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Roger Ferland, le gestionnaire

À son arrivée au pouvoir, le maire Roger Ferland ne change pas grand-chose au conseil exécutif, pas même le poste de Florence Mercier comme mairesse suppléante permanente. Cependant, l’amendement à la charte de la Ville est refusé par le gouvernement du Québec et, après 16 mois d’exercice de cette fonction, Florence Mercier doit remettre sa démission.

Il doit voir à combler le poste qu’il a lui-même occupé, la présidence du conseil. Il confie cette tâche à Serge Sévigny qui reprend ainsi du galon après avoir été évincé de l’exécutif par Jacques Finet.

Un autre poste est ouvert : le 19e poste de conseiller, celui du district de Saint-Pierre-Apôtre. Le 11 juin 1987, Gérald Marcil est élu par acclamation à la convention du PML. Le 12 juillet suivant, il est élu avec 71 % des votes. Il récolte en effet 773 votes contre 251 pour Marc Decelles, candidat du Parti civique, et 66 pour Yves Bilodeau, candidat indépendant.

Le Centre culturel de Longueuil devient le Centre culturel Jacques-Ferron, en hommage au médecin et écrivain établi à Jacques-Cartier depuis le début des années 1950.

La Ville de Longueuil acquiert l’école Jeanne-Dufresnoy, construite en 1950, au coût de 575 000 $. En 1989, elle réaménage cet édifice au coût de 676 000 $ pour accueillir le Service des loisirs.

On entreprend la phase 2 du développement de la Collectivité nouvelle; on y construira 325 habitations.

Construction Montclair obtient un contrat de 1 289 000 $ pour construire la station de pompage des eaux usées Roland-Therrien. L’architecte Mario Petrone a conçu les plans de cette construction.





Inauguration de la promenade René-Lévesque et du monument à la mémoire de ce dernier, au mois de septembre 1988. Sur la photo du haut, le député de Laporte André Bourbeau, madame Côté-Lévesque, Roger Ferland et Yvon Kosic. Sur la photo du bas, Roger Ferland, Marcel Robidas et Jacques Finet. Longueuil Photo.


On inaugure une passerelle reliant le complexe Saint-Charles, construit en 1986, au réseau des passerelles du métro de Longueuil.

On construit l’hôtel Roussillon au 900, rue Saint-Charles Est, sur l’ancien terrain du fleuriste Pardo Petroni, à l’angle de la rue Saint-Charles Est et du boulevard Roland-Therrien. Cet édifice de six étages, oeuvre du groupe Auree, au coût de 11,5 millions de dollars, est doté d’un atrium. L’hôtel prend, en 1994, le nom de Lord-Cartier, on en rénove les chambres, à un coût de près d’un million de dollars, et il passe sous la bannière Holiday Inn.

Place Longueuil rénove et agrandit son centre commercial.

Il en va de même de la Caisse populaire de Longueuil pour son siège social situé à l’angle du chemin de Chambly et de la rue Saint-Charles Ouest, d’un coût d’environ un million de dollars. La succursale du métro est également rénovée et on y procède à l’installation de services automatisés.

Le Collège Français construit au 1340, boulevard Nobert, un nouveau campus pour l’enseignement secondaire. Le Collège Charles-Lemoyne agrandit son campus de Longueuil.

Le Palais de justice de Longueuil ouvre ses portes. L’édifice de deux étages comprend notamment 19 salles d’audience.

On présente la première édition du Festival des voiles. Au cours des ans, de nombreuses vedettes telles Daniel Lavoie, Marjo et Claude Dubois y donneront des spectacles fort appréciés.

Après l’élection de Roger Ferland et de Gérald Marcil, Gilles Brissette, le représentant officiel du parti depuis sa fondation, en 1978, prend sa retraite; il passe le flambeau à Laurédan Lepage.

