Chroniques de la Rive-Sud 1947-1997

Michel Pratt

 

La quasi totalité de cette chronique a été originalement publiée dans le Courrier du Sud dans le cadre du 50e anniversaire de l'hebdomadaire.


 1967- C'était l'année de l'Expo... tout était beau à Longueuil

Longueuil est envahie par des milliers de touristes qui viennent visiter l'Exposition universelle sur les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame. Le métro est maintenant ouvert, de même que le pont tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine, l'autoroute 20 ou Jean-Lesage, et l'autoroute 3, maintenant la 132. La Ville doit faire sa part pour faciliter l'hébergement des touristes et changer certains règlements pour faciliter la location de logements et le stationnement à des fins de camping. Elle décide aussi de se faire belle et de consacrer certaines sommes à l'achat de bancs publics, de paniers à rebuts, etc.

Le Centre culturel, au carré Isidore-Hurteau, est inauguré le dimanche 26 novembre. Il va abriter la bibliothèque municipale dès l'année suivante.

L'arrivée d'une nouvelle équipe entraîne des changements à l'hôtel de ville où on détruit l'ancienne scène de théâtre, à l'étage, pour y aménager, notamment, un bureau pour le nouveau maire.

La rémunération des élus monte de plusieurs crans. En 1963, une allocation de $ 1 200 était accordée pour la première fois au maire et aux conseillers. À la fin de l'année 1967, cette allocation est portée à 4 800 $ pour le maire et à 2 400 $ pour les échevins. Soulignons, pour fins de comparaison, que les employés du secteur public réclameront, en 1972, un salaire minimum de 100 $ par semaine soit 5 200 $ par année. Les taxes augmentent lors du budget déposé au mois de décembre : la taxe générale passe de 0.90 $ à 1.06 $ du 100 $ d'évaluation ; la taxe de déneigements est haussée de 0.20 $ à 0.25 $ du 100 $ d'évaluation et, finalement, la taxe spéciale pour le paiement du métro grimpe de 0.16 $ à 0.26 $ du 100 $ d'évaluation.

La Ville de Longueuil engage Pierre Messier, âgé de 29 ans, au poste de directeur de la police.

Les 55 employés manuels de la Ville, affiliés au Syndicat canadien de la fonction publique, signent une première convention collective.

Le bâtiment du Cercle social, qui était un club lié à l'Union nationale, est vendu à la Ville. L'édifice, situé sur la rue Saint-Charles Est, sert maintenant de poste de police. L'édifice sera démoli en 1974 alors que le quartier général de la police s'établit sur le boulevard Curé-Poirier Ouest, à l'angle de la rue Joliette.

Marcel Robidas, maire de Longueuil, accède à la présidence de la Commission intermunicipale de la Rive-Sud. Ce poste avait été occupé, depuis sa fondation, par Lawrence Galetti, alors qu'il était maire de Greenfield Park.

Maurice King devient le nouveau maire de Greenfield Park.

Jean Bariteau, maire de Lemoyne depuis 1954 ans, meurt subitement à l'âge de 49 ans. Il est remplacé par André Charpentier. Les conseillers municipaux sont Charlemagne Lamarre, en fonction depuis 1954, Lucien Bourdages, Stanislas Dodier, Gaston Fournier, Odilon Laforest et Paul Raymond. On inaugure le nouvel hôtel de ville, au 2205, rue Saint-Georges.

Le maire de Saint-Lambert, Jacques Filion, se retire de la vie politique. La tradition, bien établie dans cette ville, de voir alterner au poste de maire un francophone et un anglophone, n'est pas brisée puisque James K. Stewart accède à la mairie par acclamation. L'hôtel de ville est agrandie, de même que l'aqueduc et l'usine de filtration.

À Boucherville, le nouveau Parti civique procède à un véritable balayage au conseil municipal en remportant tous les sièges lors de l'élection du 6 février. Clovis Langlois est élu maire alors que Roger Fontaine, Gilbert Gareau, Louis Jazzar, Jean-Claude Jodoin, Raymond Lalonde et Léopold Sénécal deviennent conseillers municipaux. La ville célèbre son tricentenaire et procède à un jumelage avec les villes de Mortagne-au-Perche, en France, lieu de naissance de Pierre Boucher et Kingston, en Ontario, fondée par René-Amable Boucher, un descendant de Pierre Boucher. On construit les écoles de la Broquerie et Pierre-Marquette.

À Jacques-Cartier, la firme Désourdy construit, au coût de 924 000 $, sur le boulevard Jacques-Cartier Est, l'Aréna Jacques-Cartier qui portera, à partir de 1971, le nom de Colisée Jean-Béliveau. Sur le plan politique, Fernand Bouffard et Roméo Paré sont élus comme conseillers municipaux.

Sur le plan religieux, Guy Pratt, le fils du maire Paul Pratt, devient le curé de la paroisse de Notre-Dame-de-Fatima, en remplacement de Roland Lafrance. Il occupe ce poste jusqu'en 1978, alors qu'il devient curé à Saint-Lambert. Dans la paroisse de Saint-Charles-Borromée, Jean-Paul Moreau remplace le curé Robert Provost; il occupe cette fonction jusqu'en 1973. On fonde la paroisse de Saint-Robert et confie le poste de curé à Léopold Émond qui ne demeure cependant en fonction qu'une seule année.

