Dictionnaire historique de Longueuil, de Jacques-Cartier et de Montréal-Sud.
Michel Pratt © Édition révisée et augmentée, février 2004Iezzoni, Massimo. Directeur général de la Ville de Longueuil, depuis le début de l'année 1996, en remplacement de Roch Létourneau. Détenteur d'un doctorat en administration de l'Université de Concordia, il fut conseiller politique du président de l'Union des municipalités du Québec avant de devenir le chef de cabinet du maire Roger Ferland, remplaçant ainsi Robert Grenier. Il fut ensuite chef de cabinet du maire Claude Gladu.
Île à la Pierre ou île Moffat. Île située à l'emplacement actuel de l'île Notre-Dame, à l'ouest de l'île Sainte-Hélène. Elle était sous la juridiction de la seigneurie de Laprairie de la Magdeleine, octroyée aux pères jésuites puis à Charles Le Moyne. C'est sur cette île que le sulpicien Guillaume Vidal fut capturé par les Iroquoiens, le 25 octobre 1661, et qu'il y a été martyrisé.
L'île, de 15 arpents, était une véritable carrière. Elle fut concédée aux Dames de la Congrégation, puis rétrocédée en 1771 à la baronne de Longueuil. En 1846, l'homme d'affaires Montréalais George Moffat acquit l'île qui porta ainsi son nom pendant de nombreuses années même s'il n'en fut propriétaire que deux ans. Robert Mackay lui acheta l'île en 1848 avant de la revendre, en 1850 à la Champlain & St. Lawrence Railroad Company (qui devint , en 1857, la Montreal & Champlain Railroad Company) . La compagnie fit construire un quai au nord de l'île, qui servit ainsi, à partir de 1852, de terminus pour les trains. L'ouverture du pont Victoria mit un terme aux installations ferroviaires mais le quai servit, jusqu'en 1879, aux traversiers qui faisaient la navette entre Saint-Lambert et Montréal. La Grand Trunk Railroad, qui acheta, en 1864, la Montreal & Champlain Railroad Company, devint par le fait même propriétaire de l'île. Le Harbour Commissioners Montréal acquit l'île en 1915. La Ville de Saint-Lambert l'intègre à son territoire en 1944 mais suite à une querelle juridique, 20 ans plus tard, la Ville de Montréal acquit l'île comme site pour l'Exposition universelle de 1967. Depuis 1981, une piste cyclable donne accès, via la rive sud, à l'île.Lot no 306 de la Municipalité de la paroisse de Saint-Antoine de Longueuil.
Île Charron. Cette île de 250 arpents, située à l'extrémité nord-est de la Ville de Longueuil, fut concédée par le roi de France, en 1672, à René Gaultier (1635-1689) qui tout en obtenant le fief Du Tremblay*, dont faisait partie l'île Charron, devint aussi seigneur de Varennes. La veuve de René Gaultier, Marie Boucher, fille de Pierre Boucher, premier seigneur de la seigneurie des Îles-Percées (Boucherville), céda les droits de l'île à sa fille Madeleine Le-Villier (aveu et dénombrement pour le fief Du Tremblay de 1723). L'île porta alors quelque fois le nom d'île Madeleine. Louis Lamoureux prit brièvement possession de l'île de 1690 à 1693 alors que Prudent Bougret dit Dufort, habitant de Boucherville depuis son mariage avec Marie-Charlotte Étienne en 1673, s'en porta acquéreur. Prudent Bougret naquit à Mantes-la-Jolie (Notre-Dame), département d'Yvelines, France. Ses parents étaient Pierre Bougret et Catherine Guérin.
L'île porta le nom de Dufort dans des actes notariés datant d'aussi loin que 1710 (Tailhandier 10/08/1710). Le généalogiste René Jetté mentionne que Prudent Bougret habitait l'île Dufort lors de son décès en 1708.