Roger Ferland se dote, en 1988, d’un nouveau chef de cabinet, Robert Grenier, un organisateur du Parti libéral du Québec. Ce dernier quitte cependant ses fonctions au mois d’avril 1989. Il est remplacé par Massimo Iezzoni.

Le 9 septembre 1988, le maire Ferland procède, en présence de madame Corinne Côté- Lévesque, la veuve de l’ancien premier ministre, à l’inauguration de la promenade René-Lévesque, construite au coût de 10 730 000 $. A lieu aussi le dévoilement d’un monument du sculpteur Yvon Kosic, intitulé Hommages ; la sculpture représente les feuilles d’un journal emportées par le vent.

Une passerelle, d’une longueur de 170 mètres est construite au coût de près de quatre millions de dollars selon les plans de l’architecte Mario Petrone; elle se greffe au réseau des passerelles du métro et relie la station de métro au complexe Bienville.

Le bateau-passeur Miss Olympia joint dorénavant le réseau vert de Longueuil au parc des Îles-de-Boucherville. Le Longueuil V en prendra la relève.

En 1989, un premier dossier vient nuire à la bonne réputation du Parti municipal. Le conseiller Gilles Déry, membre de l’exécutif, est accusé d’avoir acheté une maison d’une valeur de 200 000 $ pour 1 $ et «autres bonnes et valables considérations». Il est innocenté par le ministère des Affaire municipales. Mais le mal est fait. Le conseiller Pierre Hurtubise a demandé sa démission alors que le conseiller Normandin a fait part de son souhait que le PML se dote d’un code d’éthique. Alors qu’on croit l’affaire classée, elle refait surface quand des agents de la Sûreté du Québec font une perquisition chez Gilles Déry. Cette fois, le candidat quitte l’exécutif tout en demeurant conseiller municipal. Deux ans plus tard, M. Déry est à nouveau blanchi. L’ancien conseiller aura eu la vie pénible pendant ces deux années et la vie aura été encore plus pénible pour les membres de sa famille.

Roger Ferland fait avancer le dossier du golf municipal. Les conseillers se montrent peu enthousiastes ; ce n’est pas un concept qui passe facilement la rampe auprès de l’électorat. Ferland, insatisfait des explications d’une première étude qui avait été faite pendant le mandat de son prédécesseur, en exige une deuxième. Il est convenu qu’un terrain de 36 trous serait intéressant puisque plus grand. Si le terrain est plus grand, on vend alors plus de maisons de luxe autour du golf. En bout de piste, le Parcours du Cerf aura été la plus belle réalisation de Roger Ferland et de son équipe. D’ailleurs la Ville avait acquis, sous l’administration de Jacques Finet, les terrains à 0,42 cents le pied carré alors qu’elle les revendait à 6,25 $ le pied carré, soit un profit de 18 millions de dollars.

Le Théâtre de la Ville est inauguré grâce à la participation de la Ville de Longueuil, du Collège Édouard-Montpetit et du ministère de la Culture et des Communications. Cette salle de spectacles, située au 180, rue De Gentilly Est, a été conçue à l’origine par les architectes Boudrias et St-Jean. Elle sera considérablement rénovée, en 1996-1997, selon les plans de l’architecte Mario Petrone.

La Cour municipale de Longueuil ouvre ses portes, dans des bureaux aménagés à la station de métro de Longueuil, sous la direction du greffier Jean-Paul Dubois. Une telle cour exista de 1893 à 1974, alors qu’on l’avait intégrée à la Cour des sessions de la paix de Montréal.

Au mois de mars 1989, Gilles Brissette devient le premier président de Sogerive.

Michel Timperio se laisse séduire par la possibilité d’une carrière politique au provincial. Il se présente donc aux élections pour le Parti libéral du Québec. Sa démission de l’exécutif ouvre la voie à une nouvelle nomination, soit celle d’André Normandin. Michel Timperio perd l’élection du 25 septembre 1989 en récoltant 10 060 votes contre 13 474 pour Cécile Vermette, du Parti québécois.

