire de Jacques-Cartier de 1955 à 1957.
Xhignesse, Gustave, premier fleuriste de Longueuil, installé sur le chemin de Chambly au début des années 1930.


1974

L'activité sur la scène municipale longueuilloise est mouvementée. Encore une élection à trois candidats. Marcel Robidas, le maire sortant, affronte Gilles Gravel et Robert Boiteau. Le maire fait sa campagne sur ses réalisations, notamment sur son influence comme président de l'Office d'Habitation et sur le thème de l'environnement. Gilles Gravel, conseiller municipal de Longueuil de 1966 à 1974, fait surtout campagne sur les loisirs alors que Robert Boiteau, greffier de la Cité de Jacques-Cartier de 1963 à 1969 et de Longueuil de 1969 à 1970, axe sa campagne sur les thèmes Humanisme-Dynamisme-Modernisme. Le maire fait campagne seul, mais bénificie de l'appui du Parti québécois, affrontant ainsi la puissante machine électorale du Parti libéral de la circonscription de Taillon. La division du vote permet manifestement à Marcel Robidas de conserver la mairie, mais il ne récolte que 35 % des suffrages exprimés. Paul-Auguste Briand, Gilles Leduc, Fernand Bouffard et Jacques Bouchard conservent leur poste. P.A. Baril et Gilles Déry obtiennent chacun 1 617 votes dans le quartier no 2; après recomptage, Pierre.-A. Baril obtient une majorité de neuf voix. Parmi les autres sièges, André Létourneau et Marc Decelles font leur entrée sur la scène politique alors que Paul-Émile Paquin perd son poste aux mains de Jacques Laplante. Les candidats plutôt sympathiques au maire sont battus dans cette élection où le taux de participation ne fut que de 30,5 %, comparativement à 44 %, en 1970.

M. Robidas prend position, dès le début du conflit, en faveur des travailleurs de la United Aircraft. Il oppose même son veto à une proposition disculpant son service de police et administratif pour son comportement à l'égard de la grève, en précisant qu'il voulait obtenir un rapport détaillé avant de se prononcer. Le conseil vote également une résolution pour recommander au ministre du Travail, Jean Cournoyer, d'envisager l'opportunité de l'adoption d'une loi instituant la formule Rand qui était au coeur du litige. Cette loi permet de prélever les cotisations à la source, sur les salaires de tous les employés.

Le maire Robidas est un fervent promoteur du jumelage des villes. En 1974, il est nommé président, pour l'Amérique, de la Fédération mondiale des villes jumelées. Il a ainsi la responsabilité du jumelage des villes canadiennes, et de la liaison avec les Sisters Cities of America et la Ligue municipale d'Amérique latine. Il est en outre le représentant bénévole de la Fédération aux Nations Unies, à New York. Sous le mandat du maire Robidas, Longueuil se jumela aux villes de Whitby, en Ontario, de Lafayette, en Louisiane et de Loja , en Équateur. Elle entretient aussi d'excellentes relations d'amitié avec le village de Longeuil, en France.

Le parc-école de Normandie est réaménagé au coût de 179 740 $ par la firme M.E.S Construction.

La Ville abolit la Cour municipale de Longueuil, en fonction depuis 1893. Cette cour refait cependant surface en 1989.

Les firmes Gilles Mercille & Associés et Lalande, Tétreault & Associés déposent à l'assemblée du conseil du 18 mars le projet Collectivité nouvelle .

La Ville fait démolir l'édifice de l'ancien Cercle social, situé au 89 Saint-Charles Est, qui servait de lieu de regroupement de membres ou de sympathisants de l'Union nationale de 1952 à 1967. Appartenant à l'architecte Marc Cinq-Mars, au commerçant Raymond Jazzar, au gérant de banque Raymond Payette, au concessaire d'automobiles Médard Deniger de même qu'à Marcel Mongeau et à Robert Deniger, le bâtiment fut vendu à la Ville de Longueuil en 1967 pour servir comme poste de police. Le service de la police s'étant relogé dans un édifice du boulevard Curé-Poirier au mois de mai 1974, la Ville procéda quelques semaines plus tard à la démolition de cet édifice notamment habité, de 1869 à 1909, par l'architecte et maire de Longueuil Maurice Perrault, par les religieuses contemplatives cloîtrées de la communauté des Soeurs Servantes de Jésus-Marie, de 1939 à 1946, et par Yvette Brillon, célèbre modiste de chapeaux, de 1948 à 1952.

La Commision scolaire Jacques-Cartier inaugure, sur la rue Beauregard, l'école Hubert-Perron qui résulte de la fusion des anciennes écoles Lambert-Closse et Élisabeth-Moyen. Elle fait aussi construire, au coût de 6 122 000 $, selon les plans de l'architecte Marc Cinq-Mars, la polyvalente Jacques-Rousseau, par B.G.L Construction, sous la supervision des ingénieurs Claude Lanthier et Jean Saïa.