L'aveu et le dénombrement de 1723 mentionne que Madeleine Le-Villier en fit une concession à François Bougret, le fils de feu Prudent Bougret dit Dufort. Mais ce dernier habita Montréal où il fut marchand brasseur. Les actes notariés mentionnent plutôt que Prudent Bougret, le fils, époux de Marguerite Deroche, possédait depuis 1718, par acte de donation de ses parents, la moitié de l'île, du côté sud-ouest. Suite à son décès, sa veuve, sans postérité, abandonna cette partie de l'île en 1753 à François Charron, fils de Nicolas Charron et de Marie Viau, qui épousa quelques mois plus tard Marie-Joseph Lamoureux, fille de François Lamoureux et de Marguerite Achim.
Louis Bougret, un autre fils de Prudent Bougret dit Dufort et de Marie-Charlotte Étienne, époux de Marie-Anne Beaudry, demeura aussi sur l'île. Son fils Amable prit ensuite la relève.
Soulignons que Marguerite Bougret, sa soeur, était l'épouse du notaire royal François Simonnet.
L'île comprenait les lots 277 à 281.
La famille Charron (Damase) possédait toujours des terrains (100 arpents) sur cette île à la fin du 19e siècle. D'autres propriétaires comme Joseph Brais et Louis Bourdon se partageaient alors le reste de l'île.
L'île porta donc le nom de Dufort au moins jusqu'au décès de Prudent Bougret dit Dufort. Elle porta aussi le nom d'île Madeleine selon l'aveu et le dénombrement de 1723. J.-L. Vincent lui confère ce nom sur la carte de 1723 qu'il a tracée dans les années 1880. Il est plus que probable que le nom fut octroyé en hommage à la propriétaire des droits Madeleine Le-Villier.
Le tracé, en 1815, de l'arpenteur-général du Bas-Canada, Joseph Bouchette, lui confère le nom d'île Charron. À partir de ce moment, l'utilisation d'île Dufort ou d'île Charron est vraiment partagée jusqu'au début des années 1950 où elle devint définitivement l'île Charron.
Émile Falardeau fait référence à l'île communément appelée Lamoureux, située en face du fief Du Tremblay. Édouard Doucet, reprenant un mémoire de Gédéon de Catalogne de 1712, souligne l'utilisation de l'appellation «les îles de Lamoureux».
Les Lamoureux (Adrien, Jean) habitaient surtout l'île voisine, du côté de Boucherville, nommée l'île Saint-Louis, Marguerite, puis Molson et Sainte-Marguerite. Encore une fois le nom de Marguerite fait référence à la propriétaire, selon l'aveu et le dénombrement de 1723, des droits de cette île, Marie-Marguerite, épouse de Louis Hingue Puisgibault.
Il ne faut pas oublier qu'il y avait aussi un îlot, de 7 arpents, le lot 282, entre les îles Charron et Sainte-Marguerite. Michel Dubuc, fils, et son épouse Charlotte Bougret dit Dufort, fille de Prudent Bougret et de Marie-Charlotte Étienne, en étaient les propriétaires. Michel Dubuc et son épouse cédèrent en 1747 à leurs enfants une partie de leur héritage. Michel Dubuc se ravisa cependant au mois de février 1753 et échangea un terrain du fief Du Tremblay contre la moitié d l'îlet qu'il lui avait donné en avance d son héritage. Il vendit en suite, soit le 26 octobre 1753 (notaire Simonet), la moitié de cet îlet séparant «l'île Dufort de celle de Sieurs De Lorme, Lamoureux et autres» à son fils Joseph.
En 1877, cet îlot appartenait au 2/3 à Damase Charron et au 1/3 à Louis Bourdon. En 1890, il appartenait à Pope Chagnon et en 1898 à Ubald Dupras.
Le notaire Gendron de Chèvremont fait allusion le 25 février 1733 à la vente, par Jean-Maret dit Lépine, de l'île Marguerite «située entre l'île Lamoureux et l'île du fort» à Michel Dubuc.
En résumé, l'île Charron porta successivement les noms de Notre-Dame pendant les années 1680-1690, Dufort pendant au moins la première moitié du XVIIIe siècle mais on retrouvait aussi, pendant la même période, l'appellation île Madeleine, puis île Charron depuis au moins 1815 jusqu'à aujourd'hui, à l'exception de certaines cartes faisant à nouveau référence à l'île Dufort surtout dans la première partie du XXe siècle.