Pierre Hurtubise, qui avait posé ses conditions au PML, quitte le parti pour siéger comme indépendant. Il explique : « Lorsque j’ai été élu, en 1986, avec le maire Finet, il ne faisait aucun doute que cet homme était honnête et dirigeait une administration transparente. Depuis son départ, en 1987, bien des choses ont changé et il y a maintenant une hyper- concentration du pouvoir qui empêche par le fait même une nécessaire transparence, une intégrité et une honnêteté sans équivoque.» Le maire Ferland réplique : «Si le conseiller Hurtubise se sentait mal à l’aise avec le PML, la situation est maintenant claire. Sa démission fait suite à une expulsion, il ne faut pas l’oublier et, dans les circonstances, ce n’est pas une perte.» Pierre Hurtubise était considéré comme un conseiller très articulé et très éloquent; il était toutefois imprévisible et perturbateur.

Par ailleurs, le 11 février 1990, les travaux de réfection de l’hôtel de ville, notamment la salle du conseil municipal, sont terminés; le maire Ferland invite les citoyens à visiter l’édifice. Une œuvre de Violette Dionne orne maintenant la salle du conseil. Il s’agit d’un bas-relief mural en céramique qui s’intitule L’Assemblée et qui nous montre 21 personnages qui rappellent les magistrats de l’Antiquité. De plus, le Parti municipal tient des séances régulières du conseil municipal dans les quartiers, afin de favoriser la participation des gens à la vie démocratique de leur ville.

Le 3 avril 1990, le premier conseil d’administration d’Agaparc, société qui gère le golf municipal, est formé sous le présidence de Clément Lussier.

Au plan culturel, la Ville crée la Société des arts et de la culture (SODAC) et met sur pied une nouvelle division des arts et de la culture. La Ville dispose maintenant du Théâtre de la Ville d’une capacité de 400 places. Des passerelles traversent maintenant l’autoroute 132 et donnent accès à la promenade René-Lévesque.



Les installations du Port de plaisance sont également complétées; la navette fluviale et le bateau-passeur permettent maintenant aux citoyens d’apprécier la fenêtre sur le fleuve dont est dotée leur ville. Le Port de plaisance est dorénavant ouvert et accessible au public. Il est doté d’un pavillon d’accueil et possède une capacité de 350 places dans un bassin bien protégé. Un bateau, le Miss Olympia, fait maintenant la navette, depuis le 23 juin, entre le Port de plaisance de Longueuil et le Quai de l’horloge, dans le Vieux-Port de Montréal. À sa première année, la navette transporte plus de 20 000 personnes. En 1991, on ajoutera le Tandem.



Vue récente du port de plaisance Réal-Bouvier



La Ville de Longueuil acquiert le Vieux-Presbytère de l’église St. Mark, sur la rue Saint-Charles Ouest.

Longueuil devient la première ville dotée d’un poste de police situé dans une station de métro.

On inaugure le Laboratoire René-Poirier de Pêches et Océans Canada. Cet édifice est situé au 789, boulevard Roland-Therrien. Construit en 1984 pour loger la collection du Musée de l’électricité, le projet est abandonné, faute de fonds. L’immeuble est rétrocédé au gouvernement fédéral qui réaménage l’édifice au coût de près de cinq millions de dollars. Ce laboratoire vérifie et certifie la qualité du poisson destiné à la consommation.


L’élection de 1990

Avec de telles réalisations, le Parti municipal de Longueuil est bien armé pour les élections générales. La rumeur court cependant que Claude Filion, député du Parti québécois, se lance dans la course à la mairie. Roger Ferland n’y croit pas vraiment car le candidat demeure à l’Île-des-Sœurs. Claude Filion fera longtemps traîner la rumeur pour finalement se désister.