Le curé Alcide Gareau quitte son poste de curé de la paroisse de Saint-Antoine-de-Padoue qu'il occupait depuis 1962. La Ville de Longueuil lui remet, à l'occasion d'une cérémomie d'adieu, une toile de Marcel Favreau, représentant la maison Rollin-Brais. Le curé Gareau est remplacé par Jean-Louis Yelle. Ce dernier, qui était curé de paroisse de Sainte-Louise-de-Marillac depuis 1969, est remplacé par Léo Foster qui demeura en fonction dans cette paroisse jusqu'en 1983.

Le curé de la paroisse de Saint-François-de-Sales, Louis-Pierre Séguin, en fonction dans cette paroisse depuis 1969, est remplacé par André Picard.

Les religieuses Trinitaires vendent au ministère des Affaires sociales le Manoir Trinité, qu'elles occupaient depuis 1950, au 15, rue Pratt.

Des projets immobiliers importants se mettent en branle à Longueuil : le Chambellé 1, rue Saint-Charles, construit selon les plans de la firme Boudrias, Boudreau et St-Jean, et le D'Assigny, construit par le groupe Mercille, selon les plans des architectes Blood & Houghton.

Sur le plan économique, la quincaillerie J. Lebault, établie depuis 1897 sur la rue Saint-Charles, à proximité de l'église, est détruite par un incendie. La Caisse populaire de Fatima s'installe dans ses locaux du 2005, rue Limoges.

Sur le plan social, on asisste à la fondation du Club optimiste Gentilly de Longueuil, sous la présidence de René Harrison, et à celle de l'A.F.E.A.S. de Saint-Robert, grâce à l'initiative de Françoise Nolet et de Claudette Perreault.

En 1889, Alexandre Jodoin et J.L. Vincent avaient publié Histoire de Longueuil et de la famille de Longueuil. Cette histoire, très détaillée, n'était cependant plus à jour. Robert Rumilly publie en 1974 son Histoire de Longueuil, un ouvrage monumental. En 1997, Robert Gauhier écrira une synthèse illustrée de l'histoire de Longueuil: Petite histoire illustrée de Longueuil, de la dernière glaciation à la grande ville de banlieue.

À Boucherville, Yvon Julien défait facilement le candidat de l'Action municipale de Boucherville, André LeCorre, en remportant 5 365 voix contre 1 409 pour son opposant. Un candidat indépendant, Michel Provost, se fait élire au poste de conseiller alors que tous les autres conseillers font partie de l'équipe d'Yvon Julien : Jean-Claude Cuerrier, Jean-Paul Provost, Lionel Létourneau, Léopold Sénécal et Jean-Louis Trudeau.

La compagnie Vincent & Frères ouvre son 7e supermarché au centre commercial La Seigneurie, sur la rue Fort Saint-Louis.

À Brossard, le maire Léon Gravel, qui faisait face à Gaston Dubeau, de l'Équipe des citoyens, est reporté de justesse au pouvoir avec trois membres de son équipe. Les employés municipaux signent une nouvelle convention collective et rentrent au travail après six semaines de grève. La commission scolaire décide de " redonner " aux parents le libre choix de la langue d'enseignement à leurs enfants.

La Ville de Saint-Hubert procède à des ajustements importants de sa fonction publique. Elle crée un poste de directeur de l'expansion économique qu'elle confie à Gérard Leclerc. Yvan Grenier devient le directeur général des services et se fait remplacer, au poste de greffier, par Bernard Houle. Elle procède aussi à la nomination de Bernard Domingue au poste de chef du service des incendies. Le C.L.S.C. de Saint-Hubert ouvre officiellement ses portes, sous la direction générale de René-Marie Paiement, puis de Serge Mongeau. Il s'installera, en 1978, dans le centre commercial Cousineau.

Saint-Lambert compte maintenant sur la nouvelle Société culturelle et historique de Saint-Lambert, présidée par François Beaudin. La société adoptera, en 1977, le nom de Comité d'histoire Mouillepied, puis, vers 1984, sous la présidence de Thérèse Corbeil, celui de Société d'histoire Mouillepied.

L'hôpital Charles-LeMoyne obtient une subvention de 5 millions de dollars pour procéder à des travaux d'agrandissement et de réaménagement.

Le 1er juillet, la Commission de Transport de la Rive-Sud (C.T.R.S.), créée par une loi votée en 1971, prend possession, par voie d'expropriation, de la compagnie Chambly Transport.


Décès

Vézina, Euclide, premier gérant de la Ville de Longueuil, de 1944 à 1946.
Viger, Denis, secrétaire-trésorier de la Ville de Longueuil de 1930 à 1943.

 

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