Nous n'avons jamais retrouvé l'appellation «île Lamoureux» sur une carte et elle nous semble davantage s'appliquer à l'île Marguerite qu'à l'île Charron. La désignation, au pluriel, des «îles de Lamoureux» par Gédéon de Catalogne, et sa description, nous semble davantage s'appliquer à l'ensemble des îles faisant face au fief du Tremblay.
Dans l'histoire plus récente de l'île Charron, la pointe ouest de l'île (trois parties du lot 281, à l'ouest de l'autoroute 20) appartenait à la compagnie de Jésus (les Jésuites) mais le site fut exproprié par le ministère des transports pour la somme de 29 730 $, puis cédée, en 1989, à la Ville de Longueuil à la condition d'utiliser l'espace à des fins de parc, de loisirs et d'espaces verts. Le 1er août 1988, la société immobilière Assurance-Vie Desjardins acquit une partie importante de l'île de même que l'hôtel Sheraton*. La gestion de l'hôtel fut confiée jusqu'en 1999 à l'Hôtel des gouverneurs. La société acquit, du groupe Lafleur, l'hôtel pour la somme de 3 053 605 $ et le terrain de 45 654 mètres carrés pour 446 394 $. Les lots acquis furent les suivants : 278, 278-1, 278-2, 278-6, 279-1-2, 280, 280-1, 281 (partie) 281-2, 281-3. Le groupe Lafleur avait acheté le tout de Bouchervilles Entreprises en 1973 .La société immobilière Assurance-Vie Desjardins acquit d'ailleurs ce 1er août 1988 une autre superficie d'environ 189 331 mètres carrés pour 2 044 987 $ . Ces emplacements provinrent de la compagnie Boucherville Entreprises, soit les lots 277 (partie) de 141 548 mètres carrés, 278 (partie) de 24 689 mètres carrés et 348 (partie) de 10 584 mètres carrés. Boucherville Entreprises avait acheté ces lots de la compagnie Flora Construction, le 20 juin 1967. Elle acquit aussi de Jacques Pinsonneault une partie du lot 277 soit 1 256 mètres carrés qu'il avait lui-même acquise des Entreprises Boucherville le 14 juin 1968. Finalement, elle obtint du groupe R.M.J.J. inc. une autre partie du lot 277, soit 1 254 mètres carrés que ce groupe avait acheté de Robert Martineau le 16 juin 1981.Il ne restait qu'une parcelle de 650 mètres carrés (partie du lot 277) qu'André Caron avait acquise le 3 octobre 1969 des Entreprises Boucherville inc.
En 1989, la Ville de Longueuil et le groupe A.V.D. en vinrent à une entente pour développer, selon les plans de Daniel Arbour et associés, une filiale du groupe Lavalin, un projet domiciliaire de 2 500 logements ressemblant à celui de l'île des Soeurs. Le secteur de développement prévu, couvrant 22 hectares, s'étendait des berges du fleuve Saint-Laurent, au sud, jusqu'au chemin des îles au nord, le tout depuis le terrain de l'Hôtel des Gouverneurs, à l'ouest , jusqu'à la limite de la ville de Longueuil à l'est. L'association des citoyens pour la protection de l'île Charron, présidée par Louis Bertrand, se mobilisa et reçut l'appui du Parti civique dans son opposition au projet. Le projet, malgré la modification du zonage, ne se matérialisa pas.
Les seuls bâtiments sur l'île Charron sont le Centre d'épuration des eaux du Saint-Laurent, l'Hôtel des gouverneurs et un théâtre d'été.
Île ronde. Île octroyée à Charles Le Moyne en même temps que l'île Sainte-Hélène, soit le 20 mars 1665. Cette petite île connut sa part de popularité lorsqu'elle fut réaménagée dans le cadre de l'Exposition universelle de 1967 et baptisée La Ronde. Elle sert depuis ce temps de grand parc d'amusement. Lot no 303 de la Municipalité de la paroisse de Saint-Antoine de Longueuil.