André Létourneau décide de ne pas se représenter. Le climat est lourd et une certaine tension existe entre lui et Roger Ferland. Le maire lui propose cependant de devenir le premier directeur général du golf mais il lui demande aussi d’organiser son élection. À maintes reprises, André Létourneau perd patience et fait même intervenir Albert Denommée pour que le maire fasse une campagne plus active et plus dynamique.

La campagne électorale de 1990 est âprement disputée. La candidate Gisèle Hamelin se montre particulièrement agressive. Le taux d’indécis est élevé, au point d’ébranler Roger Ferland qui, pour mettre de la pression, intente une poursuite en diffamation de 100 000 $ contre Gisèle Hamelin. Les frais de cette poursuite sont payés par le PML; cependant, quand Roger Ferland démissionnera, en 1993, le PML mettra fin à l’entente. Roger Ferland abandonnera alors cette poursuite. La députée du Parti québécois de la circonscription de Marie-Victorin, Cécile Vermette, va jusqu’à dénoncer la campagne de Gisèle Hamelin qui a fait appel à la police de Longueuil et à la Sûreté du Québec pour les aviser de prendre les précautions nécessaires pour empêcher que des documents ne soient détruits au bureau du maire si ce dernier était défait.

Une élection requiert une grande organisation. Au niveau du district, il faut trouver un local, mettre sur pied un secrétariat, engager des téléphonistes mais aussi des bénévoles pour adresser les enveloppes, mettre à jour la banque des électeurs et le système de compilation de pointage. En prévision de la journée des élections, il faut désigner des scrutateurs, des greffiers, des représentants et des bénévoles qui feront la navette entre les bureaux de vote et le comité central. Il faut s’assurer d’une équipe de téléphonistes pour faire «sortir le vote» et prévoir un système de transport et de gardiennage pour aider les gens à aller voter. Il faut aussi voir à ce que chaque candidat ait un bon directeur de campagne électorale. Il faut en effet planifier l’agenda du candidat et s’assurer qu’il rencontre le plus grand nombre de gens de son quartier par le porte à porte.




La campagne de 1990 est organisée par André Létourneau. Laurédan Lepage, l’agent officiel du PML, est aussi au rendez-vous.






Candidats --- Parti --- Votes reçus %

District

1- Charles-Le Moyne
Pierre Beaudry PML 751 51,86
Pierre Hurtubise PCL 697 48,13

2- Pierre-d’Iberville
André Normandin PML 1 039 49,73
Cécile Langevin PCL 1 050 50,26

3- Fernand-Bouffard
Claude Gladu PML 1 385 70,98
Diane Smith PCL 566 29,01

4- Saint-Pierre-Apôtre
Gérald Marcil PML 1024 44,95
Sylvie Robidas PCL 1254 55,04

5- Coteau-Rouge
Nicole Béliveau PML 1 066 62,33
Denis St-Laurent PCL 644 37,66

6- Octavien-Vincent
Jacques Morissette PML 1 710 78,44
Richard Gagnon PCL 470 21,55

7- Hubert-Perron
Roger Lacombe PML 932 51,89
Charles A. Ashton PCL 864 48,1

8- Saint-Vincent-de-Paul
Johane Deshaies PML 975 54,77
Josée Labelle PCL 805 45,22

9- Adrien-Laflamme
Magella Richard PML 1 139 48,86
Pierre Nantel PCL 1 192 51,13

10- Christ-Roi
Manon Hénault PML 889 54,64
Jean Babin PCL 738 45,35

11- Émérillon
Serge Sévigny PML 1 357 72,8
Josette Jacques PCL 507 27,19

12- Sieur-De Roberval
Michel Champagne PML 1 166 66,17
Maurice Collette PCL 596 33,82

13- Lionel-Groulx
Jean St-Hilaire PML 1 079 67,1
Didier Robidas PCL 529 32,89

14- Adrien-Gamache
Michel Timperio PML 1 373 78,27
Jean-Pierre Sylvain PCL 381 21,72