À Brossard, on termine la construction de l'école Marie-Victorin, au 880 Victor-Hugo.

Décès
Bariteau, Jean, maire de Lemoyne de 1954 à 1967.
Lavery, Salluste. Reçu avocat en 1913, il ouvrit son bureau, connu sous le nom de Patterson & Lavery, au 180, rue Saint-Jacques, à Montréal. Le soir, il travaillait à Longueuil au 1, rue Saint-Thomas. Au retour de son service militaire en Europe, à titre d'officier, il se remit à la pratique du droit pour la firme Lavery et Demers. En 1926, Salluste Lavery fut nommé Conseiller du roi. À Longueuil, il fut membre du Club Saint-Charles et président du Club Lemoyne en 1930-1931. Il fut aussi président de la Rumanian Agency et lieutenant dans le 65e Régiment.
Pratt, Paul, maire de Longueuil de 1935 à 1966. Musicien professionnel, il dirigea l'orchestre du Collège de Longueuil de 1913 à 1919, fonda, en 1916, la fanfare du Collège de Longueuil, dirigea celle de Longueuil, fonda la Société des concerts en 1918, le quatuor vocal des Gais Longueuillois en 1945, puis dirigea l'Harmonie de la Rive-Sud dans les années 1950. Il fut aussi syndic des Pères franciscains. Fortuné, il possédait des intérêts dans l'imprimerie Pratt & Lafrenière, le journal Le Richelieu, l'Office central catholique, une compagnie d'importation d'articles religieux. Il présida aussi la compagnie Renaissance-Films.


1968

Le conseil municipal de Longueuil adopte un programme majeur de rénovation urbaine qui va modifier de façon substantielle le secteur des terrasses Excel et Boudreau, dans un premier temps, et le secteur du chemin de Chambly, dans un second temps.

Les terrasses Excel et Boudreau, d'une superficie de 42 acres, s'étendent de la rue Joliette à la rue Saint-Sylvestre et de la rue Saint-Charles à la route 3, aujourd'hui 132. Auparavant le boulevard Quinn et les rues Labonté et Victoria menaient directement au fleuve ou, plus tard, au mur de protection contre les inondations. L'autoroute 3, construite depuis quelques années, remet en cause la dimension physique du quartier d'autant plus qu'elle est surélevée de 6 pieds par rapport aux terrains avoisinants. La moitié du secteur est composée de résidences, d'anciens chalets qui sont, pour la plupart, vétustes. Environ 25 % de la superficie est occupée par des commerces comme le garage Abias Pepin ou l'Hôtel du Roi. Finalement, une superficie à peu près identique, soit un peu plus de 20% est occupée par des espaces publics comme l'aqueduc municipal ou le garage municipal. Le secteur est habité par 146 familles. Une enquête effectuée auprès de 118 ménages qui regroupe 406 personnes démontre que le quartier est presque entièrement composé de membres de la classe ouvrière. La moitié des ménages a un revenu familial variant de 4 000 à 7 500 $, un quart un revenu inférieur à 4 000 $ et un autre quart supérieur à 7 500 $. Le tiers de ces occupants sont établis depuis plus de 10 ans, le tiers entre quatre et dix ans et le tiers depuis moins de quatre ans. Sur les 118 ménages, seulement 32 sont propriétaires. On construira progressivement de nombreux édifices à logement dont une coopérative d'habitation, en face du parc Saint-Charles, puis le Chambellé, à l'angle des rues Labonté et Saint-Charles.

Le second secteur est principalement situé le long du chemin de Chambly, de la rue Saint-Charles à la rue De Gentilly. Phénomène assez étonnant, la composition sociale des familles de ce secteur est tout à fait comparable à celle des terrasses Excel et Boudreau. La superficie affectée par des propositions de rénovation urbaine touche 85 acres. L'école Hazel Cross sur la rue Caroline et tous les édifices situés en face du Collège de Longueuil sont détruits; ils seront remplacés par les habitations Oasis. Le secteur du chemin de Chambly, à l'angle sud-est de la rue Saint-Charles, est également rénové. On agrandit aussi le chemin de Chambly, notamment dans le secteur du cimetière Saint-Antoine. Plusieurs petites entreprises, situées sur la rue Monk, l'actuelle rue Lévis, à l'est du chemin de Chambly, disparaissent: Davidge & Co., Modern Machine industry, Theatre Confection Ltd, Amico Meter sales, Canadian Wiper corp et High Grade Concrete.

Gilles Leduc fonde l'Association des propriétaires de Longueuil, afin de défendre et de promouvoir les intérêts des propriétaires auprès des autorités scolaires, municipales, provinciales, fédérales et autres.