Île Sainte-Hélène. L'île fut ainsi baptisée par Champlain, en l'honneur de son épouse Hélène Boullé, lors de son voyage en 1611. D'abord propriété de Jean de Lauzon, l'île fut concédée à Charles Le Moyne le 20 mars 1665, seigneur de Longueuil; la famille Le Moyne y installa une villa et y implanta un moulin en pierres à quatre étages. On loua l'île de temps en temps, comme à Jean Petit de Boismorel , en 1696. En 1818, l'armée britannique en prit possession pour des raisons militaires; elle y construisit, de 1820 à 1824, selon les plans d'Elias Walker Durnford, un fort, un blockhaus et une poudrière; il y avait même un cimetière militaire. L'armée quitta l'île en 1870 et c'est la ville de Montréal qui prit en charge son aménagement à partir de 1874. C'est la compagnie de navigation de Longueuil qui fut la première (1874-1879) avec son bateau-vapeur, le Montarville, à faire la navette entre Longueuil, l'île Sainte-Hélène et Montréal. La compagnie Richelieu et Ontario prit la relève de 1880 à 1905, puis la compagnie de Joseph Arthur Lamarre (1906-1915), la Canada Steamship Lines (1915-1917), la compagnie J.O. Normand (1918-1921) et finalement celle du capitaine J.Rinfret (1922-1928). La Ville de Montréal devint propriétaire de l'île le 23 décembre 1908.
En 1930, l'île devint accessible par le pont Jacques-Cartier. Certaines constructions de bon goût telles le restaurant Hélène-de-Champlain, le chalet et sa baignoire et le réservoir d'eau (Tour de Lévis) vinrent s'ajouter aux vestiges militaires du XIXe siècle. Pendant le second conflit mondial (1939-1945), l'île devint inaccessible et quelque 400 canadiens italienne mais aussi allemande y furent internés. L'île obtint une notoriété internationale lors de l'exposition universelle de 1967; la construction d'un dome géodésique, selon les plans de Buckminster Fuller, émerveilla le monde. Son accessibilité par le métro la rendit encore plus accessible. Pendant quelques années la fête continua avec le projet de Terre des Hommes. C'est cependant sa voisine, l'île Notre-Dame, qui devint plus prestigieuse avec les Floralies internationales de 1980, la construction du circuit de formule I Gilles-Villeneuve et l'implantation d'un casino.
Îlets-Verts. Ces trois îlots dans le fleuve Saint-Laurent, d'une superficie de 17,8 hectares, sont situés en face du secteur de Fatima; ils sont aujourd'hui réunis en une seule île qui est en réalité une mini-plaine sur laquel il n'y a pas de dénivellations. L'été on peut apercevoir de nombreuses quenouilles sur le côté est de l'île où le courant est plus faible qu'ailleurs. On peut aussi noter la présence de nombreuses plantes aquatiques flottantes partout autour de l'île de même que de nombreuses algues. Sur l'île même on retrouve surtout le roseau. Les arbres sont inexistants; tout au plus retrouve-t-on quelques bosquets d'arbrisseaux de la famille des saules. Par sa situation géographique et par ses caractéristiques écologiques, les Îlest-Verts constituent un endroit privilégié pour les canards et particulièrement pour la nidification.
La région périférique de l'île est propice à la pêche de la perchaude, du maskinongé et du doré.
À l'époque de la Nouvelle-France, le seigneur louait les îlets ou percevait des droits sur la pêche des anguilles. Adrien Saint-Aubin (1689-1698), Jacques Viau et André Bouteillier (1698-1707) louèrent ainsi des îlets. Charles Le Moyne octroya les concessions le 3 février 1716. Ainsi, André Lamarre obtint l'îlet d'en-bas, Pierre Lussier, époux de Marguerite Viau, fille de Jacques Viau, l'îlet du milieu et Jacques Viau dit Lespérance l'îlet d'en-haut (voir notaire Raimbault).
En 1728, Bertrand Viau dit Lespérance acheta les droits successifs de l'îlet d'en haut de ses frères Joseph, Thomas, Louis et Jacques, en 1730 ceux de sa soeur Marie-Angélique et, en 1733, ceux de sa soeur Françoise.