15- Saint-Pie-X
Florent Charest PML 1 136 74,49
Jean-Pierre Trahan PCL 389 25,5

16- Saint-Antoine
Georges Touten PML 940 45,27
Yves Couture PCL 685 32,99
Hélène Dupuis Ind. 451 21,72

17- Fatima
Pierre Racicot PML 1 404 67,37
Rolande Ste-Marie PCL 680 32,62

18- Bellerive
Jacques Milette PML 1 359 63,5
Yves Paquette PCL 781 36,49

19- Gentilly
Benoît Danault PML 1 712 62,18
Pierre Lestage PCL 1 041 37,81

20- Du Tremblay
Léo Paduano PML 1 533 63,37
Pardo Chiocchio PCL 886 36,62

Le maire Roger Ferland est facilement réélu en récoltant 59,86 % des votes contre 40,13 % pour Gisèle Hamelin. Dans son ensemble, le PML récolte 61,18 % des votes contre 37,66 % pour le Parti civique et 1,15 % pour les candidats indépendants. Les plus belles victoires du PML sont celles de Jacques Morissette (78,44%), Michel Timperio (78,27 %), Florent Charest (74,49 %), Serge Sévigny (72,8 %) et Claude Gladu (70,98 %). Du côté du Parti civique de Longueuil, la plus grande majorité est accordée à Sylvie Robidas avec 55,04 % des votes.

La formation du conseil exécutif ne cause aucune surprise. Le maire choisit Serge Sévigny, Jacques Morissette, Benoît Danault et Michel Timperio. Le maire opte donc pour la continuité en renommant d’anciens membres de l’exécutif. La présence d’une femme y était pourtant vivement souhaitée. Serge Sévigny assume la vice-présidence du comité exécutif en remplacement d’André Létourneau, retiré de la vie politique. Nicole Béliveau est nommée mairesse suppléante pour une période d’un an. Le maire reconduit donc une formule que Jacques Finet avait développée avec Florence Mercier en 1986. En réalité, elle n’exercera pas cette fonction très longtemps car elle démissionne de son poste à la suite d’un imbroglio sur le remboursement d’un compte de dépenses d’une centaine de dollars qu’elle n’aurait pas dû réclamer puisque les frais de transport pour participer à un congrès avaient été réclamés par sa collègue de voyage, Lise Sauvé.

Un des premiers dossiers chauds concerne le Foyer Saint-Antoine. Il est question de le remplacer par un édifice de bon goût mais moderne, conçu selon les plans de l’architecte Jacques St-Jean. L’Association des résidantes et des résidants du Vieux-Longueuil (ARRVL) qui s’y objecte fermement en réfutant la vocation commerciale du bâtiment, remporte finalement la victoire dans ce dossier.

Fait imprévisible, le maire Ferland congédie l’ancienne conseillère du PML, Lise Sauvé, de son poste de directrice générale nde la SODAC. «Les échos que j’avais de sa gestion m’indiquaient que rien ne fonctionnait», dira Roger Ferland. Le vice-président de la SODAC, Richard Drolet, démissionne immédiatement pour protester contre la décision du maire. Le président de la SODAC, Gilles Pineault, affirme que c’est l’employeur, le maire Ferland, et non le patron, le président du conseil d’administration, qui a congédié la directrice générale. De fait, les membres du conseil d’administration n’avaient pas été informés de la décision et certains d’entre eux s’en sont vivement plaints. Ce geste donne cependant le ton aux difficiles moments que vivra le PML.