De jeunes scouts venus de Whitby, en Ontario, en expédition par voie d'eau, accostent au Club nautique de Longueuil. Leur dirigeant, Benoît Lahaye, rencontre alors le maire Marcel Robidas qui s'empresse de les inviter à l'hôtel de ville. De là naissent les liens qui vont mener, en 1978, à la création, sous la présidence de Richard Daigle, de l'Association socio-culturelle de Longueuil et de ses villes jumelées qui compte, aujourd'hui, environ 200 membres.

Le Canadien National ferme sa voie ferrée Montréal-Sorel, inaugurée en 1882, qui traversait la ville de Longueuil. Les rails seront enlevés pour faire place, en 1982, à l'aménagement d'un parc linéaire.

La bibliothèque de Longueuil, pour adultes, ouvre officiellement ses portes le 17 septembre dans l'édifice du nouveau centre culturel, au carré Isidore-Hurteau.

Le Collège Français, fondé par Louis Portal et son épouse Colette, ouvre une école primaire privée au 1391, rue Beauregard.

Les ingénieurs Lalonde, Girouard et Letendre construisent, selon les plans de l'architecte Pierre Major, le parc Duvernay, aujourd'hui nommé le parc Fernand-Bouffard, et situé à l'intersection des rues Duvernay et Bertrand. On aménage aussi le parc Raymond, dont le chalet est situé au 1 000, rue De Lorimier.

Dans le secteur immobilier, on construit les édifices Port-de-Mer, situés directement à l'est du métro de Longueuil. Dotés de 386 logements, les deux édifices seront reliés, en 1971, par une passerelle, conçue par l'architecte Pierre Grondin. Les travaux de construction de l'édifice Montval, de sept étages, à proximité du métro, sont également en marche; le gouvernement du Québec sera le principal occupant de cet immeuble. La Ville de Longueuil acquiert, des Ports nationaux, les terrains situés aux alentours du métro de Longueuil.

À Jacques-Cartier, l'église de la paroisse de Saint-François-de-Sales, construite en 1954 à partir de baraques de l'ancien dépôt militaire, est démolie pour permettre l'élargissement du boulevard Curé-Poirier. Le curé fondateur de la paroisse de Saint-Pie-X, Georges Granger. est remplacé par Jean Audette qui demeure en fonction, dans cette paroisse, jusqu'en 1980. Dans la paroisse de Saint-Robert, le curé Léopold Émond est remplacé par Laurent McGee qui conserve ce poste jusqu'en 1972.

L'école secondaire Gérard-Filion devient la première polyvalente du Québec.

À Boucherville, on inaugure les travaux de construction de la polyvalente de Mortagne.

À Saint-Bruno, Jean-Claude Allard est élu, par acclamation, maire de la ville.

Norman Litchfield, maire de Saint-Hubert depuis 1963, meurt subitement, à l'âge de 46 ans. Aldas Boileau lui succède.

La polyvalente anglo-catholique Macdonald-Cartier et la polyvalente André-Laurendeau, située au 7450, boulevard Cousineau, à Saint-Hubert ouvrent leurs portes.

La vocation de l'aéroport de Saint-Hubert prend un virage majeur alors qu'il doit desservir en priorité l'aviation civile.

Jacques Filion fonde le Club optimiste Saint-Hubert, parainné par le Club optimiste Jacques-Cartier.

À Préville, 189 personnes contre 104 acceptent, par le biais d'un référendum, la fusion avec Saint-Lambert. Cette fusion sera effective en 1969.

Le maire de Laflèche, Gérard Philips, conserve son poste de maire pour un second mandat consécutif.

Sur la scène politique, le gouvernement fédéral déclenche des élections générales. Victime d'affrontements violents lors de la parade de la Saint-Jean-Baptiste, à Montréal, Pierre Elliott Trudeau profite néanmoins de la vague de la "Trudeaumanie" et remporte facilement l'élection du 25 juin. À Longueuil, le député libéral Jean-Pierre Côté conserve son poste en récoltant 18 928 votes contre à peine 5 435 pour Raymond Bériault, le candidat conservateur.

Décès
Charruau, Édouard, maire de Mackayville, ville aujourd'hui intégrée à Saint-Hubert, de 1953 à 1957. Il fut le président fondateur de la commission scolaire de cette ville.
Gendron, Joseph William, conseiller de la Municipalité de la paroisse de Saint-Antoine de Longueuil de 1933 à 1937 et du 13 février 1940 au 14 mai 1941. Premier maire de Mackayville, en 1947.
Lamarre, Joseph-Alfred, gérant de la succursale de la Banque canadienne nationale de la rue Saint-Charles, de 1931 à 1954. Joseph-Alfred Lamarre s'occupa de l'organisation des scouts de la paroisse de Saint-Antoine, notamment du local au sous-sol de l'église, dans les années 1930.
Poirier, Charles-Édouard, curé fondateur de la première paroisse de Jacques-Cartier, Saint-Charles-Borromée.
Rochon, Charles, conseiller de la Municipalité de la paroisse de Saint-Antoine de Longueuil du 24 octobre 1944 à 1947 et de Jacques-Cartier, de 1947 à 1954, dans le quartier de Longueuil-Annexe. Il fut aussi marguillier de la paroisse de Saint-Charles-Borromée.

 

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