André Lamarre vendit, en 1747 et 1748, ses parts de l'îlet d'en bas à Adrien Fournier dit Préfontaine qui en revendit presque aussitôt une partie à Prudent Dubuc.
Suite au décès, en 1722, de Pierre Lussier, Marguerite Viau épousa François Bouteille qui fit de nombreuses transactions immobilières, notamment avec la famille des Viau. Il vendit en 1762 ses droits sur l'île verte au forgeron Dominique Rollin.
À la fin du 19e siècle, les familles Dubuc, Bourdon, Viau dit Lespérance et Fournier dit Préfontaine en étaient propriétaires. Ces îlots qui portèrent aussi le nom des «îles vertes», comprenaient, les lots 283 (extrémité est) à 302 (extrémité ouest).Aujourd'hui, ces îlots sont réunis en une seule petite île malgré le maintien de leur désignation au pluriel. Les Îlest-Verts sont la propriété de la Société du Port de Montréal depuis le début des années 1960.
Impartial . Voir l'Impartial.
Inondations. Si le printemps était synonyme de fleurs, de température plus clémente, il représentait aussi une véritable hantise pour les habitants du Vieux-Longueuil qui craignaient que leurs propriétés ne soient inondées. Certaines de ces inondations causèrent des dégâts importants surtout en 1848, 1857, 1861, 1869, 1885, 1886, 1887, 1913 et de 1946 à 1951(il n'y eut aucune inondation digne de ce nom entre 1929 et 1945) . Pour contrer le problème, un mur de béton fut construit, en 1951, au coût de près de 700 000 $ tout le long du Vieux-Longueuil, face au fleuve. Plusieurs personnes s'interrogèrent sur son efficacité puisqu'il y avait notamment une ouverture sur le boulevard Quinn pour y laisser passer les voitures. La construction de la route 132, en 1963, rendit rapidement caduc ce mur.
InondationsInstitut canadien de Longueuil. Organisme culturel fondé par Henri Mongeau*, en 1857, qui offrait à ses membres des conférences et la possibilité de lire des journaux et des livres. En 1859, on construisait même une bibliothèque de deux étages dans l'actuel parc Saint-Jean-Baptiste, alors un beaucoup plus vaste triangle. L'Institut ferma cependant ses portes dans les années 1860. En 1885, les membres du Cercle dramatique de Longueuil tentèrent vainement de le relancer.
Institut Demers. Institution privée d'enseignement collégial dans le secteur de la bureautique et de l'électronique, inaugurée le 25 mars 1991, au 99, place Charles-Le Moyne. Suzie Demers occupe le poste de directrice générale.
Institut Feller de Longueuil. Institution privée d'enseignement sous la direction des baptistes et plus particulièrement de Théodore Lafleur. L'institut fut fondé en 1855 après que le bâtiment des baptistes de Saint-Pie fut détruit en 1854. Le bâtiment, à Longueuil, était situé à l'angle de Grant et de Sainte-Élizabeth et devint, en 1876, lors du départ des baptistes, le Foyer Saint-Antoine des Soeurs grises. L'institut ne donnait de la formation académique qu'aux jeunes filles qui provenaient massivement de l'extérieur de Longueuil.
Institut Nazareth et Louis-Braille. L'Institut Louis-Braille fut fondé en 1953 par les Clercs de Saint-Viateur pour les garçons handicapés visuels. Installé à Longueuil en 1959 dans l'ancien orphelinat «La maison familiale Saint-Joseph», l'Institut pour handicapés visuels Louis-Braille fusionna, en 1975, avec l'Institut Nazareth et reçut tant les filles que les garçons.
L'administration pédagogique relevait alors de la Commission scolaire régionale de Chambly. L'Institut vendit, en 1987, l'édifice de la rue Beauregard au groupe BRAM et associés, et déménagea, en décembre 1987, dans le complexe Saint-Charles, à proximité du métro de Longueuil. Elle inaugura ses nouveaux locaux le 29 mai 1988. L'édifice de la rue Beauregard fut vendu au groupe BRAM.Une sculpture d'André Turpin intitulée « Traversée du monde » et représentant deux handicapés visuels, a été érigée à la Place Charles-Le Moyne, près de l'Institut. La scolarisation de ses membres relève aujourd'hui de la Commission scolaire de Jacques-Cartier et les cours se donnent à l'école Jacques-Ouellet, ancienne école Louis-de-Frontenac, sur le boulevard Nobert.