Un des anciens organisateurs de Roger Ferland, Gérald Marcil, claque la porte du PML en disant que «ça sent la dictature et l’abus de pouvoir». En fait M. Marcil a perdu son élection de 1990 contre Sylvie Robidas et s’en remet très mal. M. Marcil fut très près de Roger Ferland au moment où ce dernier était conseiller municipal du district de Saint-Pierre-Apôtre. Une fois élu cependant, il est très taquiné par des élus du PML qui lui rappellent qu’il est un peu le chouchou de Roger Ferland. Gérald Marcil développera donc une réaction d’autodéfense en critiquant ouvertement certaines décisions du maire. Il défend avec vigueur son ancienne collègue de la SODAC, Lise Sauvé, mais sans succès. Il réintègrera le PML pour l’élection de 1994.
En 1991, un centre d’épuration des eaux, de 200 000 pieds carrés, est construit selon les plans des architectes Boudrias et Boudreau, au coût de 293 millions de dollars, sur l’île Charron. En 1992, le centre recevra du Precast Concrete Institute le Prix d’excellence en architecture.

La bibliothèque municipale de Longueuil ouvre une succursale, par suite d’une entente entre la Ville et la Commission scolaire Jacques-Cartier, à l’école Joseph-de-Sérigny, au 1000, chemin du Lac.

La compagnie Héroux inaugure ses nouvelles installations aménagées au coût de 10 millions de dollars. La compagnie Pratt & Whitney ouvre de nouveaux locaux de 12 millions de dollars, dans le parc industriel de Longueuil.

On construit 38 unités en copropriété, d’une valeur de 3,8 millions de dollars, sur la rue Saint-Jean, à l’emplacement de l’ancien édifice de la Bond Clothes-Lasalle, détruit par un incendie en 1986.

En 1992, la Ville procède à la création d’une Commission du patrimoine dans le but d’assurer la protection, la conservation et la mise en valeur du patrimoine du Vieux-Longueuil.

Le 4 mai 1992, le terrain de golf municipal est ouvert au grand public.

Michel Timperio et Jacques Morissette quittent l’exécutif au mois d’avril 1992. Ils sont remplacés par Claude Gladu et Jacques Milette. Au mois de juillet, Roger Lacombe quitte le PML; il est en désaccord avec l’influence des gros entrepreneurs dans le domaine de la construction à Longueuil.

Au mois de septembre, Michel Timperio est expulsé du PML. Cinq conseillers démissionnent pour protester contre la décision du maire : Pierre Racicot, Jean St-Hilaire, Michel Champagne, Jacques Morissette et Florent Charest.

Au mois d’octobre, Pierre Beaudry remplace Florent Charest à la présidence du conseil municipal.

À la fin du mois de décembre 1992, Léo Paduano démissionne du PML et lui fait perdre la majorité. La semaine précédente, il célébrait la Noël avec les conseillers du PML chez le maire Ferland; il avait même apporté une cruche de vin pour l’occasion.

Au mois de janvier 1993, Roger Ferland quitte à son tour le PML pour siéger comme maire indépendant. Il ne veut pas être associé à un bateau qui coule. La pire période est passée pour lui. Comme il aime le souligner : «Le pire, c’est d’avoir tes ennemis dans ton dos et de ne pas les voir. Quand ils sont en face de toi, c’est clair et plus facile à gérer.» Roger Ferland est remplacé par André Normandin, mais pour quelques jours seulement puisqu’il démissionne de son poste le 22 février. Il est remplacé par Henri Dubois.
Au mois de janvier, Pierre Beaudry est renversé à la présidence du conseil. Florent Charest reprend ainsi le poste qu’il occupait avant sa démission du PML.

Le 21 mars 1993, Henri Dubois est nommé chef par intérim du Parti municipal de Longueuil.

Au mois d’avril, Benoît Danault quitte le PML tout en demeurant à l’exécutif.

Au mois de juin, Michel Timperio annonce la fondation de l’Alliance des citoyennes et des citoyens de Longueuil.

Au mois d’octobre 1993, c’est au tour de Jacques Milette de quitter temporairement le PML, mais il conserve son poste à l’exécutif. Il imite en quelque sorte le geste de Benoît Danault.

Au mois de novembre, on procède à l’inauguration du nouvel échangeur Roland-Therrien. Le viaduc a remporté le prix Arcus Innovation décerné par l’Association Béton-Québec.

Gisèle Hamelin annonce sa candidature à la mairie mais celle-ci est immédiatement contestée. Elle ne réussit pas à obtenir un vote de confiance du Parti civique. L’Alliance de Longueuil et le Parti civique fusionnent, au mois de février 1994, pour former l’Alliance civique de Longueuil. Gisèle Hamelin réagit rapidement en fondant le Parti longueillois.

Roger Ferland réfléchit et consulte. Il rencontre des gens du PML comme Albert Denommée, Gilles Brissette et Laurédan Lepage. On lui fait savoir que s’il veut se présenter, il devra d’abord réintégrer le PML. Il consulte aussi Serge Robillard qui lui répond qu’il se rangera plutôt du côté de Finet. Il y a trop de joueurs dans le portrait. Au mois d’avril 1994, il abandonne donc l’idée de se présenter à la mairie.

Au début du mois de mai, Jacques Finet remporte la course à la chefferie de l’Alliance démocratique de Longueuil en battant Sylvie Robidas, la fille du fondateur du Parti civique de Longueuil. La victoire est écrasante pour Jacques Finet : 601 votes contre à peine 122 pour Sylvie Robidas. Jacques Finet a sollicité l’appui de certains de ses amis dont Serge Robillard et Pierre A. Baril pour cette campagne. Pierre-A. Baril admet volontiers que ce fut sa pire erreur politique, qu’il a été trop impatient et qu’il n’aurait jamais dû quitter l’équipe du PML à ce moment là. Il aurait été possible, en surmontant certains obstacles, de ramener Jacques Finet au PML.

Pendant ce temps Claude Gladu, Serge Sévigny et Henri Dubois font une tournée à la recherche d’un chef. Ils rencontrent au moins une demi-douzaine de candidats potentiels mais rien n’y fait. Le Parti municipal de Longueuil n’attire pas beaucoup. Il n’y a d’ailleurs au conseil que six conseillers : Serge Sévigny, Pierre Beaudry, Claude Gladu et les trois femmes, Nicole Béliveau, Manon Hénault et Johanne Deshaies.

Claude Gladu demande donc à Serge Sévigny si le poste de maire l’intéresse mais il décline. On offre alors le poste à Claude Gladu qui consulte son entourage. Le maire Ferland lui fait savoir qu’il a peu de chance de gagner mais qu’il l’appuiera. Finalement, il acquiesce.

Le 3 mai 1994, Henri Dubois abandonne son poste de chef par intérim en déclenchant le congrès à l’investiture. À la fin du mois de mai, Claude Gladu annonce sa candidature au poste de maire. Il est officiellement nommé candidat, le 6 juin, au congrès d’investiture du PML qui se tient immédiatement après l’assemblée générale, à Fatima. Plus de 800 personnes assistent à ces deux réunions.

Au mois de juillet 1994, Roger Lacombe, Jacques Morissette, Benoît Danault et Georges Touten se retirent de la vie politique.

Le conseil municipal vote une prime de départ de 80 000 $ au maire Roger Ferland. Si Jacques Finet accepte cette entente qui est prévue dans la Loi sur le traitement des élus municipaux, Gisèle Hamelin s’insurge contre ce qu’elle qualifie d’abus. Le maire Ferland réplique : «Quand on paye avec des peanuts, on attire que des singes.»

Si le programme de l’Alliance de Longueuil comporte plus de 60 engagements, celui du PML est simple : geler le compte de taxes pour quatre ans. Le maire promet aussi d’ouvrir les portes de l’hôtel de ville le samedi matin pour recevoir les citoyens. Il promet de même la cueillette sélective.