L'Association des amis des bénéficiaires de l'Institut Nazareth et Louis-Braille a été fondée en 1993, sous la présidence d'André Adam. Elle vise à récupérer des fonds pour l'achat d'équipement adapté aux non-voyants.
L'Institut possède la seule bibliothèque en braille de langue française en Amérique du Nord. Fondée en 1912, la bibliothèque dispose d'environ 15 000 volumes.
Une loi adoptée en 1991 a converti l'Institut en centre de réadaptation pour les personnes ayant une déficience visuelle.
Les premiers membres du conseil d'administration étaient, en 1974, Marie-Paule Arsenault, Jean-Louis Gonneville, Raymond Jacob, Wilfrid Laurier et Thérèse Parent.
Présidence du conseil d'administration:
1974-1975 Wilfrid Laurier 1975-1977 Thérèse Parent 1977-1978 Raymond Jacob 1978-1982 Jean-Pierre Dufour 1982-1983 Jacques Ferrara 1983-1986 Raymonde Dallaire 1986-1992 Louise Lacroix-Charest 1992-1993 Richard Lavigne 1993-1995 Jean-Pierre Dufour 1995- Jean-Claude Provost
Direction générale de l'Institut:
1975-1977 Wilfrid Laurier 1977-1993 Normand Giroux 1993- Julien Tremblay
Invasions américaines. En 1775, les colonies américaines se révoltèrent contre l'empire britannique. Cette rébellion atteignit le Québec. L'occupation dura 13 mois. L'Américain Ethan Allen (1738-1789), après avoir réussi à vaincre les troupes britanniques au fort de Ticonderoga, au mois de mai 1775, s'installa à Longueuil au mois de septembre suivant. Il décida, le 24 septembre, d'attaquer Montréal, mais il dut se replier et faire face, à son retour, à des troupes britanniques qui l'attendaient. Il fut fait prisonnier. D'autres Américains revinrent cependant s'installer à Longueuil au mois d'octobre et réussirent à occuper le fort de Chambly, puis Saint-Jean et Montréal au mois de novembre. Au mois de mai 1776, les troupes britanniques reprirent Montréal et au mois de juin suivant les troupes américaines quittaient le territoire québécois. Ethan Allen devint à son retour aux États-Unis un personnage légendaire. Ce républicain lutta de façon très agressive contre la juridiction de l'État de New York sur le territoire qui allait devenir, en 1791, le Vermont, soit le quatorzième état des États-Unis.
Il y eut une seconde invasion militaire américaine, lors de la guerre de 1812-1814, entre les États-Unis et l'Angleterre. Le territoire québécois n'en a guère été la cible sauf pour une escarmouche à Lacolle en 1814. Néanmoins, les Britanniques avaient pris leurs précautions en construisant des baraques temporaires, à l'est du ruisseau Saint-Antoine et en entreposant de la poudre dans un moulin.
Iroquois ou Iroquoiens. Principale nation amérindienne de la région de Longueuil, pendant la période de la Nouvelle-France. Lorsque Charles Le Moyne obtint sa concession en 1657, les Iroquois étaient en guerre depuis 17 ans contre les Français. Ce n'est qu'après la paix de 1666 que la seigneurie de Longueuil commença son développement. Charles Le Moyne, fils, décida d'ailleurs de donner à la construction de son château, entre 1696 et 1698, des allures de fort, la guerre ayant repris depuis 1684. Les Iroquois s'allièrent aux Britanniques lors des affrontements de 1758 et 1759 qui allaient consacrer la défaite de la France et son expulsion complète, en 1763, du continent nord-américain, jusqu'à la récupération de la Louisiane en 1801. La fédération iroquoise était composée de cinq nations; mais les Mohawks étaient ceux qui s'étaient établis dans l'actuel secteur de la Montérégie, notamment à Kahnawake, désigné, avant les années 1980, sous le nom de Caughnawaga.
Isambart, Joseph (1693-1763). Sulpicien, curé de la paroisse de Saint-Antoine de 1720 à 1763. Ordonné prêtre en 1717, il fut curé de Sorel en 1718 et de Berthierville de 1718 à 1720. Il fit construire une église à l'emplacement actuel de la Maison de l'éducation des adultes, à l'angle de la rue Saint-Charles et du chemin de Chambly. Il est décédé le 14 décembre 1763 chez les soeurs Grises, à Montréal. Il fut enterré sous l'église qu'il avait fait construire.
Né dans le diocèse du Mans, en France.
Joseph IsambartActes notariés:
Notaire Date Acte Titre Tailhandier 1725-10-30 #1170 Acte de la prise de possession de la cure de Longueuil par monsieur Joseph Ysambart Dufresne 1736-05-07 #96 Concession par M. de Longueuil à Joseph Ysambart curé de Longueuil Dufresne 1737-03-12 #111 Concession par M. de Longueüil a M. Ysambart prêtre curé à Longueüil Foucher 1751-10-11 Démission de droits successifs mobiliers et immobiliers par Joseph
Ysambart, prêtre curé, de la paroisse de St Antoine, baronnie de
Longueil, au profit de François-Pierre Cherrier, notaire royal et
Marie Dubuc, son épouse, de Longueil, ses neveu et nièceSimonnet 1763-10-19 Testament de Joseph Ysambart, prêtre curé, de la paroisse de St
Antoine de Pade de la baronnie de Longueuil.
Italiens. La communauté d'origine italienne commença à s'installer à Longueuil au début du 20e siècle. En 1919, Antonio Petrone et Grazietta Mancini arrivèrent de l'Ontario et s'établirent sur une terre en bordure de l'actuel boulevard Marie-Victorin, près du boulevard Roland-Therrien. Ils ne se doutaient certes pas que la communauté italienne allait choisir, comme eux, de s'établir presque exclusivement à l'est du chemin de Chambly et même de l'actuel boulevard Roland-Therrien. La majorité des familles italiennes vivaient de l'agriculture et de la vente de fleurs. Leur fils Pardo entretint pendant de nombreuses années une célèbre pépinière. L'architecte Mario Petrone* est le neveu de Pardo Petroni.
Dans les années 1940 et 1950, Michele Mastrogiuseppe et son épouse Angelina-Maria Pelillo Mastrogiuseppe possédaient des serres à Fatima; Tony Mastrojoseph en possédait également sur le chemin de Chambly, à côté de l'actuel Collège Édouard-Montpetit.
Une autre famille importante, dans le secteur de Fatima, est celle des Cerutti qui possédaient quatre propriétés sur la rue Léo.
La famille Scardera, qui vendait aussi des fleurs, s'était implantée, au début des années 1950, sur le chemin De Gentilly, aujourd'hui le boulevard Roland-Therrien; leur commerce existe encore, sur le chemin Du Tremblay. D'autres familles vinrent s'installer lors de l'éclosion de la ville de Jacques-Cartier, surtout dans le secteur du Sacré-Coeur comme les Timperio*, dans les années 1940.
Au recensement de 1991, 415 personnes parlaient l'italien à la maison et 1 525 personnes étaient d'origine italienne.
Ives, Hubert Root. Propriétaire d'une fonderie portant son nom, sur la rue Sainte-Élisabeth, du côté sud, entre les rues Saint-Alexandre et Saint-Jacques. La fonderie avait été construite vers 1860 à partir d'un atelier qui avait servi à la construction du pont Victoria. Elle connut plusieurs propriétaires, dont le docteur G. Larocque* et Pierre-Amable Jodoin, avant d'aboutir dans les mains de M. Ives. Au cours des années 1880, elle employait environ 70 personnes. H. R. Ives vendit son entreprise à Samuel Coulson, qui la dirigea jusqu'à sa fermeture, vers 1894.
M. Ives fut le premier Longueuillois abonné au téléphone. Originaire du Connecticut.
Fils de William Albert Ives et de Julia Root. Époux de Jane Muir Daniel.