Le PML lance officiellement sa campagne électorale le 19 septembre au Paladium devant environ 2 000 personnes. Avec l’arrivée de 12 nouveaux candidats dont 7 femmes, l’équipe est véritablement renouvelée.

L’équipe du PML remporte la victoire, le 6 novembre 1994, avec l’élection de 14 conseillers sur 20 et Claude Gladu devient le nouveau maire de Longueuil. Jacques Finet demeure très serein dans la défaite qui avait été anticipée par un sondage CROP, cinq jours plus tôt. Il reconnaît l’efficacité de la machine du PML au plan marketing et communication; en fait, il a goûté à la médecine qu’il avait lui-même administrée à ses adversaires lors des élections de 1978, de 1982 et de 1986. Pour Gisèle Hamelin, la défaite est plus difficile car il s’agit de sa seconde tentative. Son parti ne fait élire aucun conseiller, mais elle se réjouit personnellement d’avoir devancé Jacques Finet. L’Alliance a tout de même réussi à faire élire six candidats. Huit femmes sont élues lors de cette élection.

 






Mairie --- Nom --- Parti --- Votes reçus

Claude Gladu PML 19 223
Gisèle Hamelin PL 14 041
Jacques Finet AL 13 921

District

1- Charles-Le Moyne
Joël Gamache PML 650
Richard Gagnon AL 643
Claude Nephtali PL 557

2- Pierre-D’Iberville
Mario Genest PML 854
Cécile Langevin AL 954
Martin Clark PL 617

3- Fernand-Bouffard
Henri Dubois PML 1 251
Diane Smith AL 458
Anne-Marie Bischoff PL 396

4- Saint-Pierre-Apôtre
Gérald Marcil PML 902
Sylvie Robidas AL 941
Bernard Lacelles PL 531

5- Coteau-Rouge
Nicole Béliveau PML 1 068
Sylvie Grenier AL 534
Yves Ferron PL 474

6- Octavien-Vincent
Normand Caisse AL 966
Réjean Vincent PML 470
Ginette Lemarier PL 659

7- Hubert-Perron
Alain St-Pierre PML 1 102
Charles A. Ashton AL 668
Martin Daraîche PL 497

8- Saint-Vincent-de-Paul
Johane Deshaies PML 866
Suzanne Cyr AL 671
Jean Claude D’Amour PL 485

9- Adrien-Laflamme
Nicole Lafontaine PML 1 056
Pierre Nantel AL 808
Jacqueline Bonenfant PL 721

10- Christ-Roi
Manon Hénault PML 1 039
Jean Babin AL 513
Olivette Rousseau PL 474

11- Émérillon
Serge Sévigny PML 982
Pierre Pétroni AL 816
Constant Jeanty PL 598

12- Sieur-De Roberval
Lise Sauvé PML 1 060
Michel Champagne AL 1 025
Micheline Ward PL 325

13- Lionel-Groulx
Jean St-Hilaire AL 836
Bertrand Girard PML 866
Omer Leclerc PL 570

14- Adrien-Gamache
Michel Timperio AL 1 288
Ginette Lalonde PML 653
Jean-Pierre Trahan PL 184

15- Saint-Pie-X
Florent Charest AL 1 059
Henri Charbonneau PML 721
Arthur Méthot PL 540

16- Saint-Antoine
Pierre Beaudry PML 882
Thérèse Lafrenière AL 659
Joanne Savoie PL 614

17- Fatima
Pierre Racicot AL 1 075
Claude Lamoureux PML 1 040
Gérald Varichon PL 391

18- Bellerive
Jacques Milette PML 1 364
Marc Lachance AL 945
Richard Briggs PL 624

19- Gentilly
Claudette Tessier PML 1 465
Pierre Lestage AL 740
Pierre Plourde PL 711
Raymond Lévesque Ind. 59

20- Du Tremblay
Léo Paduano AL 792
Pardo Chiocchio PL 835
Simon Crochetière PML 1 